Un médecin vaudois enverra des skieurs mongols aux JOJ

Ski de fond Ancien généraliste des Diablerets, le Dr Pascal Gertsch monte une équipe pour Lausanne 2020.

Les jeunes Mongols se préparent pour faire bonne figure sur les pistes vaudoises en 2020.

Les jeunes Mongols se préparent pour faire bonne figure sur les pistes vaudoises en 2020. Image: DR / PASCAL GERTSCH

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«Mon salaire, c’est le sourire des gosses.» Lorsque Pascal Gertsch parle de la Mongolie et de son projet un peu fou, ses yeux azur s’illuminent comme la flamme olympique. Une flamme que l’ancien médecin généraliste des Diablerets entretient jusqu’au fin fond de son pays de cœur.

«Lorsque j’ai appris que Lausanne accueillerait les Jeux olympiques de la jeunesse en 2020, je n’ai pas hésité, raconte Pascal Gertsch. J’ai décidé de me lancer dans cette aventure pour renvoyer l’ascenseur.» Il faut préciser que ce passionné de ski de fond a été pendant 12 ans le médecin de l’équipe de Suisse. Il a également gagné la Patrouille des Glaciers en vétérans (8e au temps scratch) et a remporté une dizaine de titres universitaires à l’échelon national.

Ni une, ni deux, le docteur au grand cœur s’est approché des autorités politiques et sportives pour mettre en œuvre son projet le plus rapidement possible. Car le temps presse. Les JOJ commencent dans moins de 1000 jours. Dans son camion Steyr 680-G de 1968, le Vaudois de 71 ans, sa compagne Marie-José Manidi et son ami norvégien Jan Störmer (également médecins) parcourent plus de 7000 km, dans le but d’amener du matériel pour les olympiens en puissance. «J’ai récupéré des équipements chez des copains. Il y a des skis, des bâtons, des dossards, des vestes, des gants, un traceur classique qui vient de la vallée de Joux, énumère Pascal Gertsch. Mon but est de distribuer 300 paires. Si des lecteurs de 24 heures ont des skis en bon état à donner (système Salomon), je suis preneur!»

Création d’un centre

Tombé amoureux de la Mongolie depuis son premier voyage (touristique et humanitaire), en 2002, Pascal Gertsch s’investit entièrement dans son projet. Il a créé un ski-club Suisse-Mongolie, en février dernier et il est sur le point de construire un centre sportif avec un chalet en rondins équipé de chambres, d’un réfectoire pour 20 personnes, d’une salle de cours et de locaux pour le matériel et le fartage. Une piste de 2,5 km pour le cross ski de fond, une boucle de 6,5 km pour le ski à roulettes et une autre de 5 km pour les compétitions font également partie du projet. Le centre se situera à Khandgait, à 30 km au nord d’Oulan-Bator.

Dans un pays 38 fois plus grand que la Suisse où ne vivent que 3 millions d’habitants (densité inférieure à 2 habitants au km carré!), le ski de fond est très pratiqué par les Mongols. «Un ski-club existe depuis 60 ans, poursuit le médecin vaudois. Les sports les plus populaires sont les courses équestres, la lutte et le tir à l’arc. Toutefois, en hiver, le patinage de vitesse et le ski de fond sont courants. Même par des températures pouvant atteindre jusqu’à -60 degrés!» Mais ce n’est pas tout. Le généraliste privilégie une approche sur le long terme. Dans cette optique, il cherche à former des coaches sur place. Quant aux coureurs, il leur prépare des programmes d’entraînement et développe aussi les soins. A ce titre, un médecin mongol fera un stage d’un an au CHUV pour se spécialiser en médecine du sport.

Viser l’excellence

Au niveau des compétitions, le projet va bon train. A Dadal, berceau du fondateur de l’Empire mongol, Pascal Gertsch a aidé le ski-club à mettre sur pied le premier Trophée Gengis Khan, en janvier dernier. «Il y a une braise, image-t-il. Il suffit de souffler dessus pour qu’elle prenne. Les jeunes s’entraînent, courent et sont enthousiastes par rapport à ce type d’efforts. Ils ne demandent qu’à s’améliorer. Ce sont de vrais passionnés, à l’image de nos jeunes en Suisse. Mais avec peut-être un cran supérieur au niveau de l’envie.»

Pascal Gertsch met tout en œuvre pour que ses athlètes soient à la hauteur de l’événement, en janvier 2020. «Mon objectif est de les voir participer à ces Jeux et qu’ils ne soient pas ridicules. Ils ne vont certainement pas gagner, mais tel n’est pas le but. Viser l’excellence et les mettre en contact avec les jeunes du monde entier me semble en revanche plus adapté.» Les skieurs sélectionnés suivront en outre des cours d’anglais pour communiquer avec les 1200 autres jeunes présents à Lausanne 2020.

Une aventure extraordinaire pour ces adolescents isolés qui vivent dans une yourte, au milieu de la campagne mongole.

Créé: 25.04.2017, 16h06

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