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La Suisse n’a pas tenu le choc

Le Portugal a dominé les débats, à l’image de Cristiano Ronaldo qui s’élève plus haut que Schär. Les joueurs de Petkovic ont raté leur examen de passage. Ils devront batailler en barrage afin d’assurer leur place en Russie.

A l'image de Stephan Lichtsteiner, les Suisses ont pris l'eau face au Portugal.
A l'image de Stephan Lichtsteiner, les Suisses ont pris l'eau face au Portugal.
LAURENT GILLIERON

L’équipe de Suisse n’a pas pu éviter le pire des scénarios, celui qui consistait à se laisser coiffer sur le fil par le Portugal. Elle devra donc passer par le barrage de novembre afin d’assurer sa place lors de la prochaine Coupe du monde.

Sur ce qu’elle a montré mardi soir, ou plutôt sur ce qu’elle n’a pas réussi à développer, le verdict ne souffre aucune discussion. Même sans se montrer irrésistible, le champion d’Europe s’est révélé supérieur, aussi bien dans son expression collective que dans la valeur de ses individualités, à commencer par le magnifique Bernardo Silva. Et jusqu’à preuve du contraire, c’est souvent le talent pur de quelques-uns qui, dans les grands moments, contribue à faire les différences marquantes.

Les Suisses avaient décrété avant-match, avec pas mal de lucidité d’ailleurs, qu’ils n’étaient pas faits pour spéculer sur un résultat nul, en livrant autrement dit un match d’attente, et que la nature profonde de cette équipe l’incitait plutôt à jouer avec l’idée d’aller vers l’avant, comme elle tente de le faire d’habitude.

Mais voilà, ni le contexte ni l’adversaire n’étaient tout à fait ordinaires. Ainsi, pendant près d’une mi-temps, les joueurs de Vladimir Petkovic ont cherché à exploiter toutes les possibilités de garder la balle, même s’il fallait le faire dans leur camp, assez bas parfois. En s’efforçant d’éteindre tous les incendies qui pouvaient s’annoncer, ils ont tenu leur adversaire loin de Sommer.

En électron libre sur le front de l’attaque portugaise, Ronaldo n’a pratiquement jamais trouvé les espaces ou les relais qui le rendent si dangereux. On avait donc l’impression que la mission, du moins sur le plan défensif, était en train de s’accomplir. Certes, Bernardo Silva avait testé les réflexes du gardien suisse (32e), alors qu’un Lichtsteiner râleur s’était laissé aspirer au centre, mais rien de fâcheux. Jusqu’à la 41e minute et un centre d’Eliseu venu de la gauche, qui créait une situation malheureuse avec le carambolage Joao Mario-Djourou-Sommer et ce ballon qui prenait tranquillement le chemin des buts. Le Portugal venait ainsi de s’inventer un but décisif avec presque rien.

Par la suite, on aurait voulu voir la Suisse chercher à effacer son retard avec davantage de maîtrise, de rage aussi. Mais cette capacité à changer d’orientation demande une maturité – cette fameuse maturité dont il a tant été question depuis quelques mois – que la Suisse d’aujourd’hui ne possède pas encore, même si les apparences avaient pu laisser croire le contraire.

Face à un adversaire aussi solide que le Portugal, le programme n’a donc pas pu être tenu, ni en défense, ni au milieu, ni devant. Certes, la double introduction de Zuber et d’Embolo – pour Dzemaili et Mehmedi, complètement transparents – avait constitué un signe clair. Mais la Suisse n’a jamais donné l’impression de pouvoir changer le cours de cette «finale».

Trop de lacunes

Il n’y a pas de honte, bien sûr, à s’incliner devant un adversaire de ce calibre. Mais la Suisse a montré trop de lacunes au moment où on lui demandait d’afficher ses progrès. En ce sens, au-delà de la déception qui accompagne un match perdu, il s’agit bien d’une leçon. Qu’il faudra méditer un peu et surtout assimiler très vite puisque l’année 2017 n’est pas terminée.

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Portugal - Suisse 2-0 (1-0) Lisbonne. Stade de la Luz. 61 546 spectateurs.

Arbitre: M. Cakur (Tur).

Buts: 41e Djourou (autogoal) 1-0. 57e André Silva 2-0.

Portugal: Rui Patricio; Cédric, José Fonte, Pepe, Eliseu (68e Antunes); Bernardo Silva, Moutinho, William, Joao Mario (91e Danilo); André Silva (75e André Gomes), Ronaldo.

Suisse: Sommer; Lichtsteiner, Schär, Djourou, Rodriguez; Freuler (46e Zakaria), Xhaka; Shaqiri, Dzemaili (66e Zuber), Mehmedi (66e Embolo); Seferovic.

Notes: la Suisse sans Gelson Fernandes, Edimilson Fernandes, Behrami et Bürki, blessés. Avertissements: 27e Freuler. 45e Eliseu. 69e Zakaria.

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