Wawrinka et Bencic se ressemblent

TennisTiraillés entre leurs limites du moment et une ambition légitime, Stan Wawrinka et Belinda Bencic sont au 3e tour à Melbourne. Le point sur deux luttes intérieures.

Image: Keystone

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L’un n’a plus rien à prouver, l’autre encore tout à inventer. Lui a gagné partout et s’arrache pour goûter une dernière fois à l’extase des grands triomphes. Elle se rapproche chaque année un peu plus d’un immense bonheur dont elle ne connaît pas la saveur. Stan Wawrinka et Belinda Bencic n’ont pas le même âge, pas la même histoire et il n’y a normalement aucune raison objective de les comparer. Pourtant, cette année à Melbourne, quelque chose d’impalpable les réunit. Jeudi encore, les deux Suisses ont remporté un match qui a tout à la fois étalé un immense potentiel et des limites inquiétantes. Ils brillent, se sabordent, s’agacent, ressuscitent. Sans que l’on sache vraiment quoi penser de leur brillante instabilité.

Retard accumulé

Jeudi matin, Belinda Bencic avait cet avantage en trompe-l’œil: contre Jelena Ostapenko, n’importe quelle joueuse incarne la stabilité. «Avec elle, c’est un coup gagnant, une faute directe, expliquait la Saint-Galloise. Il faut accepter ce manque de logique. Tu peux parfaitement construire le point, penser que tu le mérites et la voilà qui sort un coup incroyable de son chapeau. Il y a presque un côté injuste. Mais il faut continuer, s’accrocher.» «Beli» y est parvenue, le plus souvent; malgré les étonnantes variations de son engagement (8 doubles fautes) et de son humeur. «Franchement, je n’ai pas d’explications aux caprices de mon service.» Et comment justifier les yeux noirs et mots doux envoyés vers papa Ivan alors qu’elle venait de remporter la première manche 7-5, 1-1? Belinda Bencic venait de faire le plus dur, elle était bien lancée. Son irritabilité trahissait donc un manque d’assurance qui n’avait rien à voir avec le score.

«Belinda manque de rythme, on a accumulé un retard d’entraînement. Il a fallu soigner sa blessure au talon, nous n’avons repris l’entraînement que le 15 décembre.» Cet aveu, signé Ivan Bencic, valide l’impression visuelle. Sa fille joue très bien par séquences, mais elle n’est pas installée dans ce flow qui l’habitait entre Dubaï et Indian Wells ou en fin de saison. Peut-il revenir dans les prochains jours puisque «BB» possède un tableau plutôt clément (Kontaveit)? «On l’espère, mais rien n’est sûr.»

Stan cloué au lit

Dans le clan Bencic, chaque jour gagné est donc un pas vers le retour au plus haut niveau. Tandis que chez Stan Wawrinka, chaque heure hors du lit constitue depuis mardi une victoire. «J’ai attrapé un virus qui m’a cloué au lit pendant deux jours. Je ne suis sorti qu’une heure pour voir le médecin. C’était donc un miracle que j’entre sur le court.» Le Vaudois se chargea d’en réaliser un deuxième en dominant Andreas Seppi, malgré deux sorties «pour aller vomir», en cinq sets. Pour «Stanimal», la trentaine d’heures qui le sépare de son troisième tour contre John Isner s’annonce donc capitale. «Si mon état continue d’évoluer dans le bon sens, je serai sur le court.» Reste à savoir dans quel état. Car même si le géant américain ne va pas lui proposer le plus éprouvant des styles de jeu, un virus aussi violent ne part pas sans laisser des traces.

Pour des raisons différentes, le temps est devenu le principal allié du duo Wawrinka-Bencic. Le Vaudois en a d’ailleurs l’habitude, lui qui a toujours puisé sa confiance dans la répétition des efforts et les bienfaits que lui procure le mélange de fatigue physique et de lâcher-prise mental. Seulement un tel schéma peut-il s’appliquer à un corps convalescent? Cela tiendrait à nouveau du miracle, le troisième. Mais après tout, «Stanimal» ne révèle-t-il pas sa nature profonde dans les situations les plus extrêmes? Quant à Belinda Bencic, peut-elle en deux matches retrouver cette insouciance qui lui permet parfois de transformer le tennis en ping-pong? Là aussi, le timing semble très serré. Mais allez savoir. Car il y a chez Belinda Bencic une faculté de résilience qui rappelle celle de Stan Wawrinka. Et comme le temps est un ami, il colore leurs envies.

Créé: 23.01.2020, 19h36

Rublev-Goffin

Le choc de la première semaine

Avec le troisième tour commencent les choses sérieuses. Les têtes de séries peuvent enfin se croiser et le niveau de jeu ne tolère plus aucune approximation. Or s’il ne fallait regarder qu’un seul match des seizièmes de finale, ce serait celui-là: David Goffin contre Andrey Rublev. Pourquoi? Déjà parce qu’il s’agit du duel le plus relevé (11e contre 16e mondial). Ensuite parce que le premier est le seul homme, avec Djokovic, à avoir battu Nadal en 2020 (à l’ATP Cup) et que le second est invaincu en onze matches (deux titres). Enfin parce qu’entre le puncheur Rublev et le contreur Goffin, les spectateurs pourront se régaler de deux manières totalement opposées de faire avancer la balle. Seules réserves: l’un s’est blessé jeudi et l’autre était malade en début de semaine. «J’avais peur de m’être déchiré quelque chose, mais il ne s’agit que d’un blocage en bas du dos», rassurait David Goffin après sa victoire contre Herbert. «Je me sens mieux de jour en jour, précisait de son côté Andrey Rublev. J’étais très mal en arrivant ici depuis Adélaïde. Mais ça va mieux.» Le public de Melbourne Park peut donc se frotter les mains: il aura bien le droit à son choc des esthètes.

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