Stéphane Lambiel: «Je peux aujourd’hui réaliser mon rêve»

Patinage artistiqueLe Valaisan ne regrette pas d’avoir mis un terme à sa carrière. Le patron de Ice Legends se réjouit de patiner aux Vernets avec ses amis le 22 avril.

Stéphane Lambiel est un patineur, un coach et un organisateur de spectacles comblé.

Stéphane Lambiel est un patineur, un coach et un organisateur de spectacles comblé. Image: Keystone

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Il n’est pas arrivé dans une voiture rouge avec des petits points noirs, c’est pourtant dans un établissement portant le nom de la «bête à bon Dieu» que Stéphane Lambiel nous a donné rendez-vous. «Les coccinelles m’ont poursuivi toute ma carrière», se marre le Valaisan, qui se rend régulièrement, entre un entraînement et un gala, dans ce café faisant la part belle à ce petit insecte porte-bonheur.

Dix ans après sa médaille d’argent aux Jeux de Turin, l’ex-champion du monde de patinage artistique se plaît aujourd’hui dans la peau d’un organisateur. A sept semaines de sa 2e édition des Ice Legends, le 22 avril à 20 h 30 aux Vernets, le petit prince devenu roi se trouve toujours dans une forme olympique.

«J’ai la chance de pouvoir compter sur une super-équipe au bureau qui me permet de m’entraîner une à deux heures tous les jours, se félicite le jeune patron dynamique (31 ans). Je m’occupe aussi, en parallèle, quatre à cinq jours par semaine, de mon école à Champéry, renchérit ce coach exigeant. J’ai des élèves avec lesquels je partage la même passion et un objectif: la compétition.»

A l’instar de son maître, son modèle, son entraîneur de toujours, Peter Grütter, le professeur est perfectionniste et exigeant. «Le patinage demande rigueur et précision, dit-il. Je suis à l’écoute de l’élève pour le guider et le mettre en confiance.»

Six ans après avoir raccroché, les grands championnats ne vous manquent-ils pas trop?

Pas du tout, parce que depuis 2010, j’ai la chance de réaliser des projets qui me passionnent, qui remplissent mes journées et mes nuits. Je suis toujours aussi fort physiquement qu’il y a cinq ans, même en meilleure santé qu’avant, car j’ai pris le temps de me retaper. Je n’ai plus de souci avec mes genoux et mes adducteurs. Je peux aujourd’hui réaliser mon rêve en continuant de développer ma passion pour le patinage, je n’ai donc aucun regret.

Il n’y a désormais plus de note, mais c’est vous le juge qui choisissez vos patineurs pour assurer un grand spectacle…

Ce n’est pas le juge mais plutôt l’ami qui téléphone à d’autres amis pour les attirer à Genève. Je leur ai dit qu’on avait la chance de montrer au public les numéros qui ont changé nos vies. Même si cela n’était pas facile à cause d’agendas bien chargés, toutes les personnes que j’ai contactées m’ont répondu favorablement.

Quels champions seront présents?

Je peux vous annoncer la présence de Mao Asada, trois fois championne du monde et médaillée d’argent aux Jeux olympiques. Le charismatique japonais Daisuke Takahashi, qui m’avait pris la médaille de bronze à Vancouver, sera aussi là. Tout comme le Français Brian Joubert, qui devrait patiner sur James Bond. Sarah Meier présentera son programme court préféré. Et d’autres surprises encore…

Et votre idole…

Oui, il y aura Ilia Kulik. Je l’avais croisé sur le parking de Malley aux championnats du monde à Lausanne en 1997. Il avait malheureusement très mal patiné et j’étais triste pour lui. J’avais couru vers lui pour qu’il me signe un autographe. Mais quand j’ai vu sa déception, je n’ai pas osé le lui demander. L’année d’après, il était champion olympique à Nagano. Il m’a inspiré. C’est super qu’il vienne à mon spectacle.

Dans vos galas, vous donnez toujours autant d’émotion aux gens, comme en compétition?

Il y a beaucoup à donner à un public qui suit le sport. Les gens ressentent généralement des émotions que l’athlète peut vivre pendant sa performance. Que ce soit un succès ou un échec, le public partage ce moment-là. Parce qu’il le sent, l’athlète puise l’énergie du public. Moi quand je regarde un match de tennis à la télévision, j’essaie de me mettre dans la peau du joueur qui est en train de se battre et je vibre avec lui.

Que vous inspire aujourd’hui un champion comme Javier Fernández López?

Venant d’un pays qui n’est pas forcément puissant pour le patinage, de pouvoir réussir à devenir champion du monde sans une tradition derrière, c’est fantastique. J’ai effectué la tournée Art on Ice en février avec lui, c’était un plaisir. Je suis un fan. C’est un patineur que j’aimerais avoir un jour dans mon spectacle…


Aux Vernets, il se sent à la maison!

Stéphane Lambiel ne cache pas qu’à Genève, surtout aux Vernets, il se sent comme chez lui. «J’ai commencé à travailler dans cette patinoire en 1995 avec Peter Grütter, raconte le Valaisan. Il était donc important d’organiser ce 2e Ice Legends ici. Les Vernets, je les connais par cœur! C’est ma deuxième maison, un endroit où j’ai vécu des moments intenses avant de partir en compétition. Il y a eu mon premier quadruple réussi, mais aussi des doutes et des pleurs quand, juste avant les JO de Turin, on essayait de me faire patiner avec une attelle pour protéger mon genou abîmé.»

Dans cette patinoire d’un autre temps, le champion a tout connu, sauf le hockey sur glace! «Quand j’étais jeune, ma maman m’avait demandé si je voulais essayer de jouer, mais c’était exclu, confie le patineur. Je ne me voyais pas dans un sport d’équipe. J’avais besoin de la musique, d’exprimer quelque chose, pas de courir derrière un puck!» Il n’en demeure pas moins qu’un jour il a tenu une crosse dans une main. «C’était pour une émission satirique sur la Suisse alémanique, raconte Stéphane. On avait demandé à ma chorégraphe, Salomé Brunner, de venir à Davos où on m’a déguisé en hockeyeur. J’avais une canne et un casque, personne ne pouvait me reconnaître. On avait vraiment l’impression que je faisais partie de l’équipe. Et à un moment donné, je me suis délesté de l’équipement pour commencer à faire des pirouettes, c’était bonnard!»

En attendant que se construise «un HC Valais», le patineur de Saxon a du plaisir à suivre des rencontres des Grenat dans les tribunes de ses Vernets. «J’adore l’ambiance dans une patinoire», avoue ce grand passionné de sport, qui n’exclut pas de venir donner un coup d’envoi ces prochaines semaines d’un match des Aigles contre Fribourg-Gottéron. Aux Vernets, il est chez lui! C.MA.

Créé: 02.03.2016, 08h18

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