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Les Valaisans ont déferlé sur Genève, sans casse

Trains spéciaux, bus par dizaines. Les supporters du FC Sion ont défilé dans Genève pour rejoindre le stade où ils ont perdu leurs illusions footballistiques.

Plus de 6000 supporters de Sion ont traversé Genève de Cornavin à la Praille, en passant par le pont de la Coulouvrenière.
Plus de 6000 supporters de Sion ont traversé Genève de Cornavin à la Praille, en passant par le pont de la Coulouvrenière.
LAURENT GUIRAUD

A-t-on été trop pessimiste sur la nature humaine? La finale de la Coupe de Suisse de football entre Sion et Bâle, au Stade de Genève, hier, promettait un chaos en ville, envahie par plus de 6000 Valaisans et près de 4000 Bâlois. Malgré les tensions palpables, les débordements craints n’ont pas eu lieu.

Chaque camp, tradition oblige, a eu le privilège de défiler de la gare de Cornavin à la Praille. Les trains spéciaux ont été doublés de 200 cars, pour déverser des supporters, dessoiffés à la bière. Et pas n’importe lesquels: les Bâlois sont parmi les plus hargneux. Les Sédunois aiment chercher des noises aux Genevois. Sous un soleil de plomb, toutes les conditions pour la bagarre se trouvaient réunies.

Pour éviter les mauvaises rencontres, chaque camp devait suivre son propre itinéraire. Aux Bâlois, depuis Cornavin, le pont Sous-Terre puis la zone industrielle des Vernets. Aux Sédunois, le pont de la Coulouvrenière, Plainpalais et Carouge. Heureusement, aucun incident grave n’a émaillé cette journée à risque. Ni avant, ni après le match, perdu par les Sédunois. Il faut dire que la police genevoise a déployé un dispositif de sécurité maximal: agents en tenue antiémeute, fourgons, camions à eau, motos et hélicoptères. Et sur le terrain, les policiers, très réactifs, ont oscillé entre dialogue et fermeté. Récit d’une chaude journée.

Commerces fermés dans la gare

A la gare Cornavin – centre névralgique après le stade –, une quinzaine de fourgons de police occupent l’esplanade et les policiers en tenue de Robocop s’apprêtent à gérer les flux de supporters. Les entrées de la gare sont restreintes et les commerces fermés entre 11h et 14h. Des passants râlent.

Des supporters festifs

Dans quel état d’esprit sont les premiers supporters sédunois? Quatre Valaisans, partis de Brigue à 7h, arrivés vers 11h30, répondent en chantant: «Nous sommes les Valaisans, et nous allons gagner!» Ils en sont déjà à leur cinquième bière, mais ils l’assurent: ils ne sont pas là «pour provoquer, ou casser». Motivés, car pour eux, «c’est le foot qui compte!»

Un petit tour par le lac

Venus de Bâle, Patrick et son fils de 7 ans descendent jusqu’au lac pour profiter de la vue, comme bien d’autres visiteurs du jour. Le dernier train spécial affrété pour les supporters du FC Bâle entre en gare. Le style est tout autre: ils affichent la couleur sur leurs t-shirts avec le slogan «Sion doit tomber». Des centaines de Bâlois se regroupent derrière la gare, dans le quartier des Grottes. Les Valaisans, eux, ont rendez-vous devant Cornavin.

Surprise à la rue du Rhône

Un regroupement imprévu d’une centaine de Bâlois se forme dans la rue du Rhône. Leur marche virile laisse indifférente une Genevoise promenant son chien, bien décidée à ne pas changer de trottoir. «No photo!» crient-ils aux passants et aux médias. Pas de débordements pour autant. La police les talonne. Le groupe d’ultras bâlois remonte Saint-Gervais pour rejoindre leur cortège principal, parti en premier.

Chasse aux Servettiens

A Cornavin, les Sédunois démarrent à peine et lancent les premières bouteilles de bière. Les 6000 personnes fendent un brouillard de fumigènes. Leurs slogans: «Allez, allez Sion!» Mais aussi «Genève, on t’enc**!» Les appareils photo, tant des professionnels que des passants venus voir le spectacle, sont systématiquement chassés par des membres du service d’ordre sédunois, munis de bâtons. Des policiers médiateurs désamorcent les tensions à chaque fois. Le public genevois restera d’une courtoisie sans faille jusqu’au bout du cortège.

Balles en caoutchouc

Au passage du cortège à l’avenue du Mail, un supporter du FC Servette, posté sur la plaine de Plainpalais, brandit un drapeau grenat. Aussitôt, des dizaines de supporter du FC Sion, déchaînés, se lancent à sa poursuite, avec la volonté d’en découdre. Des policiers s’interposent immédiatement et forment un cordon. Ils tirent des balles de caoutchouc. «La police a assez vite montré les muscles, expliquera par la suite le porte-parole de la police genevoise, Jean-Philippe Brandt. Une quinzaine de personnes ont été interpellées, dont une majorité de Genevois, et ont été amenées en salle de rétention.»

Fendant à la main

Au Stade de Genève, des supporters valaisans arrivés en bus à la Praille accueillent les plus «sportifs» arrivés à pied, vers 15h30. Une bonne nouvelle pour Lucien, 50 ans, qui attendait avec impatience que toute la famille sédunoise soit réunie. Il accueille le cortège avec un verre et une bouteille de fendant à la main!

Amicalement vôtre

Croisés aux abords du stade, deux amis – un Genevois et un Valaisan – se réjouissent du match à venir et de l’ambiance qui entoure cette finale. Le Valaisan tient à remercier Genève pour son accueil, et ce malgré «la rivalité sportive historique qui oppose les clubs de foot des deux régions».

Coup d’envoi

Le match commence dans une ambiance musclée. (Lire en le compte-rendu de la partie en cliquant ici.)

Autre jeu: le nettoyage

Sur le parcours du cortège du FC Sion, les employés de la voirie de la Ville sont à pied d’œuvre. A l’image de José Luis, qui collecte les bouteilles vides, les tessons et les pétards jonchant le sol, sur le quai Charles-Page. Il décolle aussi tous les autocollants apposés sur les vitres des véhicules. Les employés ont en fait été sur le pont depuis 6 h 30. Pourquoi? Pour nettoyer le parcours, marqué auparavant par des autocollants anti-FC Sion. A noter qu’aucun dégât majeur n’a été constaté.

17h57: le couperet pour Sion

C’est fini au Stade de Genève. Sion, largement en dessous du FC Bâle, s’incline pour la première fois dans une finale de Coupe de Suisse, après treize succès. La folle série s’est donc achevée à Genève pour les Valaisans, battus 3-0.

Pas envie de s’éterniser

«Ils n’ont pas bien joué! Il leur manquait le feu. C’est dur, dur», confient Frank et Yan, déçu de leur équipe. Ils comptent parmi les premiers à filer à 18 h. Afin de gérer au mieux le départ des spectateurs, des trains spéciaux sont mis à disposition des Valaisans depuis la gare de la Praille à destination de Cornavin. Les Sédunois n’ont visiblement pas envie de s’éterniser sur place. De leur côté, les Bâlois ont eux aussi accès à des trains spéciaux au départ de la Praille.

Cortège improvisé au retour

Un petit cortège de Bâlois improvisé se forme au Stade de Genève et prend la direction du centre-ville vers 18h50. Un incident survient par ailleurs à la station-service Tamoil à la Praille. Là encore, la police intervient rapidement.

Provocations sur les quais au départ

Des Bâlois entrent dans la gare Cornavin en scandant à quelques reprises «Sion fini!» en croisant des Valaisans indifférents. Chaque groupe de supporters se dit «au revoir» sur les quais de la gare. L’ambiance est à la provocation. Des policiers restent vigilants.

Jets de bouteilles contre un train

Un premier convoi de Bâlois quitte Genève. Parmi les supporters rhénans toujours en attente, certains décident de s’en prendre au train des Valaisans sur le quai opposé, à coups de jets de bouteilles de bière. Les policiers descendent sur les voies puis forment un impressionnant cordon de sécurité sur des dizaines de mètres le long du quai occupé par les Bâlois. Une vitre du train valaisan est brisée. Mais personne ne semble blessé. L’image résume cette journée: sous tension, sans débordement.

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