La Suisse et l’Angleterre jouent les apprentis sorciers, pour progresser

FootballNouveau système, beaucoup de changements: les Anglais s’imposent dans un match amical disputé sur un faux rythme.

Marcus Rashford, qui échappe ici à Stephan Lichtsteiner, a marqué le seul but de la partie, peu avant l’heure de jeu.

Marcus Rashford, qui échappe ici à Stephan Lichtsteiner, a marqué le seul but de la partie, peu avant l’heure de jeu. Image: Keystone

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Non, l’équipe de Suisse n’est pas devenue subitement une formation irrésistible par la grâce d’une fessée infligée à une Islande transparente. L’Angleterre avait besoin de mettre fin à une série de trois défaites consécutives, la sélection helvétique s’essayait à une défense à trois avec de multiples changements de têtes (comme chez les Anglais d’ailleurs): il fallait voir dans ce match un exercice appliqué et rien d’autre. Sans tirer de conclusions hâtives après une courte défaite. Parce que oui, la Susse s’est inclinée 1-0. Mais dans le cadre de ce match amical, qui aurait tout aussi bien pu sourire aux hommes de Vladimir Petkovic avec un peu plus de réussite ou de précision, le résultat importait peu.

Une défense à trois

Comment aurait-il pu en être autrement? Si Petkovic n’avait pas touché au petit triangle magique qui sera celui de la Suisse pour longtemps, avec le duo Zakaria-Xhaka et devant, libre, Shaqiri, le sélectionneur avait tout modifié ou presque autour. Le système de jeu d’abord. Pour la première fois depuis qu’il dirige l’équipe de Suisse, le Mister avait choisi de commencer un match avec une défense à trois. Ses préférences demeurent attachées au 4-2-3-1 que les siens maîtrisent bien, mais l’exercice valait cet effort. C’est justement lors des rares matches amicaux qui restent encore que ce genre de test peut être mis en place. Mais comme Gareth Southgate alignait de son côté l’Angleterre B, ou presque, pour donner du temps de jeu à plusieurs de ses protégés qui en avaient bien besoin, c’était un peu l’effet miroir sur la pelouse du King Power Stadium. Surtout avec une Suisse qui n’avait comme joueurs à vocation offensive que Gavranovic et Shaqiri au coup d’envoi, face à une Angleterre qui redoutait de perdre une quatrième fois de suite, ce qui n’est encore jamais arrivé dans son histoire.

Inutile de chercher des points de comparaison en pensant au Suisse-Islande de samedi passé, il n’y en a bien sûr pas. Cette rencontre valait davantage pour l’affrontement tactique que pour la beauté esthétique du spectacle. Il y avait un peu trop de bouleversements des deux côtés pour que tout soit fluide. Les enseignements pour la Suisse? Il y en a plusieurs.

Le premier concerne le système de jeu. Il aura fallu presque un quart d’heure aux internationaux helvétiques pour trouver leurs repères. Avant qu’ils ne s’emploient à leur tour à priver les Anglais de ballon. Passe à dix côté suisse, avec des occasions offertes par le portier britannique, fidèle à la tradition. Shaqiri n’en profitait pas. Des opportunités aussi pour Rodriguez, qui aura presque été le Suisse le plus dangereux en première période. Mais les Suisses ont aussi tremblé parfois. Deuxième enseignement: s’il y a cinq défenseurs en phase défensive, les deux latéraux montent largement d’un cran quand la Suisse a la possession du ballon et ce principe génère du danger quand la balle est perdue trop vite, avec des espaces ouverts derrière.

Rashford oublié

C’est sur des contres rapides que l’Angleterre s’est montrée incisive. Et sur balles arrêtées, bien sûr, la grande spécialité de la maison Southgate. C’est à la suite d’un corner qu’elle a trouvé la faille, Walker remisant le premier envoi au deuxième poteau. Là où Mehmedi avait abandonné Rashford, là où Lichtsteiner n’avait pas senti Rashford, là où un certain Rashford, tout seul, plaçait son plat du pied victorieux.

Passé l’heure de jeu, plus rien de très sérieux à se mettre sous la dent, avec la multiplication des changements. L’équipe de Suisse quitte l’Angleterre battue, mais sans honte aucune. Et avec l’assurance d’avoir travaillé un nouveau système contre un adversaire plus solide que la Grèce ou le Japon.

Vladimir Petkovic et ses joueurs ont maintenant un mois pour penser à la Ligue des nations et les deux matches qui l’attendent à la mi-octobre. Il y aura le choc à Bruxelles contre une Belgique qui vient de battre les Islandais sur leur île, puis la Suisse retrouvera cette Islande qui voudra prendre sa revanche après le 6-0 reçu samedi passé. Un joli programme. (24 heures)

Créé: 11.09.2018, 23h29

Angleterre - Suisse 1-0 (0-0)

Leicester. King Power Stadium. 30 256 spectateurs.

Arbitre: MM. Turpin; Danos/Gringore (Fra).

Buts: 54e Rashford.

Angleterre: Butland; Walker, Maguire, Tarkowski (60e Stones); Alexander-Arnold (78e Trippier), Loftus-Cheek (60e Lingard), Dier, Delph (68e Henderson), Rose (78e Chilwell); Welbeck (60e Kane), Rashford. Sélectionneur: Southgate.

Suisse: Sommer; Schär, Djourou, Akanji (46e Moubandje); Lichtsteiner, Zakaria (65e Fernandes), Xhaka, Freuler (65e Zuber), Rodriguez (46e Mehmedi); Shaqiri (80e Seferovic); Gavranovic (65e Ajeti). Sélectionneur: Petkovic.

Avertissements: 27e Lichtsteiner (anti-jeu), 88e Henderson (anti-jeu).

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