Les super-héros lausannois sont prêts à sortir les griffes

VolleyballLes «X-Men» du LUC mènent 2-0 face à Amriswil en finale. Ils pourraient décrocher un 9e titre national en cas de victoire ce mardi.

Max Giaccardi, entraîneur du LUC, s'est rasé les cheveux pour ressembler au Professeur Xavier de la série «X-Men». Chacun de ses joueurs s'est choisi un personnage comme surnom.

Max Giaccardi, entraîneur du LUC, s'est rasé les cheveux pour ressembler au Professeur Xavier de la série «X-Men». Chacun de ses joueurs s'est choisi un personnage comme surnom. Image: Keystone

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Depuis le début de la finale, des ondes surnaturelles se dégagent du vestiaire lausannois. Au sens propre. Les joueurs du LUC se sont surnommés les «X-Men», comme le groupe de superhéros mutants de la célèbre série Marvel.

«Chaque joueur s’est choisi un personnage, explique le capitaine, Adrien Prével, principal instigateur de ce jeu de rôle. Je suis Wolverine. C’est un type un peu nerveux qui sort ses griffes pour se battre. Ça me convient pas trop mal. Ces superhéros ont tous des pouvoirs, mais ils sont surtout meilleurs lorsqu’ils sont ensemble. C’est bête, mais ça donne un supplément d’âme à l’équipe.»

Même le coach joue le jeu

Jonas Kvalen a donc été rebaptisé «Cable». La force physique de ce dernier colle bien au puissant ailier norvégien. L’Allemand Björn Höhne incarne son compatriote «Magneto», tandis que le discret passeur alémanique Reto Pfund se fait désormais appeler «IceMan», «parce qu’il est toujours calme et cache bien ses émotions», précise Adrien Prével.

Depuis le début de la saison, le cri de guerre des joueurs a également été adapté à la série. «C’est quelque chose d’un peu enfantin, mais c’est précieux dans la vie d’un groupe», apprécie Karim Zerika. Le central, qui souffre de problèmes oculaires, a choisi d’incarner le «Cyclope». «Je me suis récemment fait opérer aux yeux avec un laser, explique-t-il sans perdre son sens de l’humour. Vu que ce héros en lance avec ses yeux, c’était tout trouvé. Quand je rate une passe à l’entraînement, je me fais un peu chambrer à cause de ce surnom.»

Sur le banc, l’entraîneur Max Giaccardi avait un rôle tout trouvé dans cette saga. «Je suis le Professeur Xavier, précise-t-il. C’est le maître des X-Men.» Durant cette finale, le Transalpin a poussé le mimétisme physique très loin. Le coach s’est retrouvé sur une chaise roulante à cause d’une lourde opération au genou. Ça tombe (presque) bien, puisque le Professeur chauve est justement paraplégique dans la série. «Je me suis rasé les cheveux pour avoir la même tête que lui», plaisante «Maxx». Ses joueurs se sont occupés du reste. Ils ont inscrit le fameux «X» sur sa chaise avec du scotch rouge, reprenant encore le motif sur les rayons de la chaise.

Un groupe enfin soudé

Au-delà de la blague, cette dérision collective permet surtout de resserrer les liens dans l’équipe. «On avait déjà quelque chose de similaire l’année dernière, se souvient Karim Zerika. Nous étions les «Avengers», une autre équipe de superhéros. Sur le banc, on avait emporté des figurines des personnages et on les touchait avant de rentrer sur le terrain.» Une superstition qui a porté ses fruits, puisque les Lausannois avaient décroché un 8e titre national, après dix ans d’attente. «Cela faisait partie de la recette gagnante», avance le passeur Sébastien Chevallier qui a rejoint l’équipe cet été. De son propre aveu, le Genevois n’est pas un grand amateur de superhéros. Il a besoin de quelques minutes pour retrouver le nom de son personnage: «Je suis Spitfire. Il met le feu ça me correspond assez bien. Au fur et à mesure de la saison, cela nous a soudés. On s’est un peu pris au jeu.»

Une alchimie qui a été difficile à trouver cette année pour les tenants du titre. «Nous avons eu plus de peine à trouver cette stabilité depuis la reprise, reconnaît Karim Zerika. La retraite de notre capitaine Julien Carrel a été compliquée à combler. Il y a aussi eu le départ du Canadien Del Bianco, qui mettait toujours une bonne ambiance dans le groupe.»

Une idée derrière la tête

L’entraîneur Giaccardi partage l’analyse son joueur. «Ce processus de cohésion a pris plus de temps, poursuit l’Italien. Il y a aussi plusieurs forts caractères dans le groupe. Il s’agit de trouver la formule où tout le monde se sente à sa place.»

Il suffit désormais d’une victoire au LUC pour s’offrir la peau des monstres d’Amriswil. «Ce n’est pas un hasard si on joue notre meilleur volley dans cette finale, résume Prével. On avait bien préparé notre coup.»

Créé: 22.04.2019, 16h55

Une attente interminable à gérer

Dimanche 14 avril, le LUC remportait son deuxième match dans cette finale face à Amriswil. Grâce à ce succès, les Universitaires ne sont plus qu’à un match du titre. Ils auront pourtant dû attendre neuf jours avant de disputer ce troisième acte potentiellement décisif ce mardi soir (19 h 30) dans la cité thurgovienne. La faute aux fêtes de Pâques. «C’est compliqué à gérer, reconnaît le jeune central Karim Zerika. Cela donne aussi du temps à Amriswil pour colmater les brèches. Ce calendrier est embêtant.»

Durant cette pause forcée, le coach Max Giaccardi avait pour mission de garder son équipe dans une dynamique positive. «Nous avons essayé de vivre une semaine la plus normale possible, explique le technicien italien. Le risque, c’est soit de trop réfléchir, soit de basculer dans une euphorie excessive et d’arriver démobilisé à Amriswil.»

Les joueurs d’expérience du groupe ont également un rôle à jouer afin de passer au mieux cette étrange période. «Pour moi aussi, c’est quelque chose de nouveau, souligne Sébastien Chevallier. Dans ces moments, les plus vieux doivent pourtant être capables d’insuffler quelque chose dans le vestiaire. À titre personnel, je ne prendrai pas la parole directement. C’est plus par un comportement, une façon de rester calme et concentré, que je pourrai faire passer un message aux plus jeunes.»

Sur le papier, les Vaudois n’étaient pas favoris dans cette finale. Amriswil – qui a aussi décroché la Coupe de Suisse – avait largement remporté la saison régulière. Le club thurgovien n’avait égaré aucun set dans les play-off jusque-là. En menant 2-0, c’est désormais le LUC qui tient le manche par le bon bout. Les Lausannois ont deux balles de titre et un supplément de pression.

«C’est une situation à double tranchant, reconnaît le coach Giaccardi. Je m’attends à affronter un adversaire remonté mardi soir. Ils commenceront très fort en étant offensifs, en cherchant à nous bousculer. Nous devrons être capables de résister, de rester calmes avec nos armes.»

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