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La Suisse cherche un nouveau modèle pour ses compétitions

La Swiss Football League s’est mis en tête de remodeler le championnat professionnel. Mais à quoi devrait-il ressembler?

Bâle et l’ambiance du Parc St-Jacques font naturellement rêver. Mais ils représentent une exception à l’échelle suisse.
Bâle et l’ambiance du Parc St-Jacques font naturellement rêver. Mais ils représentent une exception à l’échelle suisse.
Keystone

La question s’est progressivement cristallisée ces derniers mois: le moment est-il venu de changer la formule du championnat de Suisse? On parle ici du secteur professionnel, autrement dit de la Super League (10 équipes), mais aussi de la Challenge League (10). Début mars, la Swiss Football League (SFL) a ainsi lancé une large consultation dont l’objectif est double: analyser les forces et faiblesses du mode actuel, dans le contexte économique d’aujourd’hui, et voir si une nouvelle organisation peut être susceptible de booster notre foot pro.

Au cours des six prochains mois, un vaste tour de table – clubs, sponsors, partenaires TV, autorités, médias – va donc être effectué. Il sera alors temps d’évaluer les données récoltées, d’élaborer quelques variantes et d’envisager – ou non – un changement. Pour mener à bien ce travail important, sinon décisif pour l’avenir du football suisse, la SFL a mandaté un cabinet d’experts-conseils néerlandais (Hypercube), qui a déjà oeuvré dans plusieurs pays comparables à la Suisse.

Quelle est la bonne taille pour le championnat de première division dans notre pays? Il a longtemps compté 14 clubs, puis même 16. Mais dès la saison 1987/88, la Suisse est passée à 12 – dans une formule dite «Rumo», du nom de l’ancien président de ce qui s’appelait encore la Ligue nationale –, avec un modèle plein d’artifices (division des points, barre, tour final et promotion-relégation). Mais les pressions importantes sur les clubs, l’envie de proposer un «produit» plus cohérent (avec des stades modernes), et surtout les effets de l’arrêt Bosman, qui a bouleversé le marché des transferts (1995), ont amené à choisir la formule actuelle à dix clubs, en vigueur depuis 2003.

Ceux qui réclament du changement mettent volontiers en avant la trop large domination du FC Bâle, qui s’apprête à décrocher son 8e titre consécutif en championnat. Mais c’est oublier que si les Rhénans ont effectivement creusé un substantiel écart, ces dernières saisons, au niveau national, ils le doivent avant tout aux millions générés par la Ligue des champions. D’ailleurs, rien ne dit qu’il en aille toujours de même à l’avenir. Les réformes annoncées au niveau continental semblent même indiquer le contraire.

L’ambition de clubs plus modestes, qui rêvent depuis longtemps de faire le saut dans l’élite, pourrait parler en faveur d’un élargissement. Zurich et Servette bien sûr, mais aussi Xamax, Winterthour ou encore Aarau ont les moyens de revendiquer leur appartenance à la Super League. Quoi qu’il en soit, il faudra trouver la formule idoine, qui ménage à la fois les aspects sportif (qualité du jeu, formation) et économique, tout en proposant un nombre de matches approprié. Avec sa position géographique, au centre d’un marché hyperconcurrentiel – avec les grands championnats de foot, mais aussi le hockey, qui suscite l’intérêt des sponsors locaux –, avec l’offre TV sans limites pour le spectateur potentiel, l’équation paraît difficile à résoudre.

«Sur le plan qualitatif, notre championnat est à la baisse», constate Edmond Isoz. Ancien directeur de la SFL, le Valaisan défend aujourd’hui les intérêts des clubs romands dans le concert national. «Les joueurs étrangers du FC Bâle sont plutôt moyens. Quant aux jeunes Suisses, ils passent un an à peine en Super League puis s’en vont, poursuit Isoz. Et les éléments d’expérience ne reviennent pas chez nous; ils vont plutôt terminer leur carrière aux Etats-Unis ou en Chine. Nos équipes manquent de leaders».

Serrer ou ouvrir?

Alors faut-il serrer plus encore le championnat – avec un passage à 8, comme le préconise par exemple Christian Constantin, président du FC Sion – ou plutôt l’ouvrir? Ou encore, pourquoi pas, s’approcher d’une ligue fermée? Existe-t-il une vision collective du problème ou alors chacun défend-il simplement ses propres intérêts? Personne, à ce jour, ne semble avoir les idées tout à fait claires. Peut-être en saura-t-on davantage d’ici la fin de l’année.

L’objectif d’une éventuelle refonte est double: renforcer l’attractivité de la compétition nationale, mais aussi garantir à notre pays une bonne position au niveau européen, soit entre la 10e et la 16e place au classement UEFA (la Suisse est actuellement 12e), qui garantit une participation aux phases de groupe. Le défi est donc multiple. Et forcément complexe.

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