Le Colosse d’Eclépens est taillé pour la gagne

Lutte Pascal Piemontesi (117 kg pour 1, 88 m) sera l’une des attractions de la 94e fête cantonale organisée dimanche au Mont-Pèlerin.

Pascal Piemontesi vise sa 30e couronne, ce week-end au Mont-Pèlerin.

Pascal Piemontesi vise sa 30e couronne, ce week-end au Mont-Pèlerin. Image: PHILIPPE MAEDER

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Dans le salon de son appartement d’Eclépens, les 29 couronnes de Pascal Piemontesi sont alignées au-dessus de l’écran TV remporté lors d’une fête. «Ce qui est sympa avec la lutte, c’est qu’on repart avec de magnifiques cadeaux», raconte le gendarme de Rolle, pourvu de mensurations impressionnantes (117 kg pour 1,88 m). Le colosse, qui a remporté il y a deux semaines un taureau, premier prix de la Fête cantonale neuchâteloise, a pu redécorer son logement de cloches gravées, de chaises, de meubles sculptés. Il a aussi reçu des montres, des tablettes tactiles et même une tronçonneuse. «Je n’ai pas gardé le taureau, mais j’ai pris une photo avec lui, comme souvenir. J’ai préféré recevoir l’équivalent en argent, soit quelques milliers de francs. Comme geste de reconnaissance, la tradition veut que chaque lutteur remercie personnellement le donateur de son lot par une lettre.»

Cette année, l’appointé Piemontesi (29 ans) a déjà remporté trois couronnes. Pour être coiffé de cette récompense honorifique, on doit généralement remporter quatre succès sur six combats et faire partie des tout meilleurs. Seuls 15 à 18% des participants l’obtiennent.

Ce dimanche au Mont-Pèlerin, Pascal Piemontesi visera une 30e couronne, lors de la Fête cantonale vaudoise. Pour y parvenir, il pourra compter sur son physique impressionnant et un mental en acier trempé. Avant les premières passes, le lutteur du club de Mont-sur-Rolle livre les secrets de sa réussite et décrypte les points forts de son corps de champion.

La tête

«Comme dans tous les sports de combat, il faut être fort dans sa tête. Psychologiquement, nous devons anticiper les réactions, prévoir tous les cas de figure pouvant survenir durant la passe et visualiser la victoire. Certains lutteurs font appel à des psychologues du sport ou ont recours à la sophrologie et à l’hypnose. Pour faire la différence, il est nécessaire de soigner chaque détail. Avant un combat, j’ai ma routine. Je m’arrête devant le rond de sciure et je m’oxygène bien. Puis, au moment de pénétrer dans l’arène, je reprends une bonne respiration et j’entre toujours avec le pied gauche. L’important est de se recentrer et de canaliser son énergie. Je peux alors totalement me concentrer sur le combat.»

La nuque

«Cette partie du corps est essentielle, surtout si on se retrouve dans une position délicate. Nous la travaillons beaucoup à l’entraînement en nous mettant à quatre pattes, tête au sol, et en faisant des mouvements circulaires. Puis, nous réitérons le geste en retirant les mains. Les autres exercices pour renforcer la nuque? La position de la bougie et celle du pont.»

Le torse

«Il est nécessaire d’avoir un excellent gainage au niveau des abdominaux et des lombaires. Surtout qu’il y a passablement de rotations dans les prises. Avoir un tronc solide est primordial pour résister lorsque votre adversaire vous tire à lui. Ou lorsque c’est vous qui voulez l’attirer vers vous.»

Le dos

«Le dos est une partie très sollicitée. Pour tirer l’adversaire à soi et aussi résister aux assauts de celui-ci. Comme un combat dure généralement entre 6 et 8 minutes, il faut être prêt à soulever du lourd et longtemps. Au fitness, j’essaie de reproduire les mouvements que l’on retrouve dans la lutte, en ayant une bonne posture. Je varie les exercices. Par exemple: six répétitions avec de grosses charges. Puis, une vingtaine avec de plus légères. Je peux soulever des poids allant jusqu’à 250 kg.»

Les avant-bras

«Comme la saisie se fait au niveau de la culotte, il est nécessaire d’avoir une bonne poigne. Quand vous luttez contre un adversaire de 140 kg, il ne faut pas que les bras vous lâchent. Je m’entraîne en salle de musculation avec des exercices spécifiques de mouvements de barre et aussi lors des combats d’entraînement.»

Le bassin

«Il faut avoir beaucoup de force dans le bassin. Je le renforce donc en faisant des sauts, des fentes et du travail d’équilibre sur les Swiss balls, à l’image des skieurs alpins.»

Les jambes

«Le but de la lutte est de mettre l’adversaire sur le dos en lui faisant perdre prise. Quand on attaque, il faut avoir les jambes solides pour le faire basculer. Il arrive qu’on se retrouve sur une seule jambe. Il est alors important de rester stable. Le gainage est primordial.»

La technique

«Comme il y a beaucoup de prises en lutte, il est primordial de toutes les connaître. Il faut aussi sentir le sens de la lutte, les ouvertures, en fonction de la position de l’adversaire. Avoir l’instinct et savoir ce qui va se passer: cela s’entraîne. Le travail technique se fait à chaque séance. Comment? Le coach donne au hasard le nom d’une prise debout ou au sol et on la reproduit aussitôt qu’il l’annonce. On travaille aussi avec la vidéo pour corriger nos défauts.»

Le poids

«La bonne moyenne se situe entre 105 et 115 kg. Si, en face, l’adversaire est très lourd, il sera très difficile de le déstabiliser. En même temps, il aura plus de peine à se mouvoir. C’est pourquoi, il faut un bon compromis entre les deux. Depuis un an, j’ai perdu environ 15 kg pour me stabiliser à 117 kg. Sans perdre de force. Et j’ai gagné en endurance. Cela m’a réussi, puisque j’ai déjà remporté trois couronnes en 2017.

Avoir un fort gabarit peut impressionner l’adversaire. Il m’est arrivé de combattre face à des lutteurs plus lourds que moi. Dans ce cas, j’essaie de ne pas trop y penser et de me focaliser sur les enchaînements de prises qui pourraient le déstabiliser.»

La grandeur

Vaut-il mieux être petit ou grand? «Par le passé, il y a eu d’excellents lutteurs de petite taille. Mais la tendance actuelle va vers les gros gabarits. La plupart mesurent 1,80 m, voire plus de 1,90 m. Quand on est grand, on a forcément plus de facilité à soulever l’adversaire. Avoir de grandes jambes nous permet aussi de mieux aller crocher. En général, il est plus facile de maintenir au sol quelqu’un de petite taille.»

Créé: 24.06.2017, 13h22

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