Tessa Worley, la puce haut-savoyarde, avance à pas de géant

Ski alpinLa Française n’est plus très loin du podium. Elle va jouer la victoire ce lundi à Lienz avec Lara Gut et Eva-Maria Brem.

Tessa Worley, championne du monde de géant en 2013, renaît à l’ambition après deux saisons compliquées.

Tessa Worley, championne du monde de géant en 2013, renaît à l’ambition après deux saisons compliquées. Image: EPA

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Elle tourne autour du pot ou plutôt du podium depuis le début de la saison. Elle le sait, Tessa, qu’elle n’est plus très loin. Que sans cette sortie de piste, dimanche passé à Courchevel, Mademoiselle Worley aurait même pu s’installer sur la plus haute marche devant Eva-Maria Brem et Lara Gut. La victoire tend à nouveau les bras à cette grande spécialiste de géant, championne du monde de la spécialité en 2013 à Schladming.

Née il y a vingt-six ans d’un père australien et d’une mère française, la fille du Grand Bornand, victorieuse à huit reprises en Coupe du monde, renaît à l’ambition après deux hivers compliqués où il a fallu réparer le ligament croisé du genou droit avant de retrouver ses automatismes et sa confiance. Petite par la taille, immense par le talent, la «Puce» de Haute-Savoie, 157 cm, yeux bleus, crinière blonde et sourire ravageur, sera l’une des principales favorites avec la Tessinoise et l’Autrichienne ce lundi à Lienz. On l’avait rencontrée il y a dix jours à Val d’Isère…

Si vous deviez vous définir, que diriez-vous de vous?

Je dirais une fille assez simple, passionnée par le ski, qui se fait plaisir avec son sport. J’espère faire passer de la joie autour de moi.

Vous avez partagé votre jeunesse entre la France et la Nouvelle-Zélande. Et la Suisse?

Je suis née à Annemasse, près de Genève. On est à deux pas de la frontière mais c’est au Grand Bornand et au Mont-Lyford (NZ) que j’ai surtout passé mon enfance. La Suisse? J’ai de la famille dans le canton de Fribourg et mon frère suit des études de médecine à Genève.

A part le ski, avez-vous d’autres passions?

Le ski prend beaucoup de place dans ma vie mais j’aime bien lire, écouter de la musique, voir des films ou créer des choses. Je suis assez touche-à-tout. Je suis également des cours de biomédical à Fribourg, cela me change les idées et ça me fait du bien.

Si vous n’aviez pas été skieuse?

La question ne s’est jamais posée. J’aurais voulu apprendre plein de choses et voyager, ce que m’offre le ski. De toute manière cela aurait été dans le milieu du sport.

A cheval par exemple?

J’ai un cousin qui a fait de l’équitation en compétition. Il a atteint un bon niveau national. Dans la famille on possède aussi des chevaux, mais je n’ai pas trop le temps de monter. Comme mon frère, on aime bien ça, c’est un beau sport. Mais on a préféré les études et cela prend aussi du temps.

Quand on devient championne du monde, cela change-t-il la vie d’une fille, d’une athlète?

Ça change dans le sens où j’ai cette fierté intérieure d’avoir réalisé un de mes rêves les plus fous. C’était un bon moment et des beaux souvenirs que je conserve.

On est aussi attendue au tournant. Y a-t-il plus de pression?

On est déjà attendue par soi-même. Et, oui, il y avait forcément une attente extérieure. Mais j’ai vécu une année post-championnat du monde un peu particulière. Après avoir décroché une victoire le 14 décembre 2013 à Saint-Moritz, je me suis blessée trois jours plus tard à Courchevel. Après j’étais hors circuit…

Et ce, deux mois avant les JO de Sotchi alors que vous étiez dans une forme olympique. On se dit que cela doit arriver une fois dans une carrière. Ou non?

Je me disais que cela n’allait pas m’arriver, oui. Et tout d’un coup, d’un seul, tout s’effondre. On se dit alors qu’on est humain, qu’on a certainement commis des erreurs pour connaître cela. Alors on se remet en question et on va de l’avant…

Avez-vous, malgré tout, regardé les Jeux à la télé?

Oui, bien sûr. J’ai pris le temps de bien accepter ma blessure pour pouvoir en revenir aussi bien que possible. J’ai pu ensuite regarder les autres et les compétitions avec, forcément, l’envie d’y être. C’était une envie plutôt positive qui me ramenait à des mois de rééducation et le nombre de jours qui me séparait du ski diminuait petit à petit. J’allais revivre tout cela. Il n’y a pas eu Sotchi, mais il y aura encore plein d’autres événements…

A commencer par les Mondiaux de Saint-Moritz l’an prochain…

Et j’aime bien l’endroit. J’apprécie cette piste, elle est superbe. Cela peut vraiment faire une belle fête là-bas.

Vous avez disputé le super-combiné à Val d’Isère, la descente pour vous c’est nouveau?

Oui, c’est un très bel outil pour le super-G et pour progresser en vitesse. Je n’ai pas le même poids que Lindsey Vonn mais il n’y a pas de vérité en termes de gabarit, regardez Lara Gut. Le ski c’est vraiment avec ses armes et il faut savoir utiliser ses skis de haut en bas de la piste sur tout le long de la courbe. Je m’amuse un peu en descente à le faire et petit à petit gommer les petites appréhensions qu’on peut avoir en vitesse.

Cinquième, quatrième, vous vous rapprochez du podium…

Oui, je me sens bien, en forme. Je suis contente de ces résultats même si j’ai envie de plus. J’ai besoin de passer un petit cap et d’une petite étincelle pour aller chercher un podium.


«J’aimerais avoir le don de voler!»

Durant une journée, par curiosité, vous aimeriez vous retrouver dans la peau de quoi ou de qui?

Je n’ai jamais réfléchi à ça. Mais ce serait dans la peau d’un guépard, d’un animal qui va super vite, la liberté de cette vie-là. Après de qui? Peut-être de Roger Federer. De voir comment il vit les choses, ses victoires, son tennis, comment il excelle. Je joue aussi mais à mon niveau, tranquille…

Qu’est-ce qui vous fait rire dans la vie?

Tous les bons moments partagés avec des amis, la famille. J’aime faire la fête aussi. Je suis quelqu’un d’assez joyeuse. Il y a beaucoup de choses qui me font sourire en tout cas.

Avec quelle personnalité aimeriez-vous partager une bonne soirée et un bon repas?

Je vais peut-être me répéter mais, oui, ce serait Roger Federer. On pourrait partager nos expériences de sportifs…

Et au restaurant, que choisissez-vous sur la carte?

Cela pourrait être un risotto ou alors une bonne viande rouge!

On dit que l’homme descend du songe. Et vous, c’est quoi votre rêve?

Mon rêve? De simplement faire ce que je fais en étant hyperépanouie avec la réussite qui va avec. Je rêve de médailles et de victoires et de continuer à me faire plaisir encore quelques années.

Quel don aimeriez-vous posséder?

J’aimerais avoir le don de voler! Ça doit raccourcir les voyages…

Quelle est votre devise?

Peut-être «carpe Diem», cueille le jour présent sans te soucier du lendemain. Ou alors «No pain, no gain» (pas d’effort, pas de récompense), car on n’a rien sans le travail même avec du talent. J’aime bien le travail bien fait.

Donnez-nous trois bonnes raisons de croire en vous…

Je suis motivée, j’aime ça et je m’éclate!

Créé: 27.12.2015, 21h44

Au programme

Dames à Lienz

Lundi
10h30/13h30 Slalom géant

Mardi
10h30/13h30 Slalom

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