Le bond du sauteur leysenoud Jarod Biya

Athlétisme A 17 ans, le jeune athlète vient de bondir à 7,77 m. Il est promis à un avenir radieux.

A 17 ans seulement, le Vaudois, et Camerounais d’origine, Jarod Biya détient déjà le record de Suisse U20 du saut en longueur, grâce à un bond à 7,77 m.

A 17 ans seulement, le Vaudois, et Camerounais d’origine, Jarod Biya détient déjà le record de Suisse U20 du saut en longueur, grâce à un bond à 7,77 m. Image: Christian Brun

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«Quand je réussis un saut, je n’ai pas besoin d’attendre qu’il soit mesuré. Je sens qu’il est bon, dès que je suis en l’air. J’ai alors l’impression d’aller vite, de voler. L’adrénaline monte aussitôt et les sensations sont uniques.»

En quelques phrases, Jarod Biya nous emmène dans son univers. Mieux que personne, il sait partager les émotions qui l’animent, lorsqu’il décolle au-dessus de la fosse. Le sauteur en longueur de 17 ans a réussi dernièrement un bond extraordinaire qui l’a propulsé à 7m77. Une marque synonyme de record de Suisse U18 et U20 qui efface des tabelles celle d’un certain Julien Fivaz.

Un progrès de 40 cm en moins d’un an

Depuis le début de la saison, Chantal Freund et Robert Poget, ses entraîneurs, savaient pertinemment que le sociétaire du Team des Alpes avait un saut de 7,80 m dans les jambes. De la théorie à la pratique, il n’y a qu’un pas - ou plutôt qu’un bond - que le Leysenoud a su franchir avec une magistrale fluidité. Pour y arriver, il a rallongé son élan, passant de 39 m à 43 m. Sa vitesse (il vaut 10’’89 sur 100 m) et son double ciseau lui ont ainsi permis de progresser de 40 cm en moins d’un an.

Fort de la confiance emmagasinée durant ces derniers mois, le jeune homme se met alors à rêver de passer la barre des 8 m. Et de menacer un peu plus le record national de Fivaz, à 8,27 m.

Mais pour concrétiser ses ambitions, Jarod sait qu’il devra s’armer de patience et travailler sans relâche. «Je sens bien que je n’ai pas atteint tout mon potentiel, assure le jeune Suisse d’origine camerounaise. Toutefois, je ne veux pas brûler les étapes. C’est en suivant les conseils de mon entourage que j’y arriverai, palier après palier.»

Un solide soutien

Jarod Biya peut avoir une confiance aveugle en son staff. Ses entraîneurs sont ceux qui ont emmené Julien Fivaz au sommet.

Depuis un an, il suit une formation dans la vente chez Ochsner Sport. Il a intégré depuis 2015 le CSEL (Centre sport-études de Lausanne) à la Pontaise. «Cette structure me permet de prendre des repas équilibrés et de recevoir des conseils multiples dans la gestion de ma carrière et ma vie professionnelle. Le directeur Jean-Marc Gerber fait notamment le lien entre mon activité sportive et mon employeur. Au CSEL, je trouve aussi d’autres athlètes avec lesquels nous échangeons et partageons nos expériences.»

Autour du talent de Jarod Biya se met en place toute une structure dynamique et concrète. «Nous avons monté une association pour soutenir Jarod, notamment sur le plan financier, explique Gilles Locatelli, son entraîneur physique. Ses parents se sont séparés et il est difficile pour sa maman avec qui il vit, de gérer tout le côté administratif. Alors, nous lui donnons un coup de main.» Une dynamique qui sourit à l’athlète leysenoud. «Jarod a beaucoup évolué grâce au sport, poursuit son coach physique. Avant, il était très introverti. Mais depuis quelques années, il a pris confiance en lui. C’est un jeune que l’on aime côtoyer et qui est très impliqué. Entre ses amis, son apprentissage et l’athlétisme, il a trouvé un équilibre dans lequel je le sens totalement épanoui.»

Le ski avant l’athlétisme

Arrivé du Cameroun à 3 ans et demi, Jarod s’est initié à divers sports. A Leysin, il a logiquement commencé par le ski. Puis le foot et le hockey. Mais c’est en athlétisme qu’il a enchaîné les bons résultats. Il a remporté trois fois les courses juniors des 20 KM de Lausanne, deux fois la Corrida Bulloise, une fois le Lausanne Marathon et deux fois le Mille Gruyère. «A cette époque je pratiquais toutes les disciplines de l’athlétisme, précise le champion. Puis, je me suis concentré sur le sprint et la longueur. Sans être meilleur que les autres!»

Que de chemin parcouru depuis, pour ce grand espoir du sport suisse. Ses bons résultats l’ont logiquement propulsé aux Championnats d’Europe U20 à Grosseto (Italie) du 20 au 23 juillet. Une place en finale (ouverte aux huit premiers) est son objectif. La suite? «J’aimerais battre le record national dans les prochaines années», dit-il. Pour égaler la marque du Neuchâtelois, il lui manque désormais 50 cm.

«Participer à une finale des JO serait également magique», ajoute-t-il. Pour atteindre ce deuxième objectif, il compte bien s’inspirer de son idole Mike Powell, recordman du monde avec un saut à 8,95 m.

(24 heures)

Créé: 21.06.2017, 19h06

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