«Les Suisses ont l’obligation d’élever leur niveau de jeu»

Hockey sur glace - Mondiaux en Russie Pour Gil Montandon, consultant sur la RTS, les Helvètes ne doivent pas rater leur départ, dès samedi à Moscou contre le Kazakhstan.

A Patrick Fischer de trouver les mots et le bon système pour que la Suisse prenne son envol à Moscou.

A Patrick Fischer de trouver les mots et le bon système pour que la Suisse prenne son envol à Moscou. Image: keystone

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Poussive, inconstante et plutôt moyenne, la Suisse, celle de Patrick Fischer, Reto Von Arx et Felix Hollenstein, peut-elle faire aussi bien qu’en 2013? A-t-elle les moyens d’imiter la bande de Simpson qui avait rendu possible l’impossible en revenant au pays avec une médaille autour du cou? Alors que la Suède et la Lettonie ouvrent le bal de ces Mondiaux de hockey ce vendredi après-midi au VTB Ice Palace de Moscou, les Helvètes se mettront en piste dès samedi sur la même patinoire pour affronter le Kazakhstan. Avec, déjà, une grosse pression. Et, surtout, encore plein d’interrogations dans leur jeu…

«J’ai quelques craintes»

«Il faut espérer que nos adversaires ne se présenteront pas avec vingt-cinq snipers en face!» C’est quelque peu dubitatif que l’ancien international Gil Montandon avait quitté les Vernets la semaine dernière après la première partie amicale face aux Lettons. «Que ce soit au niveau de l’intensité, de la prise de décision, du culot et de l’audace, c’était assez maigre», a constaté, amer, l’ex-attaquant tout aussi circonspect et inquiet le lendemain à Neuchâtel durant deux premiers tiers face à cette même formation lettonne. Et toujours pas pleinement rassuré lundi à Bâle lors du chiche succès acquis face à l’Allemagne.

«Maintenant, on ne va pas les accabler avant que le tournoi ne commence, j’ai aussi été joueur mais j’ai tout de même quelques craintes», soupire le Neuchâtelois de 51 ans, même si la grosse présence de Nino Niederreiter, la star des Minnesota Wild, l’a quelque peu rasséréné.

Après l’Ascension, cette Suisse-là, si peu convaincante, a-t-elle les moyens de… décoller dès demain à Moscou? «Si notre équipe nationale entend se qualifier pour les quarts de finale, elle a l’obligation d’élever son niveau de jeu, ajoute l’ancien entraîneur de Viège. Car aux championnats du monde tout est plus fort et tout va aller plus vite.»

Et cela commence déjà ce samedi face aux Kazakhs! «Ce sont des petits Russes, hypercomplets, très techniques, prévient Montandon. Si on leur laisse un petit peu de mouvement et de l’espace en zone offensive, il y a quatre ou cinq gars au-dessus du lot qui peuvent faire mal. Tout dépend aussi de la qualité de leur gardien qui peut faire la différence. Aux Suisses de ne pas arriver avec le couteau entre les dents avec l’idée de tout fracasser, parce qu’avec ce que les Helvètes nous ont montré jusque-là, cela ne va pas suffire!»

Attention à Daugavins

Pour le consultant de la RTS, une qualification au tour suivant passera forcément par un bon départ face aux formations moins huppées que les Russes, la Suède ou la République tchèque. «Si un exploit est toujours possible contre ces grosses équipes-là, autant mettre des points au chaud d’entrée, poursuit l’ex-capitaine de Gottéron. Mais que ce soit contre la Norvège ou le Danemark, qui ont effectué de gros progrès, ce ne sera pas une sinécure pour la Suisse même si contrairement à ces adversaires, Fischer peut compter sur quatre grosses lignes. Avec un excellent Elvis Merzliklins dans la cage et cet extraordinaire playmaker qu’est Kaspars Daugavins, c’est la Lettonie qui risque de poser le plus de problèmes aux Helvètes. Que ce soit à Genève et à Neuchâtel, les deux équipes étaient très proches.»

Si Gil Montandon accorde, lui aussi, toute sa confiance à Robert Mayer et Reto Berra, qui ont démontré plein d’assurance lors de leurs trois dernières sorties, il n’aurait pas forcément sélectionné les mêmes hommes que Patrick Fischer devant les deux gardiens. «Dans un groupe, tu as besoin d’un panel de joueurs différents, estime-t-il. C’est bien d’avoir un «gros bœuf» mais tu as aussi besoin d’un gars plus technique et malin à côté de lui que tu peux laisser monter. Christian Marti a certes un beau gabarit mais par rapport à un Loeffel je l’ai trouvé très moyen. Maintenant, le coach a certainement estimé que Raphael Diaz, défenseur offensif et droitier comme Romain, était physiquement un poil plus gros et plus expérimenté que le Servettien. L’entraîneur fait des choix, on verra plus tard s’il avait raison. Quelque chose peut se passer dans l’équipe comme en 2013 en Suède. On l’a vu aussi avec Berne en play-off, tout peut arriver. Après si on ne tombe pas tout de suite sur le Canada ou les Etats-Unis en quarts, qui sait. Mais il y a encore du boulot!» En attendant, que la Suisse élève son niveau, on peut toujours rêver…


Yannick Weber: «Fischer fait du bon boulot»

Yannick Weber, à peine nommé, Patrick Fischer a décidé de vous confier de grosses responsabilités…

Je l’ai connu en 2014 à Minsk lors des Mondiaux lorsqu’il était l’assistant de Sean Simpson. Il est venu me voir à Vancouver cette saison et nous avons eu le temps de parler longuement. Il m’a exposé sa vision pour l’équipe et m’a dit ce qu’il attend de moi.

Et alors…?

Il veut un jeu solide à cinq contre cinq et je dois essayer de délivrer une bonne première passe. Ensuite, s’il y a la possibilité d’être actif dans la zone de défense adverse, il faut y aller. C’est surtout en power-play que le coach attend aussi beaucoup de moi. Nous devons faire vivre le puck et prendre des shoots dans ces situations qui prennent encore plus d’importance lors d’un championnat du monde. On sait que c’est très souvent là que se décide le sort des matches.

Avec ses deux assistants, Reto von Arx et Felix Hollenstein, Patrick Fischer semble vouloir inculquer davantage de «suissitude» dans le vestiaire.

Nous étions l’une des dernières équipes qui n’avait pas un coach de son pays. C’est un changement positif. Ils insistent beaucoup plus sur la fierté de représenter la Suisse. Dans le vestiaire, on parle désormais allemand ou français.

Ce trio a peu, ou pas, d’expérience du coaching. Est-ce un souci?

Non, pas du tout. Déjà, ce sont trois personnes qui ont eu une très grande carrière de joueur en Suisse. Ils ont une immense expérience et peuvent nous transmettre beaucoup de choses positives. Pour moi, et même si c’est nouveau pour lui, le coach fait vraiment du bon boulot et nous prépare très bien pour ce championnat du monde.

Après une saison moyenne à Vancouver, ce Mondial peut vous permettre de rebondir aux yeux des décideurs des clubs nord-américains. Prenez-vous cette compétition comme un défi personnel?

C’est vrai que quand tu rates les play-off, l’été est beaucoup trop long sans un championnat du monde. Je le prends surtout comme une chance de me mettre en évidence. Mais cela ne passera que par le succès collectif.

Grégoire Surdez

Créé: 06.05.2016, 09h33

Power-play

Championnat du monde à Moscou (6-22 mai).

Le programme des Suisses:
7 mai (12h15): Kazakhstan
8 mai (16h15): Norvège
10 mai (16h15): Danemark
11 mai (16h15): Lettonie
14 mai (16h15): Russie
15 mai (20h15): Suède
17 mai (12h15): Rép. tchèque

19 mai: début des quarts.

La sélection.

Gardiens:
Berra (Colorado/NHL), Mayer (Ge/Servette), Zurkirchen (Ambrì).

Défenseurs: Blum (Berne), Diaz (New York Rangers/NHL), Du Bois (Davos), Geering (Zurich), Grossmann (Zoug), Marti (AHL), Schneeberger (Davos), Weber (Vancouver/NHL).

Attaquants: Ambühl (Davos), Andrighetto (Canadien de Montréal/NHL), Haas (Bienne), Hofmann (Lugano), Hollenstein (Kloten), Martschini (Zoug), Moser (Berne), Niederreiter (Minnesota/NHL), Schäppi (Zurich), Trachsler (Zurich), Walker (Lugano), Walser (Davos), D. Wieser (Davos),
M. Wieser (Davos).

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