La Suisse doit réussir l’Euro pour briser le signe indien

Euro 2016En trois participations au Championnat d’Europe, la sélection rouge à croix blanche n’est jamais parvenue à franchir le 1er tour. L’été 2016 lui réservera-t-il un joli baptême du feu?

<b>Euro 2008</b>: Lors du premier match contre la République tchèque, Alexander Frei se blessait gravement au genou. Dans la foulée, toute la Suisse boitait bas et quittait «son» Euro dès le premier tour.

Euro 2008: Lors du premier match contre la République tchèque, Alexander Frei se blessait gravement au genou. Dans la foulée, toute la Suisse boitait bas et quittait «son» Euro dès le premier tour. Image: AP

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Conduite par Vladimir Petkovic, l’équipe de Suisse a donc posé les pieds en France avec des rêves pleins la tête. Elle qui se targue de pouvoir reposer sur un savant équilibre entre éléments d’expérience et jeunes qui ne cessent de monter s’imagine volontiers bousculer les cadors européens cet été et dessiner un parcours de rêve. De ceux qui se muent en formidable épopée et se greffent dans les mémoires pour l’éternité.

Mais a-t-elle seulement pris la mesure de ce qui l’attend lors de cet Euro 2016?

Si le groupe A dans lequel elle se retrouve plongée aux côtés de la France (archifavorite), de l’Albanie et de la Roumanie ne paraît pas insurmontable, force est de rappeler que jamais de toute son histoire la sélection rouge à croix blanche n’a sorti la tête de la phase de poules sur la scène continentale. Jusqu’alors, ses trois tentatives se sont soldées par autant d’échecs. En 1996 comme en 2004 et, pire, comme en 2008 alors que notre pays était hôte de cette compétition.

Alors que l’on se plaît à croire que, cette année, la quatrième tentative sera la bonne, retour sur les rendez-vous manqués.

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1996: le terrible départ du «Roy»

Revenue sur le devant de la scène deux ans auparavant par la grâce d’une mythique qualification pour la World Cup 1994 aux Etats-Unis, la Suisse signe probablement la plus belle campagne éliminatoire de toute son histoire afin de s’octroyer son premier ticket pour un Euro. Vainqueur notamment de la Suède dans un match d’exception à Berne (4-2) et de la Turquie à Istanbul, le collectif de Roy Hodgson est simplement renversant. Mais il se trouve… renversé en décembre 1995 pour deux raisons: primo car le sélectionneur quitte son poste pour prendre les commandes de l’Inter Milan, deuzio car l’ASF décide de le remplacer par un Artur Jorge totalement débordé. Pour toute une génération, cette décision sonne comme le début de la fin.

Le technicien portugais part en effet à l’Euro anglais sans Adrian Knup ni Alain Sutter, qui étaient pourtant deux piliers du groupe. Surplace, et malgré le match nul signé dans le match d’ouverture contre l’Angleterre, l’aventure vire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire à l’échec. Les défaites concédées contre les Pays-Bas (0-2) puis l’Ecosse (0-1) collent la Suisse en fond de classement. Loin, très loin des révélations croates et tchèques de cette compétition.

2004: la bonne note Vonlanthen

Privés sur le fil d’une participation à l’Euro 2000 et passés très loin d’accrocher une place pour la Coupe du monde asiatique de 2002, Stéphane Chapuisat et Cie renouent avec les grandes compétitions au Portugal. Huit ans après le fiasco anglais. C’est à l’issue d’un match final rondement mené contre l’Eire que la Suisse a pu s’inscrire sur un vol en direction du pays du fado. Avec le capitaine Jörg Stiel, l’attaquant vaudois est promu chef de file d’une génération pleine de promesses (Ricardo Cabanas, Alexander Frei, Daniel Gygax, Ludovic Magnin, Patrick Müller, Hakan Yakin, Johan Vonlanthen…). L’espoir de jouer les trouble-fête est bien ancré dans la tête du groupe conduit par Köbi Kuhn et son adjoint Michel Pont. Tous deux savent néanmoins que le premier match du groupe contre la Croatie sera capital.

Hélas, ni leurs hommes ni leurs adversaires ne prennent le jeu à leur compte ce 13 juin 2004 à Leiria. Le jeu reste condensé à mi-terrain, encore plus après que Johann Vogel se soit bêtement fait expulser. En perdant le pilier de son entrejeu, la Nati se retrouve à court d’arguments. Elle ne peut que s’évertuer à tenir le 0-0. Performance qu’elle s’avérera incapable de reproduire ensuite à Coimbra, tant contre l’Angleterre (défaite 3-0) que face à la France (défaite 3-1). Néanmoins, Johan Vonlanthen amène une fabuleuse éclaircie dans le monde du foot suisse. En égalisant face aux «Bleus», le petit attaquant fribourgeois âgé de 18 ans et 4 mois devient le plus jeune buteur de l’histoire de l’Euro. Sa marque tient encore aujourd’hui.

2008: le plus gros échec

Incapable de battre l’Ukraine vingt-quatre mois plus tôt en 8es de finale de la Coupe du monde, la Suisse fait presque rire le continent tout entier en annonçant qu’elle entend remporter l’Euro qu’elle coorganise avec l’Autriche. L’étonnement est d’autant plus fort chez nos voisins que le nouveau capitaine Alexander Frei – qui a succédé à un Johann Vogel écarté sans ménagement par Köbi Kuhn en mars 2007 – et ses partenaires sortent d’une campagne de matches amicaux totalement fade. A l’exception d’une victoire marquante signée contre les Pays-Bas à Genève, le groupe a en effet plié devant l’Autriche, la Colombie, le Japon ou encore le Nigeria. Il y a mieux pour avancer le torse bombé.

Néanmoins, l’espoir reste grand le 7 juin 2008 lorsque la Suisse ouvre «son» Euro contre la République tchèque sur la pelouse du Parc Saint-Jacques. Il dure en tout et pour tout quarante minutes. Soit le temps que le genou de Frei rompe sur un changement de rythme et que les larmes du capitaine n’émeuvent tout le pays.

Jamais Diego Benaglio – lequel a pris la place de Pascal Zuberbühler dans la cage après des semaines de débat – et ses partenaires ne se remettront de ce coup du sort. Sorti de nulle part, Vaclav Sverkos leur donne un deuxième coup sur la tête en marquant le seul but de la rencontre. Quatre jours plus tard, c’est sous des trombes d’eau apocalyptiques que les Helvètes se noient définitivement devant la Turquie (défaite 1-2). L’ouverture de la marque signée Hakan Yakin (32e) est en effet balayée par Semih Sentürk (57e) puis par Arda Turan (93e) au bout du temps additionnel.

Eliminés, les hommes de Kuhn s’imposeront certes le 15 juin contre un Portugal «B» déjà qualifié (2-0), mais les regrets seront éternels.

Créé: 07.06.2016, 07h02

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