Les Vaudois peuvent viser deux médailles

Jeux olympiquesLes Vaudois Fanny Smith, Pat Burgener, Jovian Hediger et Erwan Käser n’abordent pas tous les Jeux avec le même état d’esprit.

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Deux breloques. C’est ce qu’on est en droit d’espérer des athlètes vaudois aux JO 2018. À PyeongChang, ceux-ci sont au nombre de quatre. Néophytes (Pat Burgener, Erwan Käser), plus expérimentés (Fanny Smith, Jovian Hediger), prétendants à une place dans le top 30 (Käser), à la finale (Hediger), au podium voire au sacre (Smith, Burgener), le mélange est savoureux. Tour d’horizon à quelques heures de la cérémonie d’ouverture


Un compte à régler avec les JO

Fanny Smith: skicross (23 février)

Sa saison En Coupe du monde, Fanny Smith alterne le très bon et le moins bon, cette saison, en témoignent sa victoire à Montafon (Autriche), sa deuxième place à Idre Fjäll (Suède) et ses éliminations prématurées tant à Nakiska (Canada, 10e), à Innichen (Italie, 9e), à Arosa (14e) qu’à Val Thorens (France, 10e). «J’ai connu des hauts et des bas, mais je sais que tout le travail et les changements que j’ai effectués durant l’été (ndlr: notamment au niveau du matériel) portent leurs fruits. Mes sensations sont excellentes», confie la troisième du général de la Coupe du monde de skicross.

Son état d’esprit Sortie en demi-finale il y a quatre ans à Sotchi en raison d’un dernier virage mal négocié, la Villardoue (25 ans) a «un compte à régler avec les JO». «J’ai été victime d’un gros crash alors que j’étais au pic de ma forme, mentalement comme physiquement, poursuit-elle. Je me suis blessée entre-temps (ndlr: fracture de la clavicule en décembre 2015), mais je suis prête à repartir au combat.»

Son ambition Avec de telles envies de revanche, difficile de l’imaginer viser autre chose que l’or, le 23 février au Phoenix Snow Park de PyeongChang. Malgré la présence de la grande favorite Sandra Naeslund (six succès cet hiver pour la Suédoise). «Quand on a été championne du monde (ndlr: en 2013 à Voss), la victoire doit devenir un objectif à chaque fois qu’on prend un départ, martèle Fanny Smith. Après, en skicross, il y a énormément de paramètres qui peuvent très vite tout faire basculer. Mais, s’ils sont tous en ma faveur, je suis capable de gagner.


Une arme secrète au goût olympique

Pat Burgener: snowboard - half-pipe (13 et 14 février)

Sa saison Comme Fanny Smith, Pat Burgener souffle le chaud et le froid en Coupe du monde cette saison. Cela sous-entend également que le snowboardeur de 23 ans est en mesure de tutoyer les sommets, à l’image de sa 3e place à Cardrona (NZ) et de quelques runs de qualification impressionnants. «Il m’a manqué deux semaines de préparation sur neige pour être plus régulier en compétition», explique le médaillé de bronze des Mondiaux de la Sierra Nevada en mars 2017.

Son état d’esprit Privé de JO en 2010 (cheville) et en 2014 (main), Pat Burgener va surtout chercher à profiter du moment, dans le half-pipe du Phoenix Snow Park de PyeongChang les 13 et 14 février. En essayant de se mettre le moins de pression possible. «Je vois cette échéance comme une étape que j’ai la chance de pouvoir enfin vivre, comme une journée ordinaire, en fait. Avec un peu plus d’intensité et d’appréhension tout de même», sourit le natif de Morrens.

Son ambition S’il est en pleine possession de ses moyens, le résident de Crans-Montana peut se mêler à la lutte pour le titre olympique. Avec, notamment, une arme secrète, le «Switch Backside Triple Cork 1440», qu’il est l’un des seuls au monde à maîtriser. «Dans le sport, qui plus est dans le freestyle, ça se déroule rarement comme prévu, relève-t-il toutefois. Le plus important sera de rester dans le présent pour garder son sang-froid. Mais, si je parviens à passer le run que je prépare depuis plusieurs mois, la médaille sera potentiellement au rendez-vous.»


Retour à la «normale» après le chaos de Sotchi

Jovian Hediger: ski de fond - sprint (13 février)

Sa saison Bien moins favori qu’une Fanny Smith ou un Pat Burgener à PyeongChang, Jovian Hediger n’a eu besoin que d’une course, à Ruka (Fin) en novembre, afin de composter son billet pour les Jeux olympiques. «Ça m’a tout de suite enlevé un peu de pression et j’ai pu en profiter pour orienter ma saison en fonction des JO, notamment au niveau du travail foncier», raconte celui qui court après sa première finale de l’hiver en sprint (deux top 10).

Son état d’esprit À Sotchi, la Fédération suisse avait organisé une sélection interne l’avant-veille de la compétition pour attribuer les deux places restantes parmi quatre coureurs, dont le Bellerin. «On s’est tiré une balle dans le pied, se souvient le jeune homme de 27 ans. Personnellement, malgré ma qualification, je n’avais plus de jus pour le jour J et je suis passé au travers (ndlr: élimination lors du prologue avec un 47e rang).» Forcément, on a retenu la leçon, du côté de Swiss Ski. «Les choses ont cette fois été mieux définies à l’avance. Alors je me réjouis de pouvoir aborder un tel événement normalement, avec moins d’inconnues et de stress qu’en Russie.»

Son ambition Alternance oblige, le sprint olympique se disputera cette année (le 13 février) en classique. «J’ai une préférence pour le skating, parce que c’est dans ce style que j’ai décroché les trois finales auxquelles j’ai pris part durant ma carrière, souffle Jovian Hediger. Mais il va falloir faire avec. Mon objectif? Tout donner. Pour le résultat, advienne que pourra.» À noter que le Vaudois pourrait par ailleurs être aligné en sprint par équipes (le 21 février).


Une première sur la scène internationale

Erwan Käser: ski de fond - sprint (13 février)

Sa saison Au contraire de son cousin Jovian Hediger, Erwan Käser a dû attendre fin janvier pour faire un pas vers la Corée du Sud. «Durant l’été, je sentais que j’avais passé un cap, que j’avais une réelle possibilité d’aller aux Jeux. Malheureusement, j’ai mal commencé ma saison et, derrière, ça a été la spirale négative.» Jusqu’au sprint de Planica (Slovénie), enfin synonyme de résultat dans les points (25e place). «Pourtant, c’est la course en marge de laquelle j’étais le moins bien, physiquement. Peut-être que ça m’a enlevé un peu de pression, d’autant que je ne croyais plus totalement aux JO.»

Son état d’esprit Pour des raisons de quotas par nation, encore fallait-il que le Chablaisien, 25 ans, soit officiellement sélectionné par Swiss Ski. «La semaine suivante, on était en camp et le coach est venu me chercher dans ma chambre. Il m’a proposé d’aller s’asseoir dans un coin tranquille. Il a fait semblant de me remonter le moral. J’ai vraiment cru qu’il avait une mauvaise nouvelle à m’annoncer. Quand il m’a dit que j’étais pris, j’ai sauté dans ses bras, j’ai fait pareil avec Jovian et puis j’ai appelé ma famille. C’était unique», explique celui qui participera à son premier grand rendez-vous.

Son ambition Lui aussi plus à l’aise en skating qu’en classique, Erwan Käser préfère penser positif. «Je connais le parcours, le stade et la neige pour avoir disputé l’épreuve pré-olympique l’an passé (ndlr: tout le monde ne s’était pas rendu à PyeongChang, à l’approche des Mondiaux). Si je franchis le prologue (ndlr: top 30), ce sera déjà bien.»

Créé: 08.02.2018, 19h32

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