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Architecte et poids lourd, Ben Hamira ne s'arrête jamais

Le Lausannois, qui jongle entre son travail et le noble art, s'apprête à disputer son deuxième combat pro jeudi à Genève.

À 26 ans, Mehdi Ben Hamira a décidé de passer professionnel malgré un emploi d’architecte à 100% au sein d’une grande entreprise immobilière de la région.
À 26 ans, Mehdi Ben Hamira a décidé de passer professionnel malgré un emploi d’architecte à 100% au sein d’une grande entreprise immobilière de la région.
Patrick Martin

Il est presque 22 heures lorsque Mehdi Ben Hamira nous accueille chez Fight-District, sa salle d’entraînement. Avec ses cheveux soigneusement plaqués, le colosse lausannois (1,90 m pour 114 kilos) a des faux airs de Primo Carnera, boxeur italien des années 30. Son visage perle encore après sa troisième séance d’entraînement d’une journée commencée aux aurores.

«Vous m’excuserez, je fatigue un peu. J’ai quelques heures dans les pattes», résume-t-il avant d’éclater de rire. C’est le moins qu’on puisse dire. Architecte de métier, il mène de front deux carrières au prix d’un emploi du temps surréaliste. «Mon travail est précieux pour mon équilibre. Il me permet de débrancher de la boxe, pas complètement parce que cette peur de perdre est toujours dans un coin de ma tête.»

Un risque bien présent

Jeudi soir, Mehdi Ben Hamira disputera à Genève son deuxième combat professionnel en six rounds face au Slovaque Vladimir Rusnak. Une échéance qu’il prépare depuis des semaines avec une hygiène de vie de spartiate. «Oui, c’est un rythme de fou, mais la boxe est un sport de fou, relativise le principal intéressé. Chaque fois que je m’endors, je me dis que mon adversaire est en train de s’entraîner. Cela m’est arrivé de me lever à 4h du matin pour chasser ces pensées.»

Entouré par ses deux entraîneurs, Jérémie et Johnny Canabate, et son manager, Cabal Crenn, il s’inflige trois séances d’entraînement quotidiennes, à caser tant bien que mal au milieu d’une journée de travail à 100%. «Mon rythme de vie n’a rien d’extraordinaire à mes yeux. Je m’amuse quand je suis à la salle. C’est presque comme si j’allais au cinéma.»

Après deux titres de champion de Suisse chez les amateurs, le poids lourds lausannois de 26 ans a décidé de passer professionnel, avec des débuts réussis face à un autre adversaire bulgare début juin. Mais oubliez tout de suite le monde de Mayweather et des montagnes de billets verts. Les sommes en jeu sur la scène romande sont dérisoires en comparaison. «Si je pensais au fric, je ne serais pas là, balaie Mehdi Ben Hamira. Je ferais autre chose.» Le Vaudois compte pourtant bien se faire une place dans cette catégorie reine des poids lourds qui a vu combattre les plus grands: un «monde à part», poursuit notre interlocuteur. «Au final, je vais me retrouver sur un ring de cinq par cinq, face à un type d’au moins 100 kilos, qui n’aura qu’un seul but, m’envoyer des patates dans la tête. Un coup peut tout changer. Il suffit d’un uppercut pour que tout bascule.»

Même s’il ne veut pas trop en parler, la notion de risque plane forcément. «J’aime me dire qu’il est surtout pour mon adversaire.» Si ses deux frères et son père (ancien boxeur lui aussi) l’encouragent à fond, c’est plus compliqué à vivre pour sa maman. «Elle ne veut pas entendre parler de mes combats, sourit le boxeur. Je dois juste l’appeler pour la rassurer quand j’ai fini.»

Sous l’aile de Kongolo

L’aiguille a largement dépassé les 22 heures lorsque l’interview se termine. Retour dans la salle principale où un bip régulier annonce inlassablement les rounds. Il ne reste plus personne ou presque. Yoann Kongolo nettoie le sol avant de s’en aller. L’expérimenté mi-lourd de 31 ans sera aussi à l’affiche jeudi soir sur la plaine de Plainpalais à Genève et boxera après Mehdi Ben Hamira. «On s’est tiré vers l’avant durant toute notre préparation, explique son jeune coéquipier. Quand tu te lèves à 5h, c’est toujours plus facile d’aller courir au stade si tu sais que tu ne seras pas tout seul.»

La journée se termine enfin pour les deux boxeurs. Dans quelques heures, le réveil sonnera et il faudra déjà recommencer.

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