Le HC Crissier, un club créé par des ados chevelus

HandballDeux piliers racontent les hauts et les bas du club qui fête ses 50 ans et dont la vocation est la formation des jeunes.

Joël Liardet, président du HC Crissier pendant 20 ans, a toujours mis l’accent sur la jeunesse.

Joël Liardet, président du HC Crissier pendant 20 ans, a toujours mis l’accent sur la jeunesse. Image: CHRISTIAN BRUN

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L’histoire se passe lors du Tournoi des Vendanges à Étoy, en 1972. Les dames du Handball Club Crissier vivent un instant historique. Le tout premier match de leur histoire. «Une joueuse dribble, arrive face à la gardienne et inscrit le premier but de l’équipe féminine d’un tir imparable. Pas de chance, c’était dans son propre camp!» raconte, amusé, Bernard Chappuis.

Dans le cadre du 50e anniversaire du HC Crissier, le premier président crissirois s’est mis, en compagnie d’autres joueurs emblématiques, à la recherche d’informations, d’anecdotes et d’histoires, avec l’intention d’en réaliser un ouvrage. «Le premier comité a été mis en place par des gamins, se souvient-il. Le plus âgé n’avait pas 20 ans et le plus jeune 17 ans. Avec Jacques Carnal, Marc Giordani et Joseph Brandenberg, nous étions très «rock’n’roll». Le seul membre qui n’avait pas les cheveux longs était guitariste dans le groupe Zed.»

Mémoire du club, Bernard Chappuis se rappelle précisément comment tout a commencé. «Un ami, François Giordani, me parlait de son plaisir de jouer au handball. Je lui ai demandé pourquoi on ne créait pas un club. Alors, on est allé voir un instituteur, fan de hand, Julius Ermatinger. Ça a démarré comme ça, sur une étincelle, alors que personne ne savait vraiment jouer au handball.»

Lors de la création du HC Crissier, toutes les forces sont réquisitionnées. Et c’est ainsi qu’un certain Georges-André Carrel, instituteur au village, s’est fait enrôler. Le grand Monsieur du volley suisse a donc disputé la première saison de ce club jubilaire. La progression des jeunes banlieusards est époustouflante. En six ans, ils passent de la 4e à la 1re ligue. «En 1979, nous créons le premier exploit en accédant à la 3e division suisse, reprend Bernard Chappuis. Pour monter, nous devions vaincre une équipe alémanique. Tout le monde nous voyait perdants. L’ascension se jouait sur un seul match. Et malgré notre mauvaise cote, nous sommes allés gagner à Bienne 12 à 14.»

Joël Liardet, respectivement joueur, chef technique, puis président entre 1996 et 2016, évoque la suite de l’histoire. «Crissier est très vite devenu un village de handball. Au départ, il y avait deux équipes et une vingtaine de joueurs. Cinquante ans plus tard, nous comptons huit formations et 120 membres. On jouait aux Bergières et à la Vallée de la Jeunesse jusqu’en 1990. Puis, nous avons évolué à Crissier à la salle de Chisaz, et enfin à Marcolet.»

Le club gagne en respect et parvient à engager comme entraîneurs des «légendes» du handball suisse. À l’instar de Konrad Affolter et d’Ueli Nacht.

En 2000, les clubs de Crissier, de l’US Yverdon et de Lausanne-Ville décident de regrouper leurs forces pour tenter de rejoindre la LNB. Ils créent l’équipe de West qui devait servir de détonateur au handball vaudois et susciter les vocations auprès des jeunes. L’entité réussit un passage en 2e division nationale, mais ne parvient pas à s’y maintenir.

Depuis quelques saisons, West, Yverdon et Nyon militent dans le même groupe de 1re ligue. Crissier continue pour sa part de former ses jeunes avec une certaine réussite. «C’est notre vocation, admet Joël Liardet. Nous sommes fiers d’avoir vu grandir des joueurs comme Damien Guignet, parti à Wacker Thoune et qui a évolué en Ligue des champions. D’autres talents se retrouvent à Schaffhouse, en LNB, alors qu’une sélection comprenant dix joueurs crissirois est arrivée 3e du championnat M15, il y a cinq saisons.»

Voir autant de jeunes vivre leur rêve est une fierté pour ce club créé jadis par des gamins. Cinquante ans plus tard, l’esprit du HC Crissier demeure intact.

Créé: 22.08.2019, 19h59

Un article de la «Tribune de Lausanne» paru le 12 décembre 1972, raconte que la moyenne d’âge du HC Crissier d’alors est de 17,5 ans, comité compris. Avec en photo les joueurs de la première avec leur tignasse.

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Du haut niveau à Marcolet

Superlimax n’est pas le nom d’un héros hollywoodien. Il s’agit du tournoi international M19 que le HC Crissier met en place ce week-end à Marcolet. «Le nom est tiré du sobriquet des habitants du village, les Limaces», intervient Joël Liardet, président du comité d’organisation. Ce tournoi opposera huit équipes issues des meilleures ligues de France, d’Allemagne et de Suisse. Pour ce faire, 102 clubs ont été contactés par le responsable Bernard Brullé. «À l’avenir, nous aimerions retrouver huit équipes de huit nationalités différentes», poursuit Joël Liardet.

Dès samedi, les Français de Massy Essonne, de Pontault-Combault et de Torcy, les Allemands de Hochdorf et de Münster et les Suisses de Future Berne, de Nordwest, de Wacker Thoune et de Suhr Aarau s’affronteront dans deux poules. Les demi-finales se disputeront dimanche dès 8h30. La finale à 16h. P.-A.S.

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