Roger Federer manie l’art et la manière pour filer en demi-finale

TennisImpitoyable, le No 2 mondial a démoli Murray au Masters. Il y jouera samedi une douzième demi-finale. Prodigieux!

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Se qualifier pour les demi-finales du Masters avant même de devoir «grimper» sur le court pour y disputer son troisième match du tournoi, c’est certainement cela la force des champions. Et puisqu’il en est un énorme, pour ne pas dire le plus grand, Roger Federer avait appris hier après-midi déjà – par la grâce du set perdu par Kei Nishikori contre le remplaçant de luxe David Ferrer – que sa place dans le dernier carré était réservée. Avec ses initiales brodées en lettres d’or sur le dossier.

Mais, parce qu’il a le respect du jeu, le Bâlois a tenu à aller jusqu’au bout des choses et à honorer son engagement. Lui qui avait émis le souhait de boucler sa phase de poules avec une feuille vierge de tout revers a fait encore mieux en livrant une démonstration pour démolir Andy Murray, son malheureux adversaire (6-0 6-1, en 56 minutes). Avec une aisance si déconcertante qu’il apparaît légitime de penser qu’il a eu plus de peine à coucher ses jumeaux la veille…

Une autre dimension

Et l’O2 Arena, qui n’apprécie rien tant que le grand tennis, n’a même pas envisagé de lui en vouloir. Pourtant, laminer le joyau de la couronne sur ses terres s’apparente à un crime de lèse-majesté. Sauf que l’aura et la grandeur du Bâlois sont telles que tout lui est pardonné. La halle entière s’est même sentie privilégiée de voir le «Maître» dérouler sa fabuleuse partition en son sein. Précis comme dans ses plus beaux jours, à l’aise tel qu’il l’est depuis le début de la semaine, le No 2 mondial a fait valoir sa science du jeu pour reprendre l’ascendant dans ses confrontations directes avec son bourreau des derniers JO (12 victoires à 11 désormais). Et placer une douzième fois sa bouille souriante dans le dernier carré d’un tournoi des «Maîtres».

Devant une salle comble, Murray a très vite eu des raisons d’être «angry». Alors que son service n’avait pas franchi les contrôles de sécurité à l’entrée de l’antre londonien, son revers péclotait, son coup droit déraillait et ses jambes ne répondaient pas pour aller chercher les subtils amortis d’un «Maître» plongé dans une autre dimension. Breaké d’entrée, il lâchait sa frustration aux quatre coins du court. Là où, à chaque échange, le Bâlois lui proposait une petite visite.

100% suisse?

Attaqué, bousculé, acculé, le champion olympique ne donna jamais l’impression de pouvoir s’opposer à la féroce détermination de l’homme aux 17 titres du Grand Chelem. Même sa compagne dut se résoudre à applaudir les volées déposées de son bourreau! Qui, après lui avoir infligé une roue de vélo, manqua d’un rien de lui construire sa bicyclette en fin de deuxième manche.

Sur son art perché, «Maître Federer» a bouclé sa soirée en recevant une standing ovation et l’hommage de sa victime – «Il a livré une performance exceptionnelle». Le Bâlois n’attend donc plus que de connaître le nom de son prochain adversaire. Et s’il croisait samedi soir le fer avec un certain… Stan Wawrinka? Une semaine avant que les deux hommes ne doivent marcher main dans la main contre la France, un duel 100% helvétique aurait l’heur de rendre encore plus palpitante la fin de ce Masters qui, hier, a atteint un sommet de pureté.


Wawrinka: une demi-finale sinon rien

Une seule mission: oublier, passer à autre chose. Pour rebondir, une fois de plus. Quarante-huit heures après sa lourde défaite contre Novak Djokovic, Stan Wawrinka n’aura pas le choix s’il entend s’offrir ce soir une deuxième fois sa place en demi-finale en deux participations au Masters. Le Vaudois doit ranger dans un placard le souvenir de sa piètre performance de mercredi. «Je suis passé à côté de mon match contre «Nole», j’accepte cette défaite et j’ai déjà tourné la page», assure-t-il avant le moment de vérité contre Marin Cilic (21 h).

Tout à l’heure, le lauréat de l’Open d’Australie aura l’avantage de partir avec les faveurs de la cote face à un Croate qui traîne son spleen depuis le début de la semaine – six jeux marqués seulement en quatre sets disputés! «Je l’ai battu deux fois cette année (ndlr: Stan mène 7-2 dans leurs confrontations directes) et je sais que je peux encore le faire, observe-t-il. Ce sera à moi d’imposer mon tennis, de lui mettre la pression. Malgré ma défaite contre Djokovic, j’ai encore d’énormes chances de me qualifier pour le dernier carré. Et j’y crois très fort, notamment car je joue très bien actuellement. J’ai réalisé un grand match contre Berdych et je suis en forme à l’entraînement…»

A Londres, personne n’a oublié qu’avant la «trouée» de mercredi, Wawrinka avait dégagé une forte impression face au No 7 mondial, qui fut dominé dans tous les compartiments du jeu. Il apparaît ainsi difficile de croire que sa performance d’alors n’était qu’une éclaircie dans un horizon bouché depuis le début de l’automne. Pour le prouver, Stan devra notamment s’améliorer sur son engagement, défaillant contre le Serbe, mais aussi éviter de surjouer comme il a parfois tendance à le faire depuis sa prestation «fuoriclasse» de Melbourne. «Je veux me concentrer sur mon propre jeu, même si Cilic sera peut-être plus relâché que lors de ses deux premiers matches»…

Puisqu’il semble certain que Djokovic ne s’inclinera pas cet après-midi contre Berdych, une victoire devrait suffire au Vaudois pour intégrer le «club des 4». Et faire en sorte qu’à Londres, un Marin déchante… A.CE. (TDG)

Créé: 13.11.2014, 22h59

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