Les jumeaux en quête d’une double excellence

Daniel et Jean-Claude BesseComplices dans la vie, partenaires d’entraînement, ces scientifiques sont concurrents en compétition.

Daniel et Jean-Claude Besse ont bouclé leur premier Ironman en moins de 9 heures.

Daniel et Jean-Claude Besse ont bouclé leur premier Ironman en moins de 9 heures. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Quand on n’a pas de tête, il faut avoir des jambes, dit l’adage. Daniel et Jean-Claude Besse ne sont pas du genre à transiger. Les jumeaux d’Écublens sont dotés d’une tête aussi bien faite que le corps est athlétique. Leur vie ressemble à une quête perpétuelle de l’excellence. Daniel est ingénieur EPF en électronique, alors que Jean-Claude est doctorant en physique. Sur le plan sportif, les frangins se sont inscrits il y a un an à leur premier marathon, celui de Lucerne. Âgé alors de 24 ans, le binôme réussissait un chrono pour le moins époustouflant: 2 h 36 pour Daniel, 2 h 38 pour Jean-Claude.

Autant dire que les deux sportifs ne sont pas du genre à faire les choses à moitié. Quand ils visent un objectif, ils se donnent les moyens de l’atteindre. Et si possible avec panache. «Un jour, un ami nous a qualifiés de personnalités de type A, sourit Jean-Claude Besse. Devant notre air interrogateur, il a étayé en expliquant qu’il s’agit d’individus qui font toujours tout à fond. Que ce soit au travail, au sport ou lors des fêtes. C’est vrai que nous ne faisons pas la fiesta très souvent. Mais quand c’est le cas, on fait en principe la fermeture des bars!»

Les alter ego de 1,88 m sont pourvus d’une carrure imposante, façonnée au quotidien, au fil d’un entraînement rigoureux. Chaque semaine, la charge d’efforts se compose de trois séances de natation de 3 km, quatre sorties de course à pied et deux à vélo de 60 à 80 km chacune.

«C’est le gros avantage de notre gémellité, observe Daniel Besse. Il est plus facile de partir à l’entraînement lorsque vous avez un partenaire sous la main.» Et Jean-Claude d’acquiescer: «Si un soir de février il faut courir, c’est beaucoup plus motivant d’y aller à deux.» Et comme ils adorent les chiffres autant que le sport, les scientifiques collectent les données de leurs entraînements depuis 2008. Puis ils analysent leurs performances grâce à un programme qu’ils ont eux-mêmes conçu.

Vie commune et compétition

Comme les frères Alister et Jonathan Brownlee, respectivement champion et vice-champion olympiques de triathlon à Rio, les Besse vivent ensemble. À Zurich. Et comme les superstars britanniques, ils se tirent la bourre au-delà du sport. «Plus jeunes, nous jouions à l’unihockey dans la cour intérieure de l’immeuble où nous habitions. Nous faisions des parties à midi, en rentrant de l’école. Pour le plaisir de jouer. Mais la rivalité entre nous était déjà bien présente.»

Enfants, ils n’ont jamais partagé la même classe. Pas question non plus de se vêtir à l’identique. Sauf quand il s’agit de porter les couleurs du Rushteam Écublens, le club que préside dés­ormais leur papa. «Nous partageons certes le même appartement, mais nous sommes séparés durant la journée. Nous nous retrouvons pour les entraînements. Être tout le temps ensemble ne serait pas supportable», confie Daniel.

Les deux hommes ont l’avantage d’avoir les mêmes forces et faiblesses. Tout en possédant leur propre personnalité. «Je suis plus spontané et impulsif, commente Jean-Claude. Quand nous étions enfants, c’est moi qui tentais les sauts périlleux à la piscine ou qui sautais les 10 mètres.» Daniel, lui, préfère rester dans sa zone de confort et faire des plans à long terme.

L’Ironman en moins de 9 heures

Très solidaires dans la vie, les frères Besse laissent toutefois leur complicité au vestiaire lorsqu’il s’agit de compétition. «Finir une épreuve main dans la main ne nous viendrait pas à l’esprit, assure Jean-Claude. Notre niveau est très proche. Par période, Daniel est meilleur et, à d’autres moments, c’est moi qui prends le dessus.» Ils se sont d’ailleurs retrouvés plusieurs fois engagés dans un sprint, pour savoir lequel des deux allait s’imposer. Comme au Triathlon de Lausanne, où ils ont trusté les deux premières places en 2002 et en 2003.

«Lors d’une course cycliste au parc de Valency, même la photo-finish n’a pas réussi à nous départager. Nous avons alors insisté pour savoir qui avait gagné», se souvient Jean-Claude.

Ce besoin exacerbé d’aller toujours plus loin a conduit le duo à se lancer dans l’Éverest du triathlon: l’Ironman. Le jour de leur 25e anniversaire, en juillet dernier, ils se sont rendus à Francfort avec l’ambition de couvrir les 3,8 km de natation, les 180 km de vélo et les 42, 195 km de course à pied en moins de 9 heures. «Nous avions 12 ans lorsque notre papa a couru son premier Ironman à Zurich, explique Jean-Claude. Le simple fait de l’attendre toute une journée nous a épuisés. Nous avons passé la ligne d’arrivée avec lui et il nous a alors promis qu’un jour nous courrons un Ironman ensemble.» Longtemps, les deux triathlètes estimaient la distance trop contraignante. Mais l’idée a germé dans leur tête.

Un an avant de se rendre à Francfort, ils se sont lancé le défi non seulement de s’inscrire à leur premier Ironman, mais de passer sous les 9 heures. Ce qu’ils ont réussi. Daniel a pris la 4e place en 8 h 50 et un des cinq tickets pour le mythique Ironman d’Hawaï. Malgré une blessure à un tibia, Jean-Claude a obtenu la 6e place de sa catégorie d’âge, en 8 h 56, manquant d’un rang la qualification pour Kona. Sous la chaleur hawaïenne (32 degrés), son frère réussira un temps canon de 9 h 20. Porte-drapeau de l’équipe de Suisse, il a terminé 5e de sa catégorie d’âge et 75e chez les messieurs (83e en tout), sur 2400 participants. (24 heures)

Créé: 24.11.2017, 08h22

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