Les Suissesses passeront un été à l’ombre

FootballLa Coupe du monde qui débute vendredi en France se jouera sans la Suisse. Une exposition importante et vitale gâchée pour le football féminin helvétique.

En Suisse, le statut de footballeuse professionnelle n'existe pas. Alors à quoi peuvent rêver les jeunes joueuses romandes?
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Figure centrale du développement du football féminin en Suisse depuis 2012, Martina Voss-Tecklenburg n’est plus à la tête de l’équipe nationale. L’entraîneure allemande est retournée au pays – elle dirige désormais la sélection allemande – après l’élimination au mois de novembre de la Suisse en barrage face aux Pays-Bas.

«Elle était une locomotive», a dit Laurent Prince, directeur technique à la Fédération suisse de football (ASF), au sujet de l’ex-sélectionneuse de l’équipe de Suisse dans les colonnes de la «NZZ». L’Allemande s’était battue pour renforcer les structures et professionnaliser le foot féminin en Suisse. Aujourd’hui, les internationales sont bien entourées et disposent par exemple d’un staff technique et médical qui répond aux exigences actuelles du haut niveau. Le successeur de Voss-Tecklenburg, Nils Nielsen, finaliste de l’Euro 2017 avec la sélection danoise et coach expérimenté chez les dames, est appelé à poursuivre les efforts entrepris jusqu’ici, avec pour objectif l’Euro de 2021 en Angleterre.

En attendant, les Suissesses, même si elles ont réussi au cours des dernières années à se hisser parmi les 20 meilleures nations mondiales, regarderont la Coupe du monde, qui s’étendra du 7 juin au 7 juillet en France, partiellement à la TV: en Suisse, seuls le match d’ouverture, les demi-finales et la finale seront diffusés par le service public.

La phase de qualification s’était pourtant déroulée sans accroc majeur. Les Suissesses étaient en première position de leur groupe jusqu’à la dernière ronde, avant de tout perdre et de tomber dans la gueule du loup: un barrage couru d’avance face aux Néerlandaises, championnes d’Europe en 2017. Pour l’internationale fribourgeoise Sandrine Mauron, convalescente après une blessure lorsque les Suissesses ont vu leur rêve de Coupe du monde s’envoler en fin d’année dernière, cette élimination n’est toujours pas digérée. «Plusieurs mois après, cela fait toujours mal d’y repenser, explique l’ancienne joueuse d’Yverdon et du FC Zurich. Disputer une Coupe du monde en France, dans un pays qui aime et médiatise autant le football, aurait représenté une fantastique opportunité.»

Championnat trop faible

Pour une équipe nationale comme la Suisse, en quête de croissance et d’acceptation, cette non-qualification est une immense occasion gâchée en termes d’exposition médiatique de tout premier ordre. Aux États-Unis, le «New York Times» a consacré un supplément de onze pages au tournoi féminin qui débute ce vendredi. L’équipe américaine, il est vrai, est championne du monde en titre.

Les Suissesses, de la partie lors de l’édition 2015 et présentes à l’Euro en 2017, passeront les prochaines semaines «à l’ombre» pendant que les Jamaïcaines, Coréennes du Sud ou encore Australiennes brilleront à leur place sous les projecteurs de la Coupe du monde.

Il reste du chemin à parcourir avant de se hisser au niveau des meilleures nations, et celui-ci passe par l’étranger. Les Suissesses les plus prometteuses quittent le pays de plus en plus tôt, mais cet exode de talents a pour conséquence d’affaiblir considérablement le championnat national, qui se console finalement en endossant malgré lui un statut de formateur. «Il n’y a que huit équipes et pas suffisamment de concurrence. Avec le FC Zurich, nous avons remporté le titre avec 25 points d’avance. Pour progresser et être à niveau sur le plan international, nous sommes obligées de partir à l’étranger dans des championnats beaucoup plus compétitifs», souligne Sandrine Mauron. À 22 ans, elle rejoindra le club de Francfort, en Bundesliga allemande, cet été. «Mais en même temps, lorsque les meilleures s’en vont, cela n’aide pas le championnat de notre pays. C’est là le grand dilemme…»


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Créé: 07.06.2019, 08h21

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