Tilt met la concurrence dans le vent pour s’offrir un Bol d’Or renversant

Voile: Bol d’Or MirabaudLa jeune équipe a devancé Alinghi et Ladycat dans une 77e édition mouvementée

 Tilt franchit la ligne en vainqueur après 12?h 05’ 58” avec 18 petites secondes d’avance.

Tilt franchit la ligne en vainqueur après 12?h 05’ 58” avec 18 petites secondes d’avance. Image: MAURANE DI MATTEO

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Un regard d’un père pour son fils. Le sourire d’un fils pour un père. Noyés sous les vivats de la foule et les gouttes de champagne, ils savourent un succès à la saveur particulière. Peu de mots. Juste quelques-uns, essentiels, déposés au creux de l’oreille. Alex Schneiter et Sébastien sont trempés jusqu’aux os après l’obligatoire passage à l’eau réservé au vainqueur du Bol d’Or Mirabaud.

Cette année 2015 est marquée du sceau d’une équipe: le Team Tilt. Une aventure qui réunit deux générations de champions élevés à l’eau du lac. Alex Schneiter, passionné, régatier au palmarès long comme un jour sans vent a transmis un virus tenace à son fils, Sébastien, surdoué travailleur, qui est depuis samedi soir le plus jeune barreur de l’histoire vainqueur de la plus prestigieuse des régates lémaniques. «Le Bol à 19 ans? Je ne réalise pas vraiment, souffle-t-il avec encore une pointe de timidité dans la voix. C’est juste un sentiment incroyable qui m’a envahi au moment de couper la ligne. Et là, j’ai juste envie de remercier toute l’équipe qui a été incroyable et qui m’a permis de pousser le bateau très fort sur la fin.»

C’est la plus belle

Il faut dire que cette édition du Bol d’Or a été proprement renversante. Des leaders en pagaille. Des stars océaniques tenues en respect. Du soleil, de la pluie, des grains. «Pour moi, ce n’est pas la première victoire mais c’est clairement la plus belle car c’est la première que je peux vivre et partager avec Sébastien. Et puis, elle a une saveur particulière car dans les derniers instants on a eu très chaud avec le retour d’Alinghi.»

Dans la pénombre de la rade, on pouvait parfois confondre les feux des bateaux avec ceux des derniers avions qui se posaient à Cointrin. Mais finalement, les spectateurs massés sur la jetée nord de la Société nautique ont bien pu distinguer la superbe dernière passe d’armes entre les deux premiers bateaux. «Le ton est monté, rigole Arnaud Psarofaghis, l’un des pions essentiels du Team Tilt. Dans un dernier mouvement on parvient à les bloquer et à enrouler la bouée.»

Ladycat y a cru

Avant ce final étouffant, Tilt est passé par tous les états d’âme. Il a d’abord subi la course et assisté à l’envol matinal de Ladycat Powered by Spindrift. Pendant plus de cinq heures, Dona Bertarelli et Yann Guichard ont cru être partis pour conserver leur bien. «Mais ils se sont laissé surprendre juste avant le Bouveret, raconte Alex Schneiter. Même lorsque nous avions plus de 25 minutes de retard, nous n’avons pas cessé d’y croire. Avec l’expérience, nous savions que bien des choses pouvaient encore se passer.»

A la mi-parcours, c’est comme un nouveau départ qui a été donné avec pas moins de huit bateaux dont le M1 Safram, en lice pour la victoire. La suite s’est jouée comme dans un film hollywoodien. Avec la star François Gabart, qui prend le large à la barre d’Okalys. Le décor se charge, le lac se fâche. De la côte française déboulent des orages violents avec des rafales à plus de trente nœuds. Tout le monde imagine alors que l’homme qui a dompté les mers du Sud lors du dernier Vendée Globe va s’amuser comme un petit fou. Mais le D35 est un bateau capricieux qui ne s’apprivoise pas facilement. Et c’est Tilt qui s’amuse avec les nuages. «C’est grâce aux grains qu’on recolle à Okalys à la hauteur de Yvoire», raconte Sébastien Schneiter. La suite? Les deux bateaux sont bord à bord sous le regard de quelques bateaux suiveurs. On imagine le même final que l’an passé entre Ladycat et Veltigroup .

François Gabart déposé

Francois Gabart et Sébastien Schneiter pourraient se toiser. Mais Tilt pousse le curseur et dépose Okalys qui terminera 5e. «On se détache grâce à notre meilleure vitesse, dit Sébastien qui reste modeste. C’est tous les autres qui me permettent de pousser le bateau au maximum. On ose plus parce qu’on est jeune et un peu plus fou sans doute.» Son papa sourit. Son fils le regarde. Ils savent tous les deux que c’est avant tout le travail qui est récompensé. Tilt a plus navigué que n’importe quelle autre équipe. Jusqu’à mettre la concurrence dans le vent et s’offrir un Bol renversant. (24 heures)

Créé: 15.06.2015, 08h37

Un bon bilan

Rodolphe Gautier peut avoir le sourire. Pour son premier Bol d’Or Mirabaud en qualité de président du comité d’organisation, il a été gâté. Celui qui est aussi skipper de Safram (9e) estime, «qu’il ne pouvait pas rêver mieux. On a eu un vrai Bol avec 18 changements en tête de course. La sécurité a été primordiale et le sens marin de tous a prévalu. Seul un M2 et le GC 32 de Gitana ont démâté. Pour le reste, les images en live streaming sur le site du Bol et les commentaires de Damien Cardenoso ont rencontré un bel écho. Nous allons développer tout ça l’an prochain. La seule fausse note, ce sont les balises et les quelques bugs qui ont eu lieu avec des blocages quand trop de monde se connecte en même temps. On va trouver des solutions.» G.SZ

Les meilleurs aux avant-postes

Monocoques Le Bol de Vermeil était promis à Raffica ou à Syz & Co si l’un ou l’autre parvenait à s’imposer dans un troisième Bol d’Or Mirabaud en cinq ans. Or les grands favoris de la classe reine des monocoques ont échoué dans leur tentative. Jean Psarofaghis, vainqueur en 2014, n’a jamais pu rivaliser dès le départ avec le bateau luge hongrois très à l’aise jusqu’au Bouveret (22e) avant de subir les foudres du ciel et finir 16e des monocoques près de deux heures derrière le vainqueur, Oyster Funds barré par Philippe Gay. Le psaros 40 a coupé la ligne moins d’une minute avant le psaros 33 Raijin (P. Girod). Syz Co termine assez loin (6e à 1 h 10 de Oyster Funds). Raffica était sous la menace d’un protêt pour s’être placé au mauvais endroit sur la ligne de départ!

M2 Belle bagarre dans la classe des catamarans M2 où TeamWork semblait bien parti pour une nouvelle victoire après le passage au Bouveret (22e). Niels Palmieri comptait en effet une demi-heure d’avance sur Bertrand Geiser, le barreur de Team Seven. Le retour vers Genève a bouleversé la donne. «Je n’avais jamais navigué dans des conditions si violentes», lance Palmieri qui a dû s’avouer battu sur le fil par l’équipage neuchâtelois. Grâce à cette victoire en 12 h 31’32, Team Seven garde la tête du classement général du TeamWork M2 Speed Tour. Vainqueur en 2014, GSM Genolier (Vaucher) a été pénalisé de 60 minutes pour départ anticipé.

Grand Surprise Troisième l’an dernier, Mark et Bernard Borter ont parfaitement maîtrisé les éléments à bord de Little Nemo II. Ils ont devancé Mea Huna (Haegi) de vingt minutes. Tixway (Raphoz), lauréat de la classe en 2014, termine à la neuvième place avec plus d’une heure de retard. A noter, la belle quatrième place de Bernard Schopfer sur Bachi Bouzouk. Surprise Pour son retour sur l’eau après avoir œuvré pendant plusieurs années comme président du Bol d’Or Mirabaud, Michel Glaus à la barre de Teo Jakob (3e) a dû s’incliner devant les outsiders après une très longue nuit de navigation. Pile ou face est arrivé en tête en 23 h 27’24. Damien Mermoud devance Greenwatt (Franck Reinhardt) de plus d’un quart d’heure.

Wavre vainqueur Dominique Wavre à la barre de Ardizio, le Lüthi 33 de Gilles Beausse, a mis tout le monde dans le vent dans la classe TCF 1+2. En moins de vingt heures, l’équipage genevois devance le Lüthi 34 Pro Yachting (Seguret) et remporte du même coup le classement au temps compensé.

TCF4 Aucun bateau n’a franchi la ligne d’arrivée. Le classement est effectué au Bouveret
Toucans Déjà deuxième en 2014, Atalante (Naville) n’a pu empêcher Gaston III de terminer en tête de la série avec 50 minutes d’avance.
Pierre Nusslé

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