Mark Borter, le Moudonnois qui court pieds nus

RunningAprès avoir couru Sierre-Zinal en sandales, ce père de famille est déterminé à participer à un trail de 120 km sans chaussures.

Mark Borter préfère largement les sentiers de terre au bitume.

Mark Borter préfère largement les sentiers de terre au bitume. Image: Jean-Paul Guinnard

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Mercredi dernier, Mark Borter a fait sensation dans les rues de Moudon. Aligné au Tour du Pays de Vaud pédestre, ce père de famille de 45 ans a couru l’étape pieds nus. Cet ingénieur qui vit dans la cité broyarde, chère au peintre Eugène Burnand, ne pratique le running que depuis six ans. «Je ne suis pas un vrai coureur, annonce-t-il. Plus jeune, j’ai fait partie des cadres nationaux de voile et j’ai pratiqué un peu le ski. Comme je voulais me remettre au sport, ma femme m’a attiré dehors pour courir. Depuis, elle a arrêté car elle n’aime pas trop ça, et moi, j’ai continué.»

Néophyte, il se renseigne sur le meilleur moyen de courir sans se blesser. Étrangement, il commence en enfilant des sandales! «Ma toute première épreuve pieds nus a eu lieu aux Paccots, il y a 2-3 ans. Mais rien n’était prémédité! Je parcourais un trail de 27 km quand mes sandales ont rendu l’âme. Tout en haut du Moléson, un homme m’a aidé à les réparer. Mais ça n’a pas tenu longtemps et j’ai continué pieds nus.» «Ses pieds avaient doublé de volume», se souvient Simon Chappuis, qui l’entraîne désormais.

«Abandonner les chaussures pour des sandales est impressionnant au niveau de la sensation de liberté. Le passage des sandales aux pieds nus est encore plus spectaculaire»

Mark Borter en rigole. «J’étais largement dernier, reprend-il. L’organisation m’avait appelé pour me demander où j’en étais et je leur ai répondu que j’arrivais!» Depuis, cet épisode involontaire lui a ouvert les yeux. «Abandonner les chaussures pour des sandales est impressionnant au niveau de la sensation de liberté. Le passage des sandales aux pieds nus est encore plus spectaculaire.»

Pris pour un moine

Avec les deux ongles des pouces teints en bleu, Mark Borter ne passe pas inaperçu dans les courses. «Quand j’ai couru Sierre-Zinal en sandales (ndlr: en 4h40), les gens me demandaient si j’étais un moine, si je faisais un pari ou si c’était pour un enterrement de vie de garçon. D’autres me demandaient simplement si j’étais fou. Ce qui m’amuse, ce sont les réflexions des coureurs qui ne remarquent pas tout de suite mes pieds et que j’entends s’exprimer en disant: «Eh, regarde, il n’a pas de chaussures!»

A priori, on s’attendrait à voir les pieds de Mark Borter endoloris par l’exercice. Ou en tout cas ses plantes couvertes de corne. «Pas du tout!, répond le fantasque coureur. J’ai l’impression de m’habituer un peu plus à chaque sortie. J’adapte ma course en multipliant les foulées sur l’avant des pieds (jusqu’à 170 mouvements par minute, lors des entraînements). Mais cela fait toujours un peu mal.»

Gare aux cailloux

Question revêtement, l’ancien navigateur déteste le béton et les petits cailloux. «Quand il y a beaucoup de graviers, ils se répartissent sous la plante. Mais quand il y en a seulement un ou deux et que je ne m’y attends pas, c’est là que la douleur est la plus forte, estime-t-il. Ce que je préfère? La neige et les chemins pédestres. La terre aussi. De temps en temps j’aime prendre les parcours Vita avec les copeaux de bois.»

Pour l’heure, l’absence d’amorti qu’offre une semelle n’a pas stoppé la progression du Moudonnois. «Il m’arrive de me faire de petites coupures, quand je marche sur des branches, en forêt.» Alors, Mark Borter prend soin de ses petons et leur offre un bain chaud régénérant.

Son objectif est de participer à un ultra-trail. Peut-être le Lausanne-Genève, en septembre. Soit une sortie de 120 km, par les crêtes. «Pour autant que ce ne soit pas trop mouillé, prévient-il. Si c’est le cas, ça glisse vraiment beaucoup lorsque l’on court pieds nus.»

Créé: 27.05.2019, 18h38

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