Stade-Lausanne a comblé ses lacunes

FootballPlus d'approximations défensives, une solidité quasi permanente, une véritable connaissance des adversaires: le SLO est devenu une équipe de Challenge League

Roland Ndongo a inscrit un doublé et largement contribué à la victoire de Stade-Lausanne Ouchy face à Chiasso samedi.

Roland Ndongo a inscrit un doublé et largement contribué à la victoire de Stade-Lausanne Ouchy face à Chiasso samedi. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

D'abord, il convient de se rappeler où se trouvait Stade-Lausanne-Ouchy il y a un mois et demi. Plus précisément, de ces vingt premières minutes de jeu lors de la venue de Vaduz à Colovray. À ce moment-là, le SLO était tout petit sur une pelouse de Nyon qu'il voyait immense. Comme si l'équipe qui militait encore en 2e ligue inter il y a sept ans, au tout début de sa folle ascension, avait soudainement été propulsée dans l'arène face à un ogre de Challenge League. Axel Danner, qui s'est pourtant admirablement adapté à chaque catégorie, se faisait transpercer à chaque voyage lichtensteinois. La voix habituellement si directive et autoritaire d'Andrea Binotto ne résonnait plus que par quelques phrases timides, emplies d'une compassion qui en disait long sur la situation. À cet instant, et pour la première fois, on se disait que peut-être, cette fois, la marche était trop haute pour les Lausannois.

Ce jour-là, les Stadistes s'en étaient finalement sortis (3-3) grâce à deux choses: la qualité individuelle de leurs joueurs (on se souvient encore de ce fantastique doublé de «Zeki» Amdouni) et leur identité. C'est important à souligner: Stade n'avance pas à tâtons, il sait dans quelle direction il va, à quel but il aspire et cela fait toute une différence lorsqu'il s'agit de progresser sur la durée. On ne louera d'ailleurs jamais assez le travail d'Andrea Binotto à ce niveau-là. Reste que, en l'état, l'équipe qui a arraché le premier point de l'histoire du club en Challenge League paraissait un peu légère pour assurer la place du SLO en Challenge League. Le défi n'était pas hors d'atteinte, mais disons que ce groupe-là souffrait de certaines lacunes rédhibitoires à ce niveau.

Une défense remodelée

La principale? Une ligne défensive, composée de trois «anciens» et d'un nouveau (Jérémy Manière) loin d'être souveraine dans ses interventions. Ferid Matri ne donnait pas toutes les garanties nécessaires dans l'axe et demeurait un vrai problème sur la gauche. La seule apparition de Steve Samandjeu n'a de loin pas convaincu et Dylan Tavares, même s'il s'est montré très convaincant face au LS il y a trois semaines, a eu besoin de plusieurs matches pour se mettre au diapason.

Le management du SLO a été parfait sur ce coup-là. Le problème a été identifié et une réponse concrète a été apportée dans la foulée: l'engagement de William Le Pogam et Christopher Mfuyi. Tous deux ont l'expérience de la Challenge League et leur arrivée progressive dans le onze de base a changé beaucoup de choses. En bien. La composition du quatre défensif est donc passée à trois nouveaux pour un seul rescapé: Axel Danner. Si le SLO a dénaturé son identité en effectuant ces modifications? À notre sens, la réflexion est absurde. Déjà parce que les recrues semblent très bien s'être identifiées au style et au projet stadiste. Ensuite et surtout parce qu'il est utopique de penser que Stade-Lausanne aurait pu s'en sortir avec exclusivement les joueurs qui lui ont permis d'atteindre la Challenge League. Les recrues estivales se nomment Karim Gazzetta, Jérémy Manière ou Marco Delley, entre autres, et, sans elles, le SLO ne serait sûrement pas où il se trouve aujourd'hui. Il faut aussi préciser que, hier face à Chiasso, six des onzes Lausannois présents au coup d'envoi défendaient déjà les couleurs de Stade la saison dernière.

Concurrence en pointe

En s'attachant les services de Konan Oussou, le club a aussi eu l'intelligence d'apporter une source de concurrence à Yanis Lahiouel. Forcément, le saut de Promotion League en Challenge League allait impacter le rendement du buteur français de qui, de toute façon, on n'attend pas qu'il inscrive 22 réussites chaque saison. Le souci, c'est que l'homme n'a pas encore ouvert son compteur. Un comble, au vu de ses immenses qualités, qui n'enlève rien à son activité incessante à la pointe de l'attaque et à son début de saison tout à fait correct.

Reste que pouvoir compter sur un deuxième numéro 9 n'était pas un luxe et que l'arrivée d'Oussou, déjà buteur contre le Lausanne-Sport et Kriens, à Colovray est très appréciable, même si l'ancien Sédunois a dû quitter le terrain à la 24e minute, hier, touché à l'épaule. Rejoignant... Yanis Lahiouel à l'infirmerie. En attendant, le pompier de service se nomme Roland Ndongo et l'ailier reconverti en buteur offre entière satisfaction, sachant qu'il a inscrit deux buts en à peine plus d'une heure de jeu samedi. Preuve que les ressources de Stade-Lausanne sont loin d'être épuisées.

Confiance retrouvée

Du début de saison (un point en quatre matches) avait aussi résulté une baisse évidente de cette confiance qui semblait ne plus quitter le SLO. Un élément a suffi à combler cette lacune-là, rallumer la flamme: le but de Marco Delley à Schaffhouse lors de la cinquième journée, le seul du match, synonyme de première victoire de la saison. Juan Manuel Parapar l'a dit, ses coéquipiers n'en pensent pas moins: cette réussite a eu un impact énorme. Comptablement, psychologiquement, sur la vie du groupe. On ignore si Marco Delley disposera d'énormément de temps de jeu cette année, au vu de la concurrence qui règne sur les ailes. Mais si Stade-Lausanne-Ouchy réussit une grande saison, ou même s'il arrache son maintien à la dernière journée, il faudra se souvenir du geste de cet homme-là.

En somme, ce but a amené une victoire, et cette victoire a appelé toutes celles qui sont en train de se succéder. Le compte en est à quatre de suite, avec la victoire du week-end dernier à Kriens en Coupe. Et vu qu'il n'a même pas fallu un tour au néo-promu pour s'adapter à sa nouvelle catégorie de jeu, ce chiffre pourrait bien grossir encore un peu.

Stade-Lausanne-Ouchy - Chiasso 3-0 (2-0)

Stade de Colovray, 400 spectateurs. Arbitre: Stefan Horisberger.

But(s): 5e Parapar 1-0; 31e et 70e Ndongo 3-0.

Stade-Lausanne-Ouchy: Barroca; Danner, Manière, Mfuyi, Le Pogam; Laugeois, Gaillard (62e Perrier); Parapar (77e Delley), Gazzetta (52e Eleouet), Ndongo; Oussou (24e Amdouni). Entraîneur: Andrea Binotto.

Chiasso: Guarnone; Padula, Lurati, Hajrizi, Gamarra; Pugliese (63e Antunes); Huser, Doldur, Bahloul (46e Rossi); Kryeziu, Marzouk. Entraîneur: Alessandro Lupi. Avertissements: Amdouni (46e, jeu dur), Hajrizi (51e, jeu dur), Le Pogam (57e, antijeu), Antunes (64e, jeu dur), Mfuyi (81e, jeu dur).

Expulsion: Amdouni (48e, jeu dangereux, deuxième avertissement).

Créé: 21.09.2019, 21h15

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.