Tonton farteur, «Babi» Greppi fait chanter les skis de Lara Gut

Ski alpinServiceman de la Tessinoise, cet Italien aux mains d’or est aussi son confident. Pour lui, «l’or va arriver». Ce jeudi en géant?

«Babi» Greppi possède de l’or dans les mains. C’est lui qui colle de la dynamite sous les pieds de Lara Gut depuis 2007.

«Babi» Greppi possède de l’or dans les mains. C’est lui qui colle de la dynamite sous les pieds de Lara Gut depuis 2007. Image: Freshfocus

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Lorsqu’elle a un gros chagrin ou un urgent besoin de parler, comme ce fut le cas vendredi après la descente, c’est dans ses bras qu’elle va se réfugier. Lara Gut accorde une confiance incommensurable à son préparateur matériel, son confident. Dans le milieu, on l’appelle le serviceman.

Depuis le début de ces Mondiaux, comme ses collègues d’autres marques, il ne compte pas ses heures de travail dans des souterrains avec une trentaine de paires de skis en face de lui. Laquelle choisir pour le jour J selon tous les paramètres de la piste? Comme le soleil ne tape pas de la même manière à Saint-Moritz qu’à Beaver Creek, que ce soit la météo, les températures et les pourcentages d’humidité de la neige, ils n’ont pas de secret pour lui et tous ces tontons farteurs.

S’il ne le reconnaîtra jamais, estimant que «c’est le coureur qui fait la différence», Barnaba Greppi, dit «Babi» pour les intimes, possède de l’or dans les mains. C’est ce Bergamasque de 57 ans qui colle de la dynamite sous les pieds de la Tessinoise depuis 2007.

Beaucoup de satisfactions

«Son caractère? Il faut tout d’abord la regarder dans les yeux et après tu sais comment tu dois lui parler», sourit l’Italien, qui s’est longtemps occupé des spatules de Deborah Compagnoni, triple championne olympique et du monde entre 1992 et 1997. Mais aussi de sa compatriote Isolde Kostner et de l’Espagnole Blanca Fernandez-Ochoa, toutes aussi performantes sur le cirque blanc.

«Avec les femmes, c’est toujours plus difficile, rigole ce grand séducteur italien. Or si avec certaines c’est plus compliqué, avec Lara, que je connais depuis qu’elle a 16 ans, il n’y a aucun problème.»

Chef de «carres» depuis 1984, ce «magicien» retire énormément de satisfactions dans ce métier de l’ombre. «Le travail des techniciens doit fonctionner parallèlement à l’évolution du matériel, reconnaît le druide. Le fartage a forcément changé. Il n’y a plus d’alchimie avec de l’eau chaude. Des machines t’aident à faire les carres.»

Pour lui, que ce soit ici ou en Coupe du monde, c’est pareil, le serviceman doit être performant partout. «A Beaver Creek, mes collègues sont tous très expérimentés et capables, renchérit «Babi». Pour avoir de bons résultats, vous devez compter sur de bons coureurs. Ce sont eux qui font la course. Je dirais que mon pourcentage dans le succès se situe à 40%, pas plus.»

Le confident de Lara estime que l’osmose avec son athlète est la partie la plus importante de la réussite. «Le feedback et la relation que j’entretiens avec Lara me donnent de la tranquillité et me permettent par conséquent de me concentrer sur mon travail, assure-t-il. Et ensuite, je la laisse faire, puis je lui demande ce qui s’est passé, car je ne regarde pas sa course. Je ne veux même pas connaître son temps…»

«Elle est forte dans sa tête»

Avec la blonde de Comano, celui qui fait chanter ses Rossignol a déjà réalisé vingt podiums en Coupe du monde, dont douze succès. Et remporté cinq médailles lors de compétitions majeures.

«La première fois, en 2009 à Val-d’Isère, elle était toute jeune, c’était une outsider, se rappelle-t-il. Après, ce n’était plus une surprise. Depuis, Lara court pour la gagne alors que ce n’est pas évident de se maintenir au sommet. Mais sa force est de ne jamais se mettre de pression dans une course d’un jour, elle est très forte dans sa tête. A 23 ans, elle a déjà un beau palmarès. Une médaille dans un championnat du monde ou aux Jeux, c’est toujours important. Et l’or va bientôt arriver, j’en suis certain…» Et si c’était ce jeudi soir en géant?


Créé: 12.02.2015, 09h24

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