Le camping a sauvé Maude Mathys

Course à piedL’athlète d’Ollon raconte comment elle a récolté l’argent des Mondiaux, malgré de gros doutes et une blessure.

En Andorre, la Kényane Lucy Wambui Murigi a pris sa revanche après avoir été battue par la Vaudoise Maude Mathys, à Morat-Fribourg (photo), l’an dernier.

En Andorre, la Kényane Lucy Wambui Murigi a pris sa revanche après avoir été battue par la Vaudoise Maude Mathys, à Morat-Fribourg (photo), l’an dernier. Image: Keystone

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«Au départ, je n’avais pas envie d’aller aux Mondiaux. Mais comme j’avais déjà raté Sierre-Zinal, je voulais au moins essayer, pour ne pas nourrir de regrets.» Double tenante du titre européen, Maude Mathys a fait mieux que tenter sa chance. En Andorre, elle a ajouté une nouvelle ligne à son palmarès. Désormais vice-championne du monde de course de montagne, la Boyarde de 31 ans a réussi un véritable exploit, après avoir pourtant connu la poisse.

Victime d’une sérieuse entorse dix jours seulement avant le départ de Sierre-Zinal, où elle visait le record de l’épreuve, la championne a su trouver les ressources pour remonter la pente. Un exercice dans lequel elle excelle, au propre comme au figuré. «Juste après ma blessure, je me suis retrouvée dans un trou, raconte l’athlète chablaisienne. Je me disais que ma saison était foutue. J’ai eu quelques jours de flottement. Puis je suis partie en famille faire du camping. Il me fallait couper avec la course et me changer les idées. Cela m’a permis de relativiser. Je me suis dit que chaque sportif doit surmonter ce genre d’épreuve un jour ou l’autre. En plus je n’étais pas au fond d’un lit avec une jambe dans le plâtre.»

Stratégie gagnante

Le camping a en quelque sorte sauvé la fin de saison de Maude Mathys. Mais dimanche, encore une fois, rien n’est allé comme prévu. «Je suis partie avec le peloton de tête, mais sans prendre les devants, raconte la championne. Comme le parcours était très vallonné, je ne voulais pas courir de risque inutile avec ma cheville. Ma stratégie était d’attaquer dans la dernière partie, relativement raide.»

À la mi-course, les concurrentes dépassent Maude Mathys, les unes après les autres. «J’en ai compté une, deux, trois, quatre, cinq et même six, énumère-t-elle. Et là, je me suis dit: «Ça va être difficile. Je ne suis pas si en forme que cela. On va encore raconter que Maude Mathys s’est plantée aux Mondiaux.» Mais la jeune maman a du caractère et une volonté à soulever des montagnes. Alors, elle s’accroche. Sur une partie de faux plat, elle rattrape les concurrentes qui l’avaient dépassée.

Eviter le sprint

Avant la fameuse montée, elle se retrouve au quatrième rang. Une place qu’elle avait occupée, il y a un an, lors des derniers championnats du monde. Pas question de ramener une nouvelle médaille en chocolat! «J’ai cru au podium, car j’étais persuadée de pouvoir dépasser les deux filles devant moi. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai tenté de mettre un maximum d’écart entre elles et moi pour ne pas avoir à sprinter en fin de course.»

Au final, Maude Mathys boucle les 11,9 km (dénivelé positif de 1028 m) en 1 h 06’, soit 1’05” derrière l’intouchable Kényane Lucy Wambui Murigi. Une adversaire que Maude Mathys avait réussi à battre lors de la dernière édition de Morat-Fribourg, il y a onze mois. «Dimanche, Lucy était la meilleure, reconnaît la Chablaisienne. Elle m’a pris plus d’une minute, ce qui est énorme, alors que j’ai tout donné. À l’arrivée, j’avais des maux de tête et une envie de vomir. Ce qui est rare chez moi.»

Une croisière pour terminer

Le 7 octobre, Maude Mathys remettra son titre en jeu à Morat-Fribourg. Une épreuve qu’elle courra sans pression. «Avec ma blessure à la cheville, je serai moins forte que l’an dernier car j’ai accumulé moins de kilomètres. Il va me manquer de la vitesse. Je n’aurai donc pas d’objectif de chrono ou de rang. Mon but sera de terminer la saison sur une note positive.» Avec un passage par le camping au préalable, histoire de se ressourcer? «Pas cette fois, répond-elle. Mais nous avons prévu une croisière en Méditerranée, juste après Morat-Fribourg.»

Créé: 18.09.2018, 20h51

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