Doctorant à l’UNIL, Pascal Egli trace sa route vers les sommets

SkyrunningLe Leysenoud a remporté la Coupe du monde, un an presque jour pour jour après avoir vécu un drame familial. Portrait.

Pascal Egli aime la montagne depuis qu’il est enfant et fait tout pour protéger son terrain de jeu favori.
Vidéo: MICHAEL MÜLLER/ DYNAFIT

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Dans une autre vie, Pascal Egli devait être un chamois. La foulée légère et le regard déterminé, le Leysenoud de 30 ans se montre intraitable lorsque le dénivelé devient considérable.

Là où n’importe quel humain souffrirait d’asphyxie, lui accélère la cadence en se jouant de la déclivité. Son élément, c’est la montagne. Plus le terrain est accidenté, plus il prend son pied. Il grimpe sur les rochers, traverse les torrents. Avec lui, pas besoin de sentiers, il trace sa propre route vers les sommets. Sans relâche, il cherche l’excellence et s’entraîne à raison de 15 à 25 heures hebdomadaires.

Cette passion pour la nature en général et la montagne en particulier lui a été transmise par ses parents. «À 10 ans, j’ai gravi un sommet de 3700 m dans les Grisons, se souvient le Saint-Gallois d’origine. Deux ans plus tard, c’était au tour de mon premier 4000 m. Comme j’adorais l’alpinisme, j’ai commencé à entraîner mon physique en courant en altitude.» Et c’est là que ce membre du Club alpin prend goût à la course de montagne.

Il participe à des trails, à des épreuves de km vertical (1000 m de dénivelé) et au skyrunning. «Il s’agit d’une catégorie dont la distance varie entre 20 et 42 km, explique Pascal Egli. Tout se pratique au-dessus de 2000 m d’altitude. On peut même arriver au-delà de 4000 m. Ce sont des courses très techniques qui n’empruntent pas toujours des chemins. On passe par des éboulis, des névés, des arêtes. Il vaut mieux savoir où l’on met les pieds car cela peut être très vite dangereux.»

Toujours souriant, ce doctorant en glaciologie et en géomorphologie est un cerveau. Un vrai intellectuel monté sur des jambes de fer qui est parvenu à faire de la montagne son métier. «La nature est mon terrain de jeu et je cherche perpétuellement à la comprendre pour mieux la protéger. Par exemple, j’aime apprendre comment les canaux passent sous les glaciers ou comment les sédiments évoluent. Beaucoup de gens se rendent à la montagne et n’ont pas conscience de l’impact qu’ils ont sur elle. De mon côté, j’essaie de limiter mon empreinte écologique en mangeant végétarien. Et puis, je n’ai pas passé mon permis de conduire avant l’année passée. Par idéologie. J’essaie d’utiliser au maximum les transports publics et le vélo. Pendant mes études, je ne prenais jamais l’avion. Je suis même allé étudier un trimestre à Trondheim, en Norvège, en m’y rendant en train.»

Sponsorisé par plusieurs marques, ce polyglotte (ndlr: il parle sept langues) ne vit pas de son sport. Le scientifique est défrayé pour ses voyages et ne paie pas son matériel. Ce qui lui convient pour l’instant, puisqu’il travaillera encore durant trois ans sur son doctorat. Concilier les deux activités ne lui pose pas de problème. «Comme j’habite Leysin, je prends mes skis de rando et je pars directement de la maison pour 1 h 15 à 3 h d’entraînement, en fonction de mon emploi du temps.»

Un succès émotionnel

Cette année, ce membre de l’équipe de Suisse a même réussi un exploit gros comme une montagne. Il a remporté le général de la Coupe du monde de skyrunning. Un sacre obtenu à Limone, en Italie, courant octobre. Tout un symbole pour lui. «Il y a un an, en revenant de Limone, j’ai appris la mort accidentelle de ma maman, confie-t-il. Elle est décédée dans un accident de kayak en Méditerranée. C’est elle qui m’a transmis la passion des langues et de la nature. Sa disparition m’a donné une nouvelle motivation.

Je dirais même une énergie positive. Grâce au soutien inconditionnel de mon amie et de la grande famille du skyrunning, je suis parvenu à réaliser cet exploit. Gagner la Coupe du monde dans ces circonstances était encore plus fort émotionnellement. C’est pour ma maman que j’ai remporté ce titre.» (24 heures)

Créé: 07.11.2018, 19h02

Carte d’identité

Pascal Egli

Né le 5 avril 1988 à Bülach.

Domicile Leysin.

Profession Doctorant en glaciologie et en géomorphologie.

Gabarit 170 cm pour 58 kg.

État civil Célibataire.

Langues Allemand, français, anglais, espagnol, italien,
norvégien et danois.

Principaux exploits


  • Vainqueur du classement général de la Coupe du monde de skyrunning 2018 (Sky Classic).

  • Vice-champion du monde de course de montagne longue distance 2017.

  • Champion de Suisse juniors de course de montagne en 2007.

  • 3e Mount Elbrus (Rus) avec arrivée à 5640 m d’altitude.

  • 1er KM vertical Transvulcania (Esp).
  • 1er The Rut Skyrace (EU).

  • Champion vaudois du 10 km sur route. Il vaut 32’ 21” sur le km vertical.

  • Membre de l’équipe de Suisse de course de montagne.

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