Une poigne et un caractère de championne du monde

Renata MollietMédaillée d’or d’haltérophilie et de crossfit, l’ex-internationale de water-polo est aussi une pro des médias.

«Je suis opiniâtre, affirme Renata Molliet. Quand je veux quelque chose, je m’en donne les moyens.»

«Je suis opiniâtre, affirme Renata Molliet. Quand je veux quelque chose, je m’en donne les moyens.» Image: JEAN-PAUL GUINNARD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

ÀVallamand, où elle réside, Renata Molliet n’a qu’à traverser la rue pour rejoindre le lac. Véliplanchiste à ses heures, la championne de crossfit et d’haltérophilie apprécie cette proximité avec la nature. «Je suis née à São Paulo, au Brésil. Tous les vendredis soir, nous partions passer le week-end à la plage. Mais pour profiter de l’océan, nous devions patienter dans les bouchons et nous passions ainsi trois ou quatre heures dans la voiture.»

Femme de poigne au propre comme au figuré, cette native du signe du Scorpion a su forger son caractère dès le plus jeune âge. Cadette d’une fratrie de cinq enfants, elle a dû trouver sa place parmi ses quatre frères. Par la suite, elle a pu aiguiser son tempérament de battante sur les terrains de handball et de volley-ball. Son père étant médecin du sport dans une école canadienne, elle a baigné dans ce milieu. Et s’est essayée à plusieurs disciplines. «Au handball, j’allais toujours en défense pour me frotter aux meilleures joueuses. Quant au volley, je m’entraînais tous les après-midi sur un mur de notre jardin pour me perfectionner. Explosive, j’étais bonne au service et dans le jeu offensif.»

Record du monde éphémère

Au water-polo, elle y met la même volonté. «Je m’organisais des séances individuelles. Je suis opiniâtre. Quand je veux quelque chose, je m’en donne les moyens.» Autant dire que, aujourd’hui encore, cette perfectionniste est exigeante avec elle-même. Adepte du crossfit depuis 2010, elle s’est hissée à trois reprises au sommet de la hiérarchie continentale, dans sa catégorie d’âge. L’an dernier, elle a même cumulé les titres européen et mondial d’haltérophilie chez les 45-49 ans, en moins de 63 kg. Pour y parvenir, elle a soulevé 54 kg à l’arraché et 72 kg à l’épaulé-jeté. «Pendant trente minutes, j’ai même détenu un record du monde masters à l’arraché! Mais une fille a fait mieux, juste après moi. Mon record a donc été très éphémère», s’amuse-t-elle. Au niveau professionnel, Renata Molliet met cette énergie dans tous ses projets. Diplômée universitaire en broadcasting, elle devient tout d’abord assistante sur un long-métrage à l’âge de 20 ans. Puis elle écrit et dirige The Big Shit, un court-métrage de fiction écolo, moitié film, moitié dessin animé.

Pistolet sur la tempe

Son plus gros succès médiatique, c’est la série TV éducative de 26 épisodes nommée Pânico na TV, adaptée d’une émission radiophonique brésilienne. Avec l’argent qu’elle gagne dans cette aventure, elle décide de rejoindre le pays d’origine de son mari, la Suisse. Un choix motivé tant par son envie de voyager que par le souci de vivre dans un pays moins dangereux que le Brésil. «Mon mari a été menacé deux fois par des individus qui lui ont braqué un pistolet sur la tempe. À São Paulo, tout le monde vit avec cela et a côtoyé quelqu’un qui a été tué de cette façon. Moi-même, je connaissais deux garçons qui ont été assassinés.»

Pendant qu’elle apprend le français, elle donne des cours d’aquagym, entre Lausanne, Morges et Rolle. Puis elle profite de son expérience médiatique pour développer la télévision à la radio. D’abord à Couleur 3, puis à Rouge FM, où elle prend la responsabilité des nouveaux médias. Elle devient ensuite directrice de Rouge TV, avant de travailler à One TV et à LFM TV, où elle produit des reportages avec son mari réalisateur.

Très musclée, la championne n’en est pas moins féminine et aime casser le cou aux idées reçues sur les femmes haltérophiles. «Dans les affaires, il faut parfois être masculine au moment de prendre des décisions. Dans ma famille, j’ai grandi avec des garçons. Le milieu des médias est lui aussi très masculin. Malgré tout, j’essaie de ne pas perdre ma féminité.»

Folle des baies d’açaï

De sa fourmilière brésilienne à la quiétude vaudoise, la sportive aux larges épaules a trouvé son rythme. «La qualité de vie est incomparable. La Suisse ressemble à un paradis. Tu te retrouves en contact avec la nature, tout en ayant la 4G, Internet et ce qu’il y a dans les villes.» La chose qui lui manque le plus du Brésil? Les baies d’açaï dont elle raffole. «À chaque fois que je retourne dans mon pays d’origine, j’en mange tous les jours.»

Mais depuis le temps, l’ancienne capitaine de l’équipe du Brésil de water-polo s’est faite à son nouveau milieu. Naturalisée en 2007, elle aime faire résonner le Cantique suisse lors des compétitions de crossfit. Une activité qui lui tient à cœur. À tel point qu’elle a ouvert trois centres, nommés Noir/Blanc, à Estavayer, à Matran et à Bulle, où elle compte quelque 280 membres. «Je n’accueille pas que des champions. Il y a aussi des personnes qui souhaitent perdre du poids. Mon plaisir est de pouvoir aider ces gens à atteindre leurs objectifs.» (24 heures)

Créé: 22.01.2018, 07h58

Bio

1969 Naît le 12 novembre à São Paulo.
1980Découvre le volley-ball et participe à des compétitions.
1986Débuts en water-polo.
1990Participe aux Mondiaux de water-polo à Perth en tant que capitaine de l’équipe du Brésil.
1992Reçoit son diplôme universitaire en broadcasting. Termine 5e de la Coupe du monde de water-polo avec le Brésil.
1995Lance un film, The Big Shit, qu’elle écrit et dirige.
1998Remporte un Emmy Award avec la série Sãos e Salvos (sain et sauf), qu’elle a écrite et dirigée.
2000Épouse Marcelo Molliet, à São Paulo.
2003Crée l’émission Pânico na TV (panique à la télé).
2004Arrive en Suisse.
2005Devient coach de l’équipe féminine du Genève Natation de water-polo.
2007Prend la nationalité suisse.
2007-2008Coache l’équipe de Suisse de water-polo, avec une participation aux Championnats d’Europe à Prague.
2010Commence le crossfit. Devient championne d’Europe Masters en 2013, 2014 et 2015.
2015Ouvre le centre crossfit Noir/Blanc, qui compte aujourd’hui trois antennes, à Estavayer, à Matran et à Bulle.
2017Titre de championne du monde d’haltérophilie, catégorie 45-49 ans. Championne d’Europe d’haltérophilie. Finaliste Wodapalooza à Miami, la plus grande manifestation de crossfit.

Articles en relation

Le crossfit sort ses muscles à Montagny

Compétition La première Urakan Summer Battle se tient ce week-end en Chamard. L’occasion de découvrir une discipline complète qui mêle endurance, gym et force athlétique. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Laeticia et l'héritage de Johnny
(Image: Valott) Plus...