Andrea Binotto: «Cette promotion a été la moins stressante des trois»

FootballEntraîneur du SLO depuis sept ans, Andrea Binotto a réussi l’exploit de faire passer son club de la 2e ligue inter à la Challenge League.

Étienne Ndongo (au centre) et ses coéquipiers ont commencé à faire la fête sur le terrain, entourés par les juniors du club.

Étienne Ndongo (au centre) et ses coéquipiers ont commencé à faire la fête sur le terrain, entourés par les juniors du club. Image: CHRISTIAN BRUN

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Le 27 avril 2019 occupera à jamais une place bien à part dans l’histoire du Stade-Lausanne-Ouchy. Même si, avant sa fusion avec le FC Ouchy en 2001, le club lausannois avait déjà connu l’antichambre de l’élite du foot suisse à la fin des années 20, la promotion en Challenge League obtenue samedi sur le terrain contre Breitenrain – et qui deviendra officielle ce lundi avec l’obtention de la licence en 1re instance – constitue un invraisemblable exploit pour un club qui, faut-il le rappeler, végétait encore en 2e ligue inter il y a seulement cinq ans.

Le dénominateur commun de ces trois promotions a pour nom Andrea Binotto. Arrivé en toute discrétion à Vidy en été 2012, celui que l’on surnomme le «Professeur» – il enseigne les maths au Gymnase de la Cité – avait alors comme unique mission de ramener le SLO en 1re ligue. Sept ans et trois promotions plus tard, il se retrouve à la tête d’une équipe de Challenge League! Un parcours exceptionnel qu’il a de surcroît accompli en ne reniant jamais son attachement pour un jeu attractif et de qualité.

«Ce qui nous arrive est tout simplement incroyable. Au niveau des émotions, ces trois promotions sont toutes aussi belles les unes que les autres, sourit le technicien lausannois. Mais je dois avouer que celle-ci est la moins stressante que j’aie connue. Car elle s’est peu à peu dessinée au fil des matches et, sans forfanterie, parce qu’elle était presque acquise depuis quelques semaines déjà. Cela dit, mes joueurs ont accompli une saison magnifique, au cours de laquelle plusieurs d’entre eux ont atteint un niveau que je n’osais même pas imaginer.» Un groupe qui a peut-être davantage souffert en dehors que sur le terrain. Il ne faut en effet pas oublier qu’il y a deux mois seulement personne ne savait si le SLO allait pouvoir terminer ce championnat. «Dès le début de la saison, souligne Andrea Binotto, la solidarité entre mes joueurs a été un élément déterminant de notre réussite. Mais les problèmes qui ont perturbé la pause hivernale avant l’arrivée providentielle de Vartan Sirmakes ont certainement contribué à nous unir un peu plus encore.»

Des décisions douloureuses

Au lendemain d’une très longue nuit de fête, l’entraîneur du SLO accepte de déjà se projeter vers l’avenir. «Cette promotion nous conduit vers le professionnalisme et ses exigences, précise-t-il. Alors que j’avais tenu à conserver la très grande majorité des joueurs qui avaient contribué aux accessions en 1re ligue puis en Promotion League, nous devrons cette fois faire des choix douloureux et nous séparer de plusieurs éléments méritants. D’abord parce que la Challenge League n’autorise qu’un groupe de 21 joueurs (ndlr: le SLO en compte 23 aujourd’hui) et ensuite parce que pour espérer y jouer un rôle intéressant, il nous faudra recruter quatre ou cinq vrais renforts. Dommage, car l’ensemble de ce groupe aurait mérité de poursuivre cette aventure.»

Des décisions que le coach lausannois ne prendra plus seul. «D’ici peu nous nous rencontrerons avec Vartan Sirmakes pour évoquer l’avenir et les choix à opérer, précise Andrea Binotto (porté en triomphe sur la photo ci-dessous). Mais ce qui est certain, c’est que le propriétaire du club aura plus que son mot à dire à ce sujet.»

Au chapitre des départs, celui du capitaine, Fabian Geiser (36 ans), semble malheureusement acquis. «Ces dernières années, regrette Andrea Binotto, j’avais régulièrement réussi à lui faire repousser la date de sa retraite. Mais cette fois, je crois qu’il a vraiment décidé d’arrêter après une dernière superbe saison.»

Quant à l’avenir du coach lui-même, il se décidera ces prochaines semaines. «Même si nous n’en avons pas encore parlé, il est clair que je vais rester. Ce que je dois savoir, c’est quelle orientation je vais donner à ma vie professionnelle. Dans un cas de figure idéal, j’aimerais pouvoir prendre une année sabbatique dans l’enseignement pour me consacrer à 100% à la tâche délicate qui nous attend.» À 48 ans, Andrea Binotto deviendra ainsi le seul entraîneur du pays à avoir œuvré à tous les niveaux de la 4e ligue à la Challenge League. En attendant peut-être un peu mieux encore.

Créé: 28.04.2019, 20h45

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Le Municipal de Lausanne explique pourquoi le stade Samaranch n'a pas pu être modernisé

Parmi les quelque 600 spectateurs qui ont bravé le froid et la pluie pour rejoindre Vidy, on notait la présence de Resul Sahingöz, l’ancien président du SLO, déchu en mars, de Varujan Symonov, manager général du Stade Nyonnais venu «en passionné de football, c’est tout», ou d’Oscar Tosato, conseiller municipal des Sports de la Ville de Lausanne. Debout au bord du terrain, le socialiste a voulu vivre de près l’épilogue de cette magnifique aventure que le SLO a conclue victorieusement, samedi. «Je suis à la fois très heureux de cette superbe promotion, souffle-t-il, et déçu que cette équipe soit contrainte de jouer à Nyon la saison prochaine.» Un déménagement qui semblait pourtant exclu il y a quelques mois lorsque Patrice Iseli, chef du Service des sports, assurait que la Ville ferait le nécessaire pour que le stade Samaranch puisse accueillir une équipe de Challenge League. «Alors que, dans un premier temps, nous pensions pouvoir augmenter la puissance de l’éclairage en gardant les installations actuelles, détaille Oscar Tosato, il s’est ensuite avéré que nous aurions dû remplacer les piliers existants par des nouveaux. Ce qui aurait chiffré le montant total des travaux à plus de 500'000 francs. Soit beaucoup plus que prévu.» Pour le municipal, il est en revanche plus qu’envisageable que cet exil soit de courte durée. «Le stade de la Pontaise sera à leur disposition dès l’été 2020 puisque le LS aura pris ses quartiers à la Tuilière. En cas de maintien, il leur appartiendra de décider s’ils veulent rester à Nyon ou revenir à Lausanne.»

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