Le «Tinder du sport» qui facilite les rencontres

OmnisportsCréée par deux entrepreneurs de 24 et 25 ans, l’application «Smatch» permet de trouver un partenaire sportif.

Kevin Gaspar, Alain Joseph, Gaspard Chevassus et Bastien Sauve (de g. à dr.) ont conjugué leurs compétences et leur amour du sport pour concrétiser l’application «Smatch», dont la dernière version a déjà séduit 1400 utilisateurs, dont un tiers de femmes.

Kevin Gaspar, Alain Joseph, Gaspard Chevassus et Bastien Sauve (de g. à dr.) ont conjugué leurs compétences et leur amour du sport pour concrétiser l’application «Smatch», dont la dernière version a déjà séduit 1400 utilisateurs, dont un tiers de femmes. Image: FLORIAN CELLA

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Et si on se faisait un petit tennis, ce soir? Il suffit de réserver un court et le tour est joué.

Encore faut-il avoir un partenaire libre dans son carnet d’adresses. Heureusement, deux étudiants de l’EPFL et de l’UNIL ont trouvé la parade. Ils ont créé une application gratuite pour smartphones permettant à ses utilisateurs de dénicher des sportifs de tous niveaux dans sa région. Et cela dans une liste de plus de 70 disciplines différentes.

Intéressés par ce concept, nous avons décidé de tester cette application, histoire de voir si elle fonctionne. Après l’avoir téléchargée sur notre téléphone portable, nous avons complété notre profil. Il suffit d’indiquer son nom, son âge et son genre, ainsi qu’une photo et sélectionner les sports pratiqués. L’application demande ensuite de choisir notre préférence. À savoir une ou un partenaire.

Comme nous sommes néophytes en la matière, on se dit qu’on n’aimerait pas trop se retrouver dans la peau de Michel Blanc dans «Les Bronzés». À faire du ski avec le vieux moniteur acariâtre qui vous répète sans cesse de ne pas oublier le «planté du bâton, Monsieur Dusse».

Alors, on se tourne naturellement vers la gent féminine. On nous demande alors de déterminer l’âge. Et là, on se dit que ça ressemble drôlement à un site de rencontre ordinaire. On sélectionne. Et là, c’est parti. Smatch (mot-valise utilisant les vocables sport et match, signifiant rencontre en anglais), vous présente un catalogue de sportives de la région. On propose alors à deux d’entre elles d’aller faire un footing, après avoir sélectionné son niveau et ses disponibilités (matin, midi, après-midi ou soir).

Une heure plus tard, l’une des deux demoiselles a quitté l’application. On se dit qu’elle a dû avoir les mêmes craintes que nous, au départ. Sans doute nous a-t-elle classé dans la catégorie des vieux moniteurs des «Bronzés», qu’elle n’aimerait surtout pas rencontrer.

Peu importe, on en rigole. L’autre fille n’a jamais répondu. Et au moment où on pensait que l’application ne fonctionnait pas, deux jeunes quadras nous ont «smatché» (lisez «sélectionné»). Une pour faire de la rando en Valais, une autre pour du paddle sur le Léman.

Avant d’aller plus loin, la conversation est lancée sur l’application. Nos deux interlocutrices s’interrogent. Ce «Tinder du sport» est-il une plateforme de rencontres sportives ou de rencontres intimes?

1400 utilisateurs

C’est là que nous nous rendons dans les locaux de Phida Invest, la société d’Alain Joseph, ancien président du Lausanne-Sport, qui a soutenu le projet, avec la Ville de Lausanne. Les deux inventeurs, Gaspard Chevassus (25 ans), qui sort de l’EPFL, et Kevin Gaspar (24 ans), issu de HEC, répondent à cette interrogation: «On ne va pas se mentir, admet Kevin Gaspar. Ça ressemble au site de rencontre Tinder. Nous avons utilisé les mêmes facilités d’accès pour les adapter au sport.»

Pas naïf, Alain Joseph assume cette proximité entre rencontres sportives et intimes: «Si je suis prêt à faire du sport avec un inconnu, j’accepte d’échanger avec lui ou elle. Et de boire un verre après la séance et de passer un bon moment. Si une amitié ou une histoire d’amour naît de cette rencontre, ce n’est que le chemin naturel de la vie.»

En activité depuis un mois et demi, la dernière version de cette application vit une croissance presque exponentielle. De zéro utilisateurs en août, elle en a séduit aujourd’hui 1400. En faisant uniquement de la pub par Facebook. «Certains jours, nous comptons jusqu’à 150 nouveaux profils, atteste Kevin Gaspard. Quant aux «smatches», nous en avons recensé 2000 à ce jour.»

Pas mal pour un projet né d’un cours à la HEC et développé pendant deux ans. L’application a ensuite été améliorée dans son habillage, au Portugal. «Nous avons affiné l’enrobage, car le niveau d’exigence des utilisateurs est élevé», relève Gaspard Chevassus.

Actuellement, Smatch est suivi par un tiers de femmes. Comme les sportifs inscrits sont géolocalisés, il est possible de voir qui est le plus proche partenaire disponible. Quant au financement, pas de risque de voir ses coordonnées revendues. «Ni la pub ni la revente des données ne sont à l’ordre du jour», promet Bastien Sauve (29 ans), qui s’occupe de la partie financière.

Alors, on se le fait, ce petit tennis?

Créé: 09.10.2018, 21h59

Comment ça marche

À qui s’adresse l’application?
À tous les sportifs dès 16 ans qui pratiquent une ou plusieurs activités, parmi les 70 proposées. Les principaux utilisateurs sont actuellement des étudiants et la tranche des 30-35 ans.

Comment obtenir Smatch?
En téléchargeant l’application sur son téléphone portable, via l’Apple Store ou Google Play. Très simple d’accès, il suffit d’entrer ses vœux (genre de la personne recherchée, tranche d’âge et les sports pratiqués) pour pouvoir l’utiliser. Si un partenaire vous semble convenir, sélectionnez-le («smatchez-le») et il vous répondra certainement.

Quel niveau faut-il avoir?
Tous les niveaux sont représentés. Du débutant au pro. «Le but est de favoriser les rencontres. On met l’humain avant la performance», promet Gaspard Chevassus, l’un des concepteurs du projet.

D’où est venue l’idée?
En séjour à Sydney, Kevin Gaspar pratiquait le football et le surf. Il s’est dit qu’il manquait une telle application pour favoriser les rencontres entre sportifs. L’idée a germé et s’est concrétisée, quelques années plus tard. D’ici à la fin de 2018, les amateurs de football ou de rugby pourront eux aussi bénéficier de l’application, puisque les jeunes entrepreneurs de Smatch vont étendre leur choix d’activités aux sports collectifs.

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