Trois générations au départ de la Patrouille des Glaciers

Ski-alpinismeSoixante ans séparent Rupert Roschnik de sa petite-fille Emma. Avec Roger, le trio vaudois s’offre un défi XXL.

Pour Emma, Rupert et Roger Roschnik, le défi de la Patrouille des Glaciers se relève en famille.

Pour Emma, Rupert et Roger Roschnik, le défi de la Patrouille des Glaciers se relève en famille. Image: CHANTAL DERVEY

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Certaines familles passent leur temps libre à jardiner. D’autres se passionnent pour la cuisine ou le cinéma. Les Roschnik, eux, ont la fibre sportive et ont décidé de se lancer un défi taille XXL: participer à la Patrouille des Glaciers.

En prenant le départ d’Arolla, mercredi matin à 5 heures précises, le trinôme de Grandvaux cumule les particularités. À commencer par l’âge des participants de leur patrouille. Avec ses 78 ans, Rupert Roschnik sera le doyen de l’édition 2018. Sa petite-fille Emma, 18 ans, sera quant à elle l’une des plus jeunes inscrites.

Vous avez bien calculé, soixante ans, séparent ces deux concurrents. L’idée de réunir trois générations au sein de la même équipe vient du troisième larron, Roger Roschnik, fils de Rupert et papa d’Emma. «En 1990, nous avions pris le départ de Zermatt avec ma sœur Sonia et mon père, raconte cet ingénieur de 51 ans, patron d’une PME. Comme nous avions toujours gardé un bon souvenir de cette expérience, je me disais que ce serait formidable de participer un jour à cette course, accompagné de mes enfants.»

Quatrième de cette aventure, Alicia (21 ans), la fille aînée de Roger Roschnik, a bien failli remplacer sa sœur au pied levé. Car la cadette a longtemps été incertaine, après avoir subi une mononucléose en février-mars.

Le tour des frontières

Les Roschnik sont habitués aux défis sportifs d’envergure. Rupert, le plus expérimenté, a participé une douzaine de fois aux Trophées du Muveran. Il a passé trois mois au Groenland et grimpé sur les plus belles montagnes. L’Alaska, le Mont Kenya, le Kilimandjaro, la face nord des Grandes Jorasses, le Cervin, le Mont-Blanc, la Bernina n’ont ainsi plus de secrets pour lui.

En 2015, alors âgé de 75 ans, Rupert Roschnik est parti pour une trotte autour de la Suisse par ses frontières. Soit une virée de 1899 km sur 115 jours, réalisée en kayak, à vélo et à pied. Pendant son périple, ce chimiste à la retraite a gravi plusieurs sommets de 4000 m. Pour un effort physique quotidien de 8 à 9 heures en moyenne et de 14 heures, pour les journées les plus lourdes. Douze fois au départ de Morat-Fribourg, il a participé aux éditions 1986 et 1990 de la PdG.

«Même si cette fois nous partons d’Arolla, nous allons quand même souffrir», prévient le doyen, qui se dit prêt physiquement et mentalement. Et pour cause! «J’aime bien me chronométrer sur 100 m de dénivelé, poursuit-il. Si ça ne va pas assez vite à mon goût, je me donne alors des excuses. C’est tantôt les cailloux, tantôt la glace, qui ne va pas.» Cavalière assidue, Emma Roschnik, s’attend à passer par des moments difficiles.

«Lorsque j’ai participé aux Trophées du Muveran, je me suis dit pendant toute la course que jamais plus on ne m’y reprendrait, se souvient la gymnasienne. Mais à l’arrivée, il y a toujours ce sentiment de fierté, de soulagement et de satisfaction qui efface tout le reste. Et puis, mon père me suit dans mes compétitions de cheval, alors je peux bien lui rendre la pareille.»

Au niveau des objectifs, les Roschnik ne se mettent pas de pression inutile. «La devise de la famille est découvrir et faire découvrir, poursuit Roger Roschnik. Notre but est d’arriver au bout et en bon état. Nous nous sommes entraînés au niveau de l’altitude mais pas pour faire un chrono. À la grande Patrouille, certains ont plus de 100'000 m de dénivelé dans les jambes. Pour la petite, pas besoin de réaliser autant d’efforts. Mon père en est à 10'000 m, moi à peine moins. Et ma fille a dû parcourir 5000 m.»

Amateur de course à pied, de vélo et de kitesurf, Roger Roschnik (7 départs à la PdG) redoute trois choses: que la météo les empêche de terminer leur aventure, une casse matérielle et un souci physique. «À la dernière, j’ai eu de la fièvre et des crampes avant la Tête Blanche; je vous assure que ce n’est pas drôle.»

Leur premier défi sera de rejoindre le col de Riedmatten en 1h45 pour ne pas devoir rebrousser chemin. «Une fois ce cap passé, nous arriverons au bout, j’en suis sûr», se persuade Roger Roschnik qui ne se donne aucune limite dans la vie. «En faisant un pas après l’autre, on peut aller très loin.» Un état d’esprit qui anime les trois membres de la patrouille numéro 1346. Celle qui porte en toute logique le nom de «3 générations».

Créé: 17.04.2018, 18h46

Le beau temps n’élimine pas les risques

Le coup d’envoi de la Patrouille des Glaciers 2018 a été donné mardi soir. Environ 730 équipes de trois athlètes ont pris le départ de cette première partie de l’épreuve, soit de Zermatt (53 km et de 8000 m de dénivelé) soit d’Arolla (26 km et 4000 m de dénivelé), pour rejoindre Verbier.

Le solde des 1600 patrouilles inscrites se mesureront au tracé de haute montagne en fin de semaine. Les élites partiront de Zermatt samedi à 3 h et devraient rejoindre Verbier vers 9 h. Le record du parcours a été réalisé en 2010 par une patrouille helvétique en 5 h 52.

Tous les voyants sont au vert pour un bon déroulement de la course, même s’il a fallu effectuer des ajustements. Entre le départ de Zermatt et le premier poste de Schönbiel, le tracé initialement prévu a été légèrement modifié pour éviter tout risque d’avalanche. La météo s’annonce radieuse durant toute la semaine. Le beau temps n’est pas pour autant une garantie pour cette course. L’important enneigement de la saison a nécessité davantage de travail de la part des quelque 1500 militaires engagés dans la préparation de la course. Les températures relativement élevées en montagne constituent également un facteur de risque. ATS

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