Ces sportifs de pointe qui changent de peau pour défier le «Muveran»

Ski-alpinismeAthlètes confirmés dans d’autres sports, ils se sont alignés dans la «doyenne», dimanche à Gryon.

À l’approche de l’arrivée, à Gryon, atmosphère crépusculaire pour les participants à cette 72e édition de la doyenne des épreuves de ski-alpinisme en Suisse.

À l’approche de l’arrivée, à Gryon, atmosphère crépusculaire pour les participants à cette 72e édition de la doyenne des épreuves de ski-alpinisme en Suisse. Image: Christian Brun

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Champions de cyclisme, de ski de fond ou d’un autre sport d’endurance, ils ont choisi de sortir les peaux de phoque l’espace d’un dimanche grisâtre. Rendez-vous à La Barboleuse pour le Trophée du Muveran, 72e du nom, ce qui en fait la plus ancienne épreuve de ski-alpinisme de Suisse.

Alors qu’il ne faisait pas un temps à mettre un coureur à pied ou un cycliste dehors, ces sportifs de haut niveau habitués à d’autres terrains se sont amusés comme des gamins dans la neige. Habitué des sentiers de VTT, champion du monde de cross-country et de marathon en son temps, médaillé de bronze aux Jeux de Sydney en 2000, Christoph Sauser (42 ans) a retrouvé une seconde jeunesse dans le ski-alpinisme.

L’Alémanique affirme même qu’il rêve de participer à la Patrouille des Glaciers l’an prochain. Mais comment a-t-il mordu à l’hameçon? «J’ai découvert le parcours du Trophée du Muveran lors d’une sortie à VTT, il y a deux ans», déclare le citoyen d’Yvorne.

Dans son enfance, Christoph Sauser s’imaginait plutôt pilote de ligne ou champion de Formule 1. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. «J’ai grandi dans une famille passionnée de sport. Alors, j’ai eu la chance de pouvoir goûter à plusieurs disciplines différentes dès mon plus jeune âge.» Ni une ni deux, il n’a pas hésité à franchir le seuil d’un magasin spécialisé afin de s’équiper pour se coltiner le Trophée du Muveran.

Un sport complémentaire

Si de tels athlètes en pincent pour le ski-alpinisme, cela s’explique. Popularisée ces dernières décennies par la Patrouille des Glaciers en Suisse, puis La Grande Course à l’étranger, la discipline s’approche par bien des aspects d’autres sports d’endurance. D’abord, le système cardiovasculaire y est sollicité pareillement. Il demande à l’athlète un travail similaire sur le plan mental – pensons à la résilience notamment – et requiert des capacités d’endurance dont le commun des mortels n’est pas forcément doté. Les études démontrent que le ski-alpinisme est souvent apprécié des sportifs amateurs d’effort solitaire.

Les descentes, elles, sont techniques et éprouvantes. «Une certaine force musculaire dans les jambes, notamment les quadriceps, est nécessaire», racontait la Française Laëtitia Roux, multiple championne du monde, sur le site d’Overstims. Pas étonnant que les cadors du ski-alpinisme soient généralement à l’aise en course à pied ou en cyclisme, par exemple.

Pour de nombreux athlètes de haut niveau, le ski-alpinisme est un formidable complément à leur préparation. C’est le cas pour le fondeur Erwan Käser (Les Plans-sur-Bex), sélectionné pour les derniers Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018. «Mais si je viens au Trophée du Muveran, c’est d’abord pour le partage. Je croise ici beaucoup d’amis, des populaires», souligne le Chablaisien, également amateur de course à pied de montagne. «Participer à cette épreuve, tout près de chez moi, c’est une belle façon de terminer une saison de ski de fond.» Son cousin, Jovian Hediger, autre cador du Ski-Club Bex, devait l’accompagner dimanche. Malade, il a cependant été contraint de renoncer.

«Clin d’œil de fin de saison»

Dans le milieu, les opinions divergent sur l’intérêt nourri par des sportifs de dimension internationale pour le ski-alpinisme. «C’est surtout un clin d’œil de fin de saison», estime Claude Défago, journaliste spécialisé et rédacteur pour le média «SkiMo». «Cela peut générer un peu de publicité pour notre discipline, mais de manière ponctuelle et limitée.»

La présence de tels champions sur le Trophée du Muveran ou d’autres épreuves du genre, voire leur reconversion dans le ski-alpinisme, est donc loin de garantir à ce sport de tutoyer les sommets en termes de notoriété.

Créé: 07.04.2019, 22h42

Une première 100% française

Un méli-mélo tricolore surgissait de la grisaille dimanche à Gryon à l’arrivée de la 72e édition de la doyenne des épreuves romandes de ski-alpinisme. Didier Blanc, escorté par son compatriote Vincent Favre, levait les bras pour la première fois sur le Trophée du Muveran.

Bien que favori, l’homme d’Évian-les-Bains (Fra), ex-vainqueur de la prestigieuse Pierra Menta, a pourtant fait preuve de prudence. «Avec Valentin, nous avons géré pour ne pas commettre d’erreurs, surtout dans les descentes», chuchote-­­t-il, un brin malicieux.

Le binôme avait beau figurer en tête de course dès le départ, la partie était loin d’être jouée d’avance. «Nous devions rester lucides, assure Didier Blanc. Les conditions étaient éprouvantes.»
Profitant de l’expérience
de Valentin Favre, le Français ajoute à son palmarès l’une des plus belles lignes. «Pour moi, cette course figure juste derrière la série de La Grande Course. Il y a comme un air de Patrouille des Glaciers.» Les Valaisans Yannick Écœur, dont ce fut la dernière sortie avec le maillot du Swiss Team, et Arnaud Gasser ont fini deuxièmes à 5’ 27”. La paire Pierre Mettan - Maxime Brodard s’est classée troisième.

Parmi les Vaudois en vue, la jeune Caroline Ulrich (avec Thibe Deseyn, de Leysin), ainsi que son frère aîné, Florian (avec Léo Besson), ont remporté le titre de champion de Suisse juniors par équipe. La fratrie de La Tour-de-Peilz s’était déjà illustrée en décrochant plusieurs breloques aux Mondiaux de Villars-sur-Ollon en mars dernier.

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