La Streif repousse encore les avances de Beat Feuz

Ski alpinAprès 2016 et 2018, le Bernois n’arrive toujours pas à conquérir cette piste de Kitzbühel qui lui a préféré Dominik Paris.

Beat Feuz a mis tout son cœur pour enfin conquérir la Streif. Mais malgré une course presque parfaite, ça n’a pas suffi.

Beat Feuz a mis tout son cœur pour enfin conquérir la Streif. Mais malgré une course presque parfaite, ça n’a pas suffi. Image: Keystone

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Décidément, cette si séduisante Streif est vraiment difficile avec lui. Beat Feuz a beau lui répéter chaque année qu’il l’aime, la caresser avec beaucoup d’affection et de doigté, cette piste si impitoyable ne veut toujours pas céder à ses avances.

L’an passé, après avoir failli l’inviter à monter sur la plus haute marche du podium, elle avait renoncé au dernier moment à danser avec lui, ébloui par l’Allemand Thomas Dressen, plus rapide avec l’arrivée du soleil. Douze mois plus tôt, la «coquine» l’avait déjà laissé tomber dans la Traverse, à l’approche de l’arrivée, alors qu’il avait plus de six dixièmes d’avance.

Or le Bernois est tenace. Bien décidé à ce qu’elle succombe enfin à ses charmes, le champion du monde de descente en titre a mis tout son cœur dans la Mausefalle, le Steilhang et la Hausbergkante ainsi que tous les autres passages de la «belle» pour la convaincre. Comme il y a une semaine à Wengen où il avait été battu par Kriechmayr, il a encore une fois sorti le grand jeu pour la séduire après avoir flirté avec ses limites.

Mais cela n’a pas suffi, la vilaine n’était pas encore convaincue. «Je pourrais refaire vingt fois cette course, je n’irais pas plus vite, lançait l’Emmentalois, en esquissant toutefois un large sourire. Je n’ai aucun regret car j’ai tout risqué pour y arriver.»

Beau perdant

Comme ce fut déjà le cas en 2016, lorsqu’elle avait couronné Peter Fill, cette Streif, qui a été longtemps la «maîtresse» de Didier Cuche (six fois de 1998 à 2012) lui a préféré un Italien. Il faut reconnaître que Dominik Paris, avec son mètre quatre-vingt et ses 100 kg, avait de nombreux atouts à faire valoir sur ce tracé hyperglacé. Après l’avoir courtisé à deux reprises, en 2013 et 2017, le coureur transalpin (29 ans) a su la reconquérir de la même manière qu’il avait déjà amadoué la Stelvio de Bormio pour la troisième fois également à fin décembre.

«Après les deux entraînements de la semaine, on savait tous qu’il serait très fort. Il sait exactement ce qu’il doit faire pour s’imposer. C’était vraiment une piste pour lui aujourd’hui, poursuit un Beat Feuz qui a autant d’affection pour la Streif que pour Dominik Paris. Même si j’aurais évidemment préféré gagner, ce n’est pas un souci de m’incliner devant lui. Depuis le temps, nous sommes devenus des amis. Les Sud-Tyroliens et les Bernois ont la même mentalité. En plus, comme moi, il est devenu papa d’une fille cet été. Cela nous a un peu plus rapprochés.»

Guitariste et chanteur dans un groupe de heavy metal, Dominik Paris a réussi une descente «rock’n’roll», sans fausse note, en réussissant un solo époustouflant dans la Traverse; c’est à cet endroit qu’il a mis la Streif dans sa poche et construit le 12e succès de sa carrière. «C’est une fierté pour moi de remporter une troisième fois cette descente de Kitzbühel, même si ce n’est pas normal, se marre le coureur de Merano. Mais Beat a encore si bien skié cette année qu’il aurait lui aussi mérité la victoire, il n’était vraiment pas très loin.» Vingt centièmes, seulement.

L’Helvète va devoir encore lui répéter, dimanche dans le super-G, qu’il l’aime et la caresser pour qu’elle cède enfin à ses avances…

Créé: 25.01.2019, 22h02

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Tanguy Nef est de retour

Pendant que le Français Clément Noël s’imposait dimanche passé dans le slalom de Wengen, Tanguy Nef, lui, se trouvait sur les bancs du Dartmouth College, en plein examen. «La première série est derrière!» se réjouit l’étudiant genevois en informatique et en économie, qui a profité de cette semaine dans le New Hampshire pour également disputer «avec des bonnes sensations» deux courses universitaires: un géant avec une belle deuxième place et un succès «facile» en slalom. Après avoir zappé Wengen, le Veyrite de 22 ans (11e à Levi et 13e à Zagreb cette saison) a découvert vendredi la Mecque de la descente dans les gradins, pour bien s’imprégner de cette ambiance si spéciale avant le slalom de ce samedi. «Dans l’avion du retour en Europe, je me suis dit, avec Kitzbühel et Schladming, qu’un rêve allait se réaliser.»
Tanguy Nef qui a bien digéré le décalage horaire, se réjouit, après Adelboden, de vivre ces sensations fortes avec une équipe suisse ambitieuse, aux côtés de Daniel Yule, Ramon Zenhäusern, Loïc Meillard, Luca Aerni et Marc Rochat, tous à l’assaut de Marcel Hirscher et Clément Noël. C.MA.

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