«Tilt» veut garder son titre

Bol d’Or MirabaudUne fois encore, le Bol d’Or ne devrait pas échapper aux D35. A moins que le M1 «Safram»…

Il y a un an, «Team Tilt» avait résisté jusqu’au bout au retour d’«Alinghi» pour franchir la ligne avec dix-huit?secondes d’avance, plus petit écart de l’histoire.

Il y a un an, «Team Tilt» avait résisté jusqu’au bout au retour d’«Alinghi» pour franchir la ligne avec dix-huit?secondes d’avance, plus petit écart de l’histoire. Image: LORIS VON SIEBENTHAL

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Depuis deux ans, les spectateurs et suiveurs du Bol d’Or Mirabaud ont été particulièrement gâtés. Deux éditions historiques, à plus d’un titre, deux éditions marquées par des fins de course palpitantes et spectaculaires. On se souvient qu’en 2014, dans la bise forcissante, un magnifique duel avait opposé Ladycat Powered by Spindrift Racing et Veltigroup. Bord à bord, se frôlant parfois, les deux D35 avaient avalé le Petit-Lac en une seule gorgée d’adrénaline. Tout s’était joué sur une espèce de gros crunch. Un enfournage de Veltigroup qui ne s’était jamais remis de ce coup de frein intempestif.

L’an passé, c’est Tilt et Alinghi qui avaient proposé un scénario plein de suspense. Longtemps la course avait été inscrite dans la plus pure tradition lémanique. Avec des airs absents et un ciel lourd qui avait fini par décharger toute son électricité. Une fin de journée orageuse, un début de soirée électrique dans le petit lac. Team Tilt s’était d’abord débarrassé d’Okalys, barré par François Gabart. Ou comment Sébastien Schneiter et son équipe bien rodée s’étaient offert un instant de grâce, de ceux qui ne s’oublient pas. «C’est certain, dit celui qui est devenu à 19 ans le plus jeune barreur de l’histoire vainqueur du Bol. C’était un moment fort. Tout comme ces derniers bords quand Alinghi, revenu de nulle part, nous a presque dépassés.»

Dans la pénombre, Sébastien Schneiter avait bloqué son adversaire dans une manœuvre digne d’un départ de match race. Ernesto Bertarelli avait dû s’avouer vaincu face à la jeunesse triomphante de Tilt. La revanche est prévue dès demain sur le coup de 10 h. Mais ce sera sans Sébastien Schneiter, contraint de laisser la barre à Alex, son père et patron de l’équipe. «Je serai engagé en Coupe du monde avec Lucien Cujean en 49er, dit l’un des plus sûrs espoirs de la voile suisse. Donc malheureusement, je ne pourrai pas revivre ces émotions. Cela dit, l’équipe est bien décidée à tout faire pour conserver son titre, mais sans pression. L’équipe intégrera des éléments qui se préparent pour la Youth Cup de 2017.»

Une équipe de Tilt à peine moins huilée, une équipe d’Alinghi à peine moins brillante, le jeu dans la catégorie reine du Bol d’Or semble plus ouvert que jamais. Rappelons que depuis 2004, les D35 ont remporté toutes les éditions, sauf celle de 2013. Cette année-là, c’est Zenith Fresh! qui avait créé la sensation en brisant l’hégémonie. Plus léger mais aussi plus fragile, ce beau catamaran a eu besoin de quelques années de fiabilisation pour donner sa pleine mesure. Depuis, il a été repris par l’équipe Safram de Rodolphe Gautier. Le nouveau président aborde «son» épreuve en toute humilité. «Nous sommes des amateurs éclairés, rappelle-t-il. On l’a vu l’an passé, nous étions très rapides avant de lâcher quelque peu prise dès que l’orage est arrivé.»

Depuis deux saisons, Safram voyage beaucoup et plutôt bien. Pour le plus grand bonheur de cette sympathique équipe de copains et également pour faire parler du Bol d’Or dans les plus grandes régates d’Europe. Des victoires en Hongrie (le Keksalag sur le lac Balaton), Italie (La Centomiglia sur le lac de Garde) et lors de la Genève-Rolle-Genève 2015 confirment que le M1 Safram est sans doute le seul adversaire crédible des D35. Les GC 32 volants, eux, ont semble-t-il jeté l’éponge après plusieurs tentatives infructueuses. Aucun de ces catamarans de 32 pieds volants ne s’est inscrit cette année. «Ils ne sont pas assez polyvalents pour dompter le Léman», conclut Rodolphe Gautier.

Créé: 10.06.2016, 15h57

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Ce n’est sans doute qu’un début… Même si ce n’est pas pour demain… Mais une question agite les pontons du monde entier. Ceux du Léman n’échappent donc pas à l’interrogation: quand un bateau volant gagnera-t-il le Bol d’Or? Depuis que la cage aux foils a été ouverte à San Francisco en 2013 lors de la dernière Coupe de l’America, la voile est entrée dans une nouvelle dimension. Les clubs lémaniques n’échappent pas au phénomène, eux qui voient les ports se remplir de drôles d’objets volants. Moth, catamaran de sport de type Nacra 20 ou Flying Phantom. A chaque fois que l’une de ces bestioles évolue sur le lac, le regard est irrésistiblement attiré par ces libellules.
«Le Bol d’Or, qui concentre traditionnellement les dernières évolutions technologiques, ne pouvait pas rester fermé à ce phénomène naissant des catas de sport, qu’ils soient volants ou pas, précise Rodolphe Gautier. Mais attention, seuls des navigateurs aguerris, choisis sur dossier, sont autorisés à prendre part à la course. Rappelons qu’il n’y a que deux hommes à bord!»

Parmi la vingtaine d’équipages qui s’élancera en pionnier, le Vaudois Nils Theuninck ne cache pas son enthousiasme ni une certaine appréhension. «Tout dépendra des conditions, précise le Pulliéran. Si nous avons suffisamment de vent (8-10 nœuds), mais trop quand même, au-delà de 15 nœuds cela devient très chaud, nous pourrons régater dans les temps des M2. L’objectif est donc d’arriver avant le coucher du soleil. Car la navigation de nuit sur ces bateaux est très compliquée. Déjà que ce n’est pas simple la journée!»

Jeune talent de la voile suisse, Nils a brillé en dériveur avant de se tourner cette année sur le catamaran de sport à foils. C’est qu’en Suisse, une jolie perspective se profile pour tous les jeunes navigateurs. «C’est la prochaine Youth America’s Cup, dit-il. Pour l’instant, je fais partie de la sélection de Tilt, qui participera une nouvelle fois à cette compétition prestigieuse. Un dernier choix doit encore être fait cette année pour retenir les neuf personnes qui seront de l’aventure.»

Une aventure qui aura lieu en 2017 aux Bermudes, sur des AC 45… volants, forcément. «Nous avons donc tout intérêt à démontrer nos capacités sur tous les supports possibles, pourvu qu’ils soient volants», dit le Vaudois. Sur le Bol, Nils Theuninck sera associé à Janik Roempp. En début d’année, ce jeune navigateur alémanique a lui-même contacté Benoît Morelle, le propriétaire du Flying Phantom Anaxis, pour savoir s’il pouvait le mettre à disposition. Réponse enthousiaste de celui qui est aussi patron de l’écurie Axon Racing (2e de la Little Cup en 2015 derrière Franck Cammas). «Aider les jeunes, c’est ce qu’il y a de plus beau», conclut ce père de cinq enfants, lui aussi navigateur chevronné.

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