Laura Hrebec échoue pour 28 secondes

Course à piedTrahie par le vent au Marathon de Lausanne, la Vaudoise n’a pas réussi à se qualifier pour les prochains championnats d’Europe.

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Il s’en est fallu de très peu pour que Laura Hrebec obtienne ce qu’elle était venue chercher au bord du Léman. De 28 secondes très exactement. Malgré les encouragements du public, elle a franchi la ligne d’arrivée du Marathon de Lausanne en 2 h 40’ 28”. Or, Swiss Athletics a fixé la limite qualificative pour les Européens de Berlin (2018) à 2 h 40’.

Rien n’est perdu pour l’enseignante de 40 ans. Pour parvenir à ses fins, il lui reste la possibilité de se rattraper au Marathon de Zurich, en avril prochain, ou de compter sur un coup de pouce de la Fédération suisse, dans la mesure où le tracé des prochains championnats d’Europe est plat de bout en bout. Elle vaudrait ainsi 2 h 37 sur un parcours moins bosselé que celui de Lausanne.

«J’aimerais être fixée le plus rapidement possible sur mon sort pour pouvoir m’organiser en conséquence, souffle Laura Hrebec, à peine épuisée au sortir de sa course. Mes jambes sont quand même lourdes. Ce n’est pas seulement le vent qui m’a joué un tour au retour, mais également le fait qu’il n’y avait personne devant moi. Ces longues lignes droites sont difficiles à gérer. Je suis certainement partie trop lentement avec Stéphane Demierre, mon lièvre. Nous aurions peut-être dû nous confectionner un matelas de sécurité plus important à l’aller, mais c’était risqué. Cela aurait pu me prendre de l’énergie.»

Proche du burnout
Laura Hrebec était tout de même aux anges au terme de son pensum. «J’ai gagné ma course et j’ai battu mon record au Lausanne Marathon (ndlr: 2 h 40’ 28” contre 2 h 41’ 37”en 2012). Je ne peux pas me plaindre. Mais les sacrifices sont à chaque fois grands pour moi. Ce n’est pas toujours facile de gérer son temps lorsqu’on élève parallèlement deux enfants de 3 et 6 ans et qu’on s’entraîne 12 heures par semaine. Je suis enseignante à 90% à Montreux, mais en vérité je vis à 200%. J’étais d’ailleurs au bord du burnout ces dernières semaines. Raison pour laquelle, je préfère ne pas courir trop loin de chez moi.»

Lièvre officiel de Laura Hrebec, Stéphane Demierre a joué son rôle à la perfection. Au point de se ranger très élégamment derrière sa protégée, avant de franchir le portique d’arrivée en 2 h 40’ 30”. «J’ai bien sûr encouragé Laura le plus souvent possible, raconte le Fribourgeois. Je lui ai aussi indiqué les meilleures courbes à prendre au moyen de signes. On peut effectivement regretter notre première moitié de course. On était peut-être trop facile. Pour ma part, je suis agréablement surpris de finir 7e, pour mon premier marathon. Je n’étais même pas certain de passer l’arrivée. Comme je ne pensais pas dépasser les 20 kilomètres, j’avais parqué ma voiture à Cully.»

Sullivan Brunet deuxième
Favori des 10 km, Bernard Matheka n’a pas laissé la moindre chance à ses concurrents. Vainqueur en 29’24, le Kényan de Malleray a maîtrisé la course de bout en bout. Il n’a toutefois pas battu son record, établi l’an dernier en 28’ 18”.

Révélation de la saison, Sullivan Brunet a bouclé cette même distance en 29’37’’5. Une belle performance pour le coureur de Bussigny, qui a ainsi décroché une brillante deuxième place. Pompier professionnel à Genève, Sullivan Brunet a tenté de mettre le feu à la course. A chaque fois qu’il cherchait à revenir sur Matheka, celui-ci reprenait ses distances. «Il a montré trop d’aisance pour que je puisse espérer quoi que ce soit, admet le champion de Suisse du 10'000 mètres. J’étais dans mon rythme.»

Chez les femmes, Helen Bekele n’a pas fait dans la dentelle sur la même distance. L’Ethiopienne du Petit-Lancy a battu le record du parcours en 31’ 15”1. «J’ai tout de suite senti que c’était mon jour», a-t-elle confié après son exploit.

Troisième du semi-marathon en 1 h 10’ 38”, François Lebœuf a lui adoré jouer avec le vent. «J’aime ces conditions, quand c’est dur, s’enflamme l’Aiglon - à l’accent canadien - du CABV Martigny. Je suis un coureur de montagne. J’ai ainsi pu m’appuyer sur une foulée moins aérienne que les autres et jouer tactique. Au 16e kilomètre, j’ai mis un coup pour passer de la 5e à la 3e place.»

A noter que François Lebœuf est instituteur à Lausanne. C’était donc la journée des enseignants au 25e Lausanne Marathon, qui a rassemblé près de 15'000 participants cette année encore. (24 heures)

Créé: 22.10.2017, 19h49

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