Éliminé à Melbourne, «RF» revient sur terre battue

TennisDouble tenant du titre de l'Open d'Australie, Roger Federer est tombé contre le Grec Stefanos Tsitsipas, en 8es de finale.

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C’est dur de jouer au tennis sans coup droit, même quand on s’appelle Roger Federer. En huitième de finale de l’Australian Open, le Bâlois avait en face de lui un jeune très prometteur, Stefanos Tsitsipas, 20 ans et toutes ses dents. Eh bien le jeune Grec a proposé mille misères à un Suisse qui n’était pas dans un bon jour, dès le début du match. Et tout au long de la partie, pour créer l’énorme sensation: éliminer Federer 6-7 7-6 7-5 7-6. Avec 40 fautes directes en coup droit, le Bâlois aura grimacé tout du long.

«Je n’étais pas blessé, lançait sportivement Federer. Je suis même très content de mon niveau physique. Seulement voilà, quand tu rates tant de balles de break, tu le paies. Et puis c’est vrai, mon coup droit n’était pas au mieux. Tsitsipas prend la balle très tôt, ce n’est pas simple de se régler, mais j’ai aussi commis des erreurs. Voilà, je vais maintenant parler avec mon staff, pour comprendre ce qui s’est passé. Je quitte le tournoi plus tôt que prévu, trop tôt, oui. Mais j’ai perdu contre un jeune très fort, c’est au moins ça. La vie continue. Le point positif, c’est mon physique, je vais très bien. Et mon niveau de jeu, que j’estime bon.»

Coup droit à la dérive

C’est à l’expérience que le boss a abordé le premier tie-break. Mais il aura dû puiser dans ses ressources pour tenir longtemps avant de pouvoir passer enfin l’épaule, pour empocher la manche après un bras de fer où chacun a eu sa chance jusqu’à 13-11. Les occasions étaient là, mais Federer peinait à les concrétiser. Il avait servi beaucoup de premières balles avant le jeu décisif: il manquait alors de tranchant et cela annonçait déjà ses problèmes lors du deuxième set.

Avant de perdre cette deuxième manche au tie-break, il aura ainsi galvaudé toutes les opportunités de mener deux sets à rien. Au total des deux premières manches, Federer en était déjà à dix balles de break non converties. Et surtout à quatre balles de deuxième set ratées alors qu’il menait 5-4. La raison? Principalement un coup droit à la dérive: sans tranchant dans l’échange ou alors carrément absent, pour un total de 20 fautes directes en coup droit à l’aube de ce deuxième tie-break. Le seul secteur de jeu qui plaçait Federer à l’abri de la sérieuse sortie de route, c’était le service. Aucune balle de break concédée avant le tie-break No 2. Mais c’est à ce moment que sa première balle se dérobait, le laissant alors à la portée des coups de Tsitsipas, qui égalisait à un set partout (7-3).

Si Stefanos Tsitsipas n’aurait jamais dû remporter cette deuxième manche avec un Federer plus incisif et plus précis en coup droit à 5-4, il faut saluer la performance de ce jeune Grec de 20 ans. Sa progression a été fulgurante et on comprend pourquoi: il a un talent fou. Et un potentiel énorme.

Dans le troisième set, les problèmes persistants de Federer se sont encore aggravés. Il a égaré deux balles de break à 3-3, vilaine habitude d’une mauvaise soirée, surtout la première sur une nouvelle faute directe en coup droit. Avant de concéder à son tour des balles de jeu sur son service. Mais s’il sauvait les deux premières à 4-3 pour le Grec, il perdait à nouveau pied sur son service à 6-5 pour Tsitsipas en offrant le set sur une énième grossière erreur en coup droit.

Retour sur terre battue

Mené deux manches à une, dos au mur, ce n’était pas Federer le magnifique sur le court: cet homme n’a en fait jamais été présent, malheureusement. C’était un joueur à la peine, qui arborait le masque des mauvais jours. Et qui s’accrochait uniquement grâce à son service et à quelques revers. Cela n’a pu durer qu’un temps. Jusqu’à cet ultime tie-break du 4e set. Que Federer laissait encore échapper, inexorablement. Il a quitté la Rod Laver Arena défait, la tête basse, marqué. Cette élimination rappelle sa fin de saison dernière bancale, déjà. Federer est un génie pour toujours. Mais il a 37 ans.

Pourtant, cela ne l’empêchera pas de disputer la saison sur terre battue, avec comme point d’orgue sa participation à Roland-Garros cette année. «Cela faisait un moment que je ne jouais plus sur terre battue, pour différentes raisons, la blessure notamment, expliquait-il. Mais je me sens bien et je ne voulais pas faire un immense break, comme l’année dernière. Je serai à Roland-Garros. J’ai envie de jouer sur terre battue encore une fois.» De là à interpréter cette dernière phrase comme une annonce de son dernier Roland-Garros, il n’y a qu’un pas.

Créé: 20.01.2019, 14h23

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