«Un titre européen ne te fait pas courir plus vite»

AthlétismeKariem Hussein s’alignera sur le 400 m haies d’Athletissima, dans deux semaines à la Pontaise.

Kariem Hussein visera un temps dans les 48 secondes, le 9 juillet à Athletissima.

Kariem Hussein visera un temps dans les 48 secondes, le 9 juillet à Athletissima. Image: JEAN-BERNARD SIEBER

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Aux alentours de 21 h 30, le 9 juillet prochain, Kariem Hussein s’élancera du couloir qu’il aura choisi, faveur accordée par les organisateurs d’Athletissima. Dans un stade plein – les 13'800 places de la Pontaise n’avaient jamais trouvé preneur aussi tôt – et une ambiance surchauffée, le champion d’Europe en titre du 400 m haies tentera de se sublimer. Et d’aller titil­ler les favoris Bershawn Jackson, Javier Culson – tous les deux anciens vainqueurs à Lausanne, le premier en 2006 et 2010, le second en 2013 et 2014 – et Michael Tinsley – médaillé d’argent aux JO en 2012 et aux Mondiaux en 2013.

Auteur de chronos encourageants à Eugene, fin mai (49’’24), puis à Rome, début juin (48’’76), le Thurgovien de 26 ans voudra surtout monter en puissance, à moins de deux mois des championnats du monde de Pékin. Présent hier dans la capitale vaudoise, l’étudiant en médecine a évoqué son quotidien ainsi que les répercussions de cette folle soirée du 15 août 2014 qui, à Zurich, l’avait mené à l’or européen.

Kariem Hussein, quels souvenirs de ce titre reviennent en premier?

L’arrivée, déjà. J’ai tout de suite compris que j’avais gagné. Si j’ai donné l’impression de ne pas le réaliser, c’est parce que j’étais sous le choc, car j’avais presque chuté sur l’une des haies. Et puis il y a eu le moment où j’ai enlevé mon maillot… La veille, Mahiedine Mekhissi avait été disqualifié pour ça et je le savais. Je suis quelqu’un de rationnel, mais, là, je ne suis pas parvenu à me contrôler. Jusqu’à ce qu’on me dise de vite le remettre. Franchement, j’ai eu peur.

Qu’est-ce qui a changé depuis?

Sur la piste, rien du tout. C’est clair que c’est cool et que ça renforce la confiance, mais un titre européen ne te fait pas courir plus vite. Je dois toujours m’investir au maximum.

Et dans votre quotidien?

Quelques personnes me reconnaissent plus facilement, surtout à l’hôpital. Des fois, les patients me demandent si je suis le vrai Kariem Hussein, alors je leur réponds que oui; c’est drôle. Sinon, il y a bien sûr toutes sortes de nouvelles sollicitations médiatiques ou publicitaires. Disons que, dans une journée où je cumule déjà études et sport, j’ai encore moins de temps libre qu’avant.

Ressentez-vous davantage de pression?

La pression, je me la suis toujours mise tout seul. Après, l’idéal est de la transformer en tension positive et de rester le plus calme possible. C’est un domaine dans lequel j’ai progressé, car j’ai pris conscience que mes adversaires étaient des êtres humains comme moi.

Vous étudiez la médecine en parallèle (ndlr: il terminera sa formation en 2017). Est-ce toujours facile de concilier les deux?

Non, mais je serais incapable de consacrer l’ensemble de mes journées aux entraînements uniquement.

Pour quelle raison?

C’est important pour moi de ne pas penser qu’à l’athlétisme. Mentalement, j’ai besoin de sortir de ce contexte.

En quoi vos études de médecine vous sont-elles bénéfiques pour le sport?

Elles sont très difficiles, alors elles m’aident à forger mon caractère. Sinon, j’ai l’avantage de bien connaître le fonctionnement du corps; je le comprends.

Quel est votre état de forme?

J’ai eu une petite grippe il y a deux semaines, mais je vais mieux. Mon niveau est celui auquel je m’attendais, donc ça va, même si je dois encore notamment m’améliorer techniquement, après un hiver où j’ai beaucoup travaillé sans les haies. J’espère débarquer à Athletissima dans de bonnes dispositions.

Que viserez-vous à Lausanne?

Un temps dans les 48 secondes. Vu la qualité de mes adversaires, je sais que ce sera compliqué de m’imposer. Je vais avant tout me focaliser sur ma course et mon rythme.

Courir en Suisse, ça reste spécial, non?

Emotionnellement, oui. A Lausanne, l’atmosphère est magnifique. L’an dernier, à l’occasion de ma première participation (ndlr: 7e en 49’’38), j’avais bien couru devant ce public qui transmet de l’énergie. La piste, aussi, me convient, avec un virage assez rapide. Je me réjouis d’y être.

L’idée est de monter en puissance pour Pékin?

Exactement. Les championnats du monde (ndlr: en août) sont l’objectif principal de la saison. Je chercherai à y atteindre la finale, tout en ayant à l’esprit la difficulté de la tâche. Reste qu’une fois qu’on y est, tout est possible.

Créé: 26.06.2015, 19h39

Mo Farah, une première à la Pontaise

Mo Farah a choisi le 500 mètres d’Athletissima pour faire son retour à la compétition, plusieurs semaines après sa dernière apparition, à Eugene le 29 mai.

«Il nous a demandé s’il pouvait venir courir chez nous. Après quelques jours de discussions, nous avons trouvé un terrain d’entente», explique le patron du meeting, Jacky Delapierre.

Le Britannique de 32 ans, double champion olympique à Londres en 2012 (sur 5000 et 10 000 mètres), devait s’aligner le 7 juin à Birmingham. Mais il s’était finalement retiré, touché par les accusations qui pèsent actuellement sur son coach, Alberto Salazar. Selon la BBC, celui-ci ferait en effet l’objet d’une enquête de l’Agence américaine antidopage (USADA). Mais l’affaire ne viserait pas directement Mo Farah.

Reste que, depuis 2011 et son arrivée dans le groupe d’entraînement de Salazar, le Britannique aux trois titres mondiaux et cinq sacres européens a connu une progression spectaculaire. Et puis, les révélations du Daily Mail, le 18 mai dernier, ont jeté une ombre sur le spécialiste de fond, qui aurait manqué deux contrôles inopinés en 2010 et 2011, soit à quelques mois des championnats du monde de Daegu (or sur 5000 m, argent sur 10 000 m) et un an avant les?Jeux de Londres et son?fantastique doublé.

«Je n’ai jamais pris de substances qui améliorent la performance et je ne le ferai jamais. Tous les tests auxquels j’ai été soumis jusqu’ici ont été négatifs», a déclaré Mo Farah, pour qui ce sera la première participation à Athletissima.

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