Sa visite de courtoisie s’est transformée en histoire d’amour

FootballLe Vaudois Florian Simonin vit une success story à la tête de Béroche-Gorgier (NE), qui accueille Bavois ce mardi en Coupe.

Florian Simonin a trouvé, avec le FC Béroche-Gorgier, un club qui correspond à ses valeurs.

Florian Simonin a trouvé, avec le FC Béroche-Gorgier, un club qui correspond à ses valeurs. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Les images de sa théorie d’avant-match diffusées par la RTS ont fait le tour de la Suisse romande. «La vidéo (ndlr: à voir en cliquant sur l'image ci-dessous) a été vue plus de 9000 fois, je crois. C’est hallucinant», glisse Florian Simonin, forcément un peu mal à l’aise lorsque la scène, précédant l’exploit de son équipe il y a un mois et demi face à Lancy au 2e tour de la Coupe de Suisse, a été filmée.

«C’est vrai que la situation était particulière. C’est délicat de réussir à passer outre les caméras.» Reste que ces quelques secondes volées dans l’intimité du vestiaire disent tout, ou presque, de l’entraîneur du FC Béroche-Gorgier. Cette pointe d’accent vaudois qui le trahit, ses excès, aussi, portés par une voix qui résonne. Une personnalité qui colle à merveille à ce club de 2e ligue neuchâteloise, qui vivra un huitième de finale historique ce mardi soir contre Bavois.

Faits l’un pour l’autre

Si cela fonctionne aussi bien, c’est que Béroche était le club que recherchait Florian Simonin, et que la réciproque est tout aussi vraie. Proche de ses joueurs, adeptes des valeurs de proximité et de camaraderie du football régional, le technicien a trouvé au bord du lac de Neuchâtel «le» club dans lequel il était prêt à s’investir, après une rupture douloureuse au FC Champvent, en 2e ligue vaudoise, il y a un peu moins de deux ans. «À ce moment, j’avais vraiment besoin d’un break. Lorsque Béroche-Gorgier m’a contacté pour me rencontrer, par politesse, je n’ai pas voulu décliner l’invitation tout de suite. J’ai dit à ma femme qu’il s’agirait simplement d’une visite de courtoisie. En arrivant, six membres du comité étaient là pour m’accueillir. Six!» Étonné par une telle marque de respect, sous le charme du projet qu’on lui présentait, l’Yverdonnois a changé d’avis. Son instinct ne l’a pas trahi.

Il en fallait, du charme, pour attirer un entraîneur vaudois dans un club amateur neuchâtelois. Quitte à descendre d’une ligue ou deux, les coaches des ligues inférieures ont largement tendance à rester dans leur canton, où leur réseau et leurs contacts sont bien établis. Pas Florian Simonin, sollicité par le comité sur conseils de son prédécesseur sur le banc, au moment de son départ. «J’avoue que je dois être le seul «étranger» par ici. Même sur Vaud, il n’y a quasi que des Vaudois qui occupent la fonction. Encore une fois, j’ai accepté le poste parce que je dirige une équipe qui me ressemble. J’estime être un privilégié de guider un groupe pareil. Entraîner des mercenaires, ça ne m’intéresse pas. Ici, les 90% de l’effectif viennent du coin. C’est primordial à mes yeux. Et puis, La Béroche, c’est la porte d’à côté. Depuis chez moi, à Sainte-Croix, il me faut une demi-heure. La moitié depuis mon travail à Yverdon…»

«Champvent, c’est mon club de cœur»

Entraîneur fidèle, l’homme n’a connu que deux expériences en actifs dans sa carrière de coach. La première, à Champ­vent, est indissociable du succès qu’il rencontre actuellement avec le vainqueur de la dernière Coupe neuchâteloise. «J’y ai tellement appris… Champvent, c’est mon club de cœur.» Les Chanvannais non plus ne l’ont pas oublié, même si l’épilogue entre les deux n’avait pas tout d’un happy end. Le buteur nord-vaudois Albino Bencivenga était d’ailleurs au bord du terrain lors de l’exploit face à Lancy. «Lorsque j’ai commencé à y entraîner, je me suis retrouvé de l’autre côté, dirigeant des joueurs avec qui j’avais évolué. Mon discours n’était pas forcément toujours adapté. En fait, pas assez positif, surtout.»

Plus à un exploit près

Parce que, partout où il est passé sur les bancs d’équipes juniors, entre Champvent et Yverdon Sport, Florian Simonin a connu le succès. Avec sa méthode et son caractère parfois sulfureux. «Le foot m’a changé, assure-t-il. Dans la vie, je suis plutôt quelqu’un de timide, d’effacé. Prendre la parole en public ne me fait pas peur, mais je suis plus à l’aise en retrait. Par contre, lorsqu’on entre dans le cadre d’un match, tout devient différent. Ces excès font partie de qui je suis au bord d’un terrain. Mais aujourd’hui, même lorsque je m’emporte, je pense que je parviens à envoyer un signal positif à mes joueurs.»

Le message semble passer à merveille. Béroche-Gorgier a fait la course en tête du championnat durant la quasi-totalité du dernier exercice, avant de céder à trois journées de la fin. Une déception en partie compensée par ce formidable parcours en Coupe neuchâteloise et ce titre acquis face à La Chaux-de-Fonds II qui lui a ouvert les portes de la Coupe de Suisse, prémices d’une campagne nationale extraordinaire. «C’est énormément d’émotions en très peu de temps. Enchaîner autant de matches à enjeu en quelques mois, ça n’arrive presque jamais à ce niveau. À la fin de la saison passée, j’étais lessivé. Heureux, mais lessivé.» Un état dans lequel Florian Simonin et ses joueurs donneraient tout pour se retrouver encore une fois en fin de soirée. Cela voudrait dire qu’ils seraient qualifiés pour les quarts de finale de la Coupe de Suisse. Après tout, ils ne sont plus à un exploit près.

Créé: 28.10.2019, 20h31

Les Nord-Vaudois au rendez-vous

Ce mardi soir au terrain du Bord du lac, Florian Simonin et son homologue du FC Bavois Bekim Uka se feront face. Des retrouvailles sous forme de confrontation historique pour les deux techniciens, qui avaient commencé leurs diplômes d’entraîneur ensemble, il y a plus de dix ans. «C’est un peu dommage que ce troisième tour ait toujours lieu en pleine semaine. Malgré tout, je pense qu’il pourrait y avoir pas mal de monde au match. En fait, surtout des Nord-Vaudois. Les gens de Bavois, peut-être ceux de Champvent et d’Yverdon, aussi… Ce n’est peut-être pas le tirage idéal, mais l’affiche promet d’être vraiment sympa», assure le coach de Béroche-Gorgier. Que pense-t-il de ses futurs adversaires? «Il y a trois divisions d’écart entre nous, forcément qu’ils sont bien meilleurs. Maintenant, la grande force de Bavois, c’est de se sublimer contre des équipes d’un plus gros calibre. L’inverse est un peu moins juste. À nous d’essayer d’en profiter.»

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