De la discipline et des sacrifices pour trois minutes de bonheur

Patinage artistiqueL’investissement en temps, en argent et en énergie des jeunes patineurs vaudois force le respect.

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Les coulisses de Malley 2.0 sont aussi glaciales et impersonnelles que le nom de la patinoire lausannoise. Soudain, deux jeunes filles en baskets illuminent les couloirs de leurs habits colorés. Elles virevoltent, concentrées sur leur chorégraphie qu’elles répètent méthodiquement. Pendant ce temps, sur la glace, des applaudissements nourris succèdent aux dernières notes de Halo interprété par Beyoncé. Comme aux JO ou aux Mondiaux, la prestation est récompensée d’une demi-douzaine de peluches jetées des tribunes. Des roses dans leur emballage transparent jonchent également la glace.

Ici, pas de kiss and cry, mais le conte de fées et la magie ne sont jamais bien loin pour les 133 princesses (et 13 garçons!) des Championnats vaudois. La facilité et la légèreté de ces jeunes athlètes de 5 à 25 ans cachent une somme de travail assez impressionnante. Membre du comité d’organisation, Stéphanie Ledermann connaît bien le revers de la médaille. Ancienne patineuse et maman de Maëlle (12 ans et médaillée de bronze sur le plan national), elle sait que les sacrifices sont nombreux. «Ma fille patine le matin entre 7 h et 8 h, puis à midi et encore le soir. Elle consacre 15 à 17 heures hebdomadaires aux entraînements sur glace, à la gym, à la danse et à la souplesse. À midi, elle n’a que 15 à 20 minutes pour se déplacer de l’école à la patinoire. Pour gagner du temps, elle mange et se change dans la voiture. Idem le soir. Et vers 19 h, il faut commencer les devoirs.»

Au niveau technique, les patineuses maîtrisent les doubles sauts. «Je pense que nous avons les connaissances pour réussir de belles choses en Suisse, estime Stéphanie Ledermann. La carrière de Stéphane Lambiel en est la preuve. Mais il nous manque non seulement un sport-études, mais aussi de la glace en été. À Fribourg, la patinoire est ouverte toute l’année, alors qu’à Lausanne, nous devons nous déplacer à Champéry.» Et pourtant, les Vaudois sont compétitifs. Outre Maëlle Ledermann, l’Yverdonnois Jason Lambercy a obtenu une médaille d’argent aux Championnats de Suisse espoirs. Quant aux fers de lance Noémie (15 ans) et Noah Bodenstein (13 ans), tous deux élèves de Stéphane Lambiel, ils sont respectivement 4e suisse en élites et champion national en juniors (U18).

Des parents omniprésents

Derrière les bons résultats, l’investissement en temps, en argent et en énergie est conséquent. «Il n’est pas simple de s’organiser pour faire le taxi en permanence, note Stéphanie Ledermann. Les parents doivent être omniprésents. Quant à l’aspect financier, je préfère ne pas y penser.» En insistant un peu, la maman fait ses calculs. «Il faut compter 1540 francs tous les deux mois, rien que pour le forfait glace, l’entraîneur et les compétitions. À raison de 5 mois par année. Il y a aussi les déplacements, l’hôtel, les patins à 1000 francs la paire et la robe.»

L’addition est salée et s’élève à quelque 10 000 francs. Autant dire que sans une motivation extrême de ces athlètes et de leurs parents, rien ne serait possible. Et la maman de rappeler que «tout le travail et les sacrifices peuvent être anéantis par une chute» lors des trois minutes de programme.

Heureusement, le rêve fait encore partie de ce sport. Alicia Van Dyke ambitionnait un podium, samedi lors des Championnats vaudois. Elle a obtenu l’or dans sa catégorie. «Je suis très fière, raconte la Lausannoise de 10 ans. Pour moi, le patinage c’est d’abord du plaisir, même si je m’entraîne cinq ou six fois par semaine. J’aime le côté artistique, les sensations agréables quand on se retrouve en l’air. J’aime aussi les changements de carres et les habits en velours. Pratiquer le même sport que ma maman, qui a patiné à un haut niveau, est également une source de motivation.» (24 heures)

Créé: 12.03.2018, 17h10

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