Les parents comme premiers supporters

Jeux olympiquesLes mamans et les papas des athlètes vaudois présents à Pyeongchang racontent comment ils soutiendront leur champion(ne).

Hervé et Pauline Burgener s’attendent à vivre des moments intenses grâce à la passion de leur fils.

Hervé et Pauline Burgener s’attendent à vivre des moments intenses grâce à la passion de leur fils. Image: PHILIPPE MAEDER

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À Pyeongchang pour vivre le rêve de Pat

La famille Burgener fera le voyage de Pyeongchang presque au complet. «Seul son papa restera en Suisse, pour des raisons professionnelles, explique Pauline Burgener. Mais il sera devant son poste de télévision. Il s’en réjouit déjà! Sinon, Marc-Antoine et Maxime, nos deux autres fils, seront en Corée avec moi. Il s’agit d’une étape importante. C’est un de ses rêves qui se réalise. Je le perçois comme le couronnement d’une carrière.»

Musicien et snowboarder de talent, Pat Burgener entrera pour la première fois sur la scène olympique lors de ces JO. «Je sais qu’il est très bien dans sa tête et dans son corps. On espère une médaille. Mais quoi qu’il advienne, je sais qu’il fera tout pour représenter au mieux la Suisse. Ce sera très émotionnel pour lui.» Et pour la maman aussi. «Ce que l’on ressent en tant que mère est particulier. C’est même viscéral. Il y a un peu de crainte, tout en sachant qu’il est très bien entraîné. On ne pense heureusement pas trop à l’accident.»

Depuis tout petit, Pat Burgener a pu compter sur le soutien inconditionnel de ses parents. «À 8 ans, il voulait faire du snowboard, se souvient la maman. Nous avons fait confiance à notre fils. Et lui avons permis de vivre sa passion. Sans limites et sans frontières. Aujourd’hui, quand je le vois rire aux éclats, c’est le plus beau des cadeaux. Il est rayonnant. Il nous a fait vivre des choses que nous n’aurions jamais vécues autrement. Il nous a ouvert la tête et le cœur.»

Sur place, Pauline Burgener et ses deux autres fils se tiendront à l’écart. «Je ne veux surtout pas communiquer mes sentiments, prévient-elle. On le laissera dans sa bulle. Mais je ne serai pas loin s’il a besoin de moi.» Que d’ondes positives pour l’athlète de Morrens.


Patricia et Daniel Hediger, ainsi que Carole et Reto Käser soutiennent leur fils, jusque dans le textile. Photo: CHANTAL DERVEY

Le Café de la Gare à Bex sera plein à craquer

«Nous avons beaucoup de chance. Nous vivrons ces Jeux doublement avec Jovian et Erwan. Sans oublier Candide Pralong, leur coéquipier d’entraînement!» Carole Käser est une maman et une tante comblée, à l’instar des autres membres des familles Käser et Hediger. Depuis tout petits, les deux cousins ont grandi avec des skis aux pieds. Leurs pères sont d’ailleurs des piliers du SC Bex, que Reto Käser préside. «Quand Erwan a su skier, vers 5 ans, il faisait le tour du jardin et disait qu’il était aux JO, se souvient sa maman. Il a beaucoup bossé pour atteindre cet objectif. C’est un travailleur qui a toujours le sourire quand il va à l’entraînement. Même lorsque les conditions sont difficiles.»

Meilleur sprinter de Suisse, Jovian Hediger (27 ans) vivra quant à lui ses 2es Jeux de suite. «Il a toujours apprécié le jeu et la camaraderie, se souvient Patricia Hediger. Il n’aimait pas trop l’effort, mais c’était déjà un gagneur. Les entraînements et les camps avec les copains l’ont emporté vers le haut niveau.»

Dans la famille, seul Daniel Hediger, consultant RTS, se rendra en Corée. Tous les autres, ainsi que le fan-club «Star’ski & us», vibreront depuis le Café de la Gare de Bex, où travaillent les deux sœurs Carole Käser et Patricia Hediger. «Il y aura du stress, prévient la maman de Jovian. Même s’il s’est toujours qualifié au prologue, cette saison, on n’est jamais à l’abri d’une chute.» Daniel, le papa sera quant à lui au micro. «C’est toujours dur de commenter la course de son fils. On a tendance à se retenir.» Qu’importent les résultats, la famille sera toujours là pour ses champions. «Je sais qu’Erwan fait du mieux qu’il peut, assure Carole Käser. Parfois, on les récupère en héros, parfois en zéro.» Avec une telle harmonie familiale, les deux fondeurs ne pourront revenir de Corée qu’en héros.


Fiona et Christophe Smith ne dormiront pas beaucoup le 23 février. Début des épreuves: 3h du matin! Photo: CHANTAL DERVEY

Avec le fan-club au bowling de Villars

C’est une certitude, Fiona et Christophe, les parents de Fanny Smith, vivront presque autant d’émotions que leur fille, le 23 février. «Nous ne savons pas encore si nous ferons le voyage en Corée, prévient son papa. Mais si nous restons à Villars, nous serons là avec le fan-club, à 3h du matin pour les qualifications et à 5h pour la finale. La dernière fois, lors des Jeux de Sotchi, tout le village était présent. Il devait y avoir 300 à 400 personnes. Cette année, nous nous réunirons au Bowling de Villars.»

Même si les épreuves se disputent au beau milieu de la nuit, l’ambiance sera électrique. «Chacun dans la famille ressent les choses différemment, reprend Christophe Smith. Je suis plutôt calme, bien que le stress du résultat soit là. Comme il s’agit d’un sport «viril», j’espère toujours qu’elle arrive en bas de la piste en une pièce. Pour nous, et pour tous les gens du village, la tension est telle que c’est comme si on regardait un thriller. Nous sommes à 300% derrière Fanny. Au niveau du soutien, mon épouse est un peu plus émotionnelle que moi.» L’euphémisme est de rigueur pour qualifier l’état de Madame Smith, lorsque Fanny est en piste. «En général, je me retourne, le dos face à la course, et j’encourage les supporters à crier, concède Fiona Smith. Je fais la GO, car j’ai peur qu’elle se blesse. J’ai vu les modules de près et, franchement, on ne se rend pas compte de leur hauteur quand on regarde les épreuves à la télé. Tous ces athlètes sont admirables.»

Fanny Smith (25 ans) est montée sur des lattes à 2 ans et demi déjà. Mais elle partage une histoire avec le ski depuis plus longtemps. «Quand j’étais enceinte de Fanny, je faisais du ski avec mon fils Thibault, raconte la maman. Et nous nous sommes rentrés dedans dans un schuss.» La championne venait d’inventer le skicross in utero!

Créé: 05.02.2018, 20h32

Un soutien inconditionnel...

Il n’existe pas de médaille pour les mamans et les papas de sportifs d’élites. Mais si on devait en attribuer une, elle serait en or massif et consacrerait leur dévouement inconditionnel, leur patience et tout le travail de l’ombre qu’ils accomplissent au quotidien. Car sans les parents, pas de champions. Ce sont eux qui sont présents dans les mauvais moments. Lors de blessures ou de résultats en deçà des espérances. Ils sont les premiers supporters. Les premiers mécènes, conseillers et chauffeurs de taxi. Ils assurent très longtemps un toit à leur enfant, s’occupent souvent des repas et des tas de linge sale qui s’amoncellent, semaine après semaine.

Derrière la performance et la somme de doutes qui jalonnent une carrière, on oublie souvent ceux qui éduquent, qui accompagnent les talents jusqu’à l’accomplissement. Parfois jusqu’à l’échec.
Dans le parcours d’un sportif, une participation aux Jeux olympiques est une reconnaissance de tous les sacrifices assumés. Mieux que personne, les parents savent pertinemment par quels chemins tortueux il faut passer pour vivre ces instants uniques qui seront gravés dans leur histoire personnelle.

Séparés par 9000 km

Les JO sont un événement à part. Les épreuves ont une résonance planétaire. Les disciplines d’ordinaire moins médiatisées sont, pendant quinze jours, mises en vitrine. Voir son enfant à Pyeongchang, que ce soit en Corée ou via le petit écran, est donc forcément un moment-clé dans la vie des proches.

... à leurs enfants athlètes


Pat Burgener, snowboard





Jovian Hediger, ski de fond





Erwan Käser, ski de fond





Fanny Smith, skicross

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