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Une vie dans le sport, sous toutes ses facettes

Enseignant, Marco Astolfi a œuvré à la transmission des idées, du savoir. Il a aussi été président de différents clubs et dirige aujourd’hui la Fondation Fonds du sport vaudois

«Cette traversée de l'Atlantique représentait un rêve. J’avais en tête toutes les histoires des grands marins. On a vécu quelque chose d’unique, une sorte de cadeau de la vie»
«Cette traversée de l'Atlantique représentait un rêve. J’avais en tête toutes les histoires des grands marins. On a vécu quelque chose d’unique, une sorte de cadeau de la vie»
Odile Meylan

«J’ai fait ma vie dans le sport, sous toutes ses facettes. Qu’il s’agisse d’éducation ou d’enseignement, par exemple, j’ai toujours trouvé que ces mots et cette activité avaient du sens.» D’une certaine façon, Marco Astolfi représente une figure phare. Mais ce n’est jamais le premier plan qu’il éclaire. Il œuvre plutôt dans la transmission des idées, du savoir, dans le soutien aussi. C'était encore le cas mardi à Servion, dans le cadre du Fonds du sport vaudois, fondation dont il est le président depuis 2012. Il s’agit là de redistribuer une partie de l’argent versé par la Loterie Romande, sous forme de bourses aux meilleurs athlètes et espoirs du canton, désignés sur la base des critères de Swiss Olympic.

Arrivé d’Italie (région de Milan) à l’âge de 7 ans, dans les traces de son père, Marco Astolfi a rapidement fait preuve d’une certaine efficacité. «J’ai appris le français en trois semaines. Dans mon carnet scolaire, j’avais des remarques qui indiquaient que je parlais trop», se souvient-il en souriant. Sur la piste d’athlétisme aussi il allait vite, comme en témoignent ses succès à l’occasion de «L’écolier romand le plus rapide», une épreuve aujourd’hui disparue, qu’il désigne lui-même comme probable élément déclencheur de sa passion pour le sport. «C’est l’enseignement qui m’a tout de suite attiré. Et je m’y suis bien trouvé. La compétition avait du sens, bien entendu, mais l’activité physique pratiquée par chacun me permettait de faire la part des choses, en représentant un bon équilibre.»

Prof de sport, il a d’abord œuvré au primaire, puis au Gymnase de Burier, avant de rejoindre l’Université de Lausanne (1987), d’abord au poste de directeur du Centre de formation des maîtres d’éducation physique, puis comme maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des sciences du sport. À l’heure de son départ, voilà quelques mois, l’un de ses thuriféraires, sans doute un peu emprunté devant la palette des activités déployées, a qualifié Marco Astolfi de véritable couteau suisse du sport. Le véritable tissu social qui s’est créé au fil des ans l’a aussi amené à devenir président de plusieurs clubs, comme le Montreux Volleyball féminin, le Vevey Basket ou encore la Société nautique Montreux-Clarens (voile), sans oublier une forte implication dans le monde de la natation (Vevey Natation et Swimsports). Évoquer ce listing donne, avec le recul, une sorte de petit vertige. Il en perdrait presque haleine. Un comble!

La pratique sportive a beaucoup évolué. Avec ses excès, ses dérives aussi. Marco Astolfi y songe-t-il lorsqu’il remet une bourse à un jeune talent? «Franchement, dans ces moments-là, je n’ai aucune arrière-pensée. Je me sens à l’aise, assure-t-il. Je n’ai jamais été directement confronté au dopage. Certains athlètes vaudois sont allés aux Jeux olympiques dans des disciplines très exigeantes, comme l’aviron par exemple. Mais je suis persuadé que, avec un entraînement bien conçu, on peut atteindre le haut niveau international. C’est peut-être dans la répétition des résultats, sur la durée, qu’on peut se poser des questions.»

Compétition et sport santé ne vont pas forcément de pair. «Quand un enfant nage tous les jours, par exemple, on ne parle pas seulement de sa santé, admet-il. Il faut savoir quelles limites on met à l’entraînement. Mais, si on fait les choses correctement, le sportif ne se retrouvera pas en difficulté avec l’âge.»

D’autres formes d’épanouissement

Sur un plan plus général, la relation au corps a, elle aussi, changé. «Chez certains jeunes, ce qui me frappe en parlant du respect du corps, c’est de constater que des limites se sont déplacées, notamment avec l’évolution de la technologie, du matériel. Ils veulent vivre pleinement leur truc, et tant pis si ça fait des dégâts. On répare, ce n’est rien. On le voit clairement parmi les étudiants.» Un autre changement tient dans la façon d’appréhender une activité sportive. «Certains jeunes sont très forts dans leur discipline, constate Marco Astolfi. Mais ils ne veulent pas entendre parler de compétition. Leur plaisir n’est pas de gagner. Ils recherchent d’autres formes d’épanouissement.»

Le sport est multidimensionnel. Plus que jamais. Ce qui explique la place prépondérante qu’il occupe dans la vie de beaucoup de gens. «Il permet de se connaître soi-même, de se sentir bien physiquement, de développer la relation aux autres, à l’environnement aussi.» Une expérience forte que Marco Astolfi a vécue en prenant la mer. «J’ai en effet traversé l’Atlantique à la voile. Nous étions quatre à bord, et le voyage a duré 26 jours, raconte-t-il. Étais-je capable de partir ainsi, sans pouvoir tout maîtriser? J’avais tout de même une certaine appréhension.» Quelques craintes, mais surtout un bel enrichissement à l’arrivée. «Pour moi il s’agissait d’un rêve. J’avais en tête toutes les histoires des grands marins. On a vécu quelque chose d’unique, une sorte de cadeau de la vie.»

Quelle que soit l’échelle, la pratique d’un sport permet aussi de créer des familles parallèles. «Au départ il ne s’agit que d’un loisir. Les parents se mettent à disposition de leurs enfants et y trouvent aussi une satisfaction. En suivant le groupe de mon fils aîné, qui pratiquait la natation, nous avons sillonné la Suisse durant dix ans et fait de belles rencontres.» Famille encore le 20 mai à Lausanne, à l’occasion des Panathlon Familly Games, une manifestation qui permet à tous de s’initier à une multitude de sports. Et dont le président n’est autre que Marco Astolfi.

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