Mais pourquoi veulent-ils tous venir sauter à Genève?

HippismeLe Concours hippique international, qui démarre jeudi à Palexpo et se termine dimanche avec le Grand Prix, prend toujours plus de hauteur.

Les meilleurs cavaliers du monde – ci-dessus Patrice Delaveau, qui pointe au 6e?rang du classement de la Fédération internationale – se bousculent pour participer au CHI de Genève.

Les meilleurs cavaliers du monde – ci-dessus Patrice Delaveau, qui pointe au 6e?rang du classement de la Fédération internationale – se bousculent pour participer au CHI de Genève. Image: GEORGES CABRERA

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Le buste auguste et le port altier, son Nino des Buissonnets a le regard vif lorsqu’il arrive dans ces écuries de Palexpo. Après être reparti sous les vivats d’une foule en délire l’an passé, Steve Guerdat piaffe d’impatience de revivre ces émotions. «C’est le meilleur concours au monde et c’est l’avis général de tous les cavaliers!» A l’instar du champion olympique, qui a fait de cette étape son cheval de bataille, tous les spécialistes d’équitation le répètent à l’envi: le Concours hippique international (CHI) de Genève, qui réunira depuis aujourd’hui jusqu’à dimanche tout le gratin du milieu, c’est le rendez-vous incontournable. «Quand on n’est pas dans le top 20 c’est une galère pour y participer, tout le monde veut venir ici», reconnaît Patrice Delaveau, champion du monde avec Orient-Express cet été en Normandie.

Un nouvel élan

Mais comment expliquer l’intérêt autour de cet événement qui ne cesse de grimper pour le plus grand bonheur des patrons d’une manifestation qui s’est coupé du monde il y a douze mois en intégrant le Rolex Grand Slam of Schow Jumping. A Genève, qui s’est associé avec Calgary et Aix-la-Chapelle pour créer un circuit parallèle, le concours a franchi une nouvelle étape. «Cela nous a insufflé un nouvel élan, assure le directeur technique Alban Poudret. Ce n’était pas facile de renoncer à la Coupe du monde, mais on voulait rester fidèle à notre sponsor qui s’est appuyé sur des concours de traditions sans rajouter d’autres épreuves hyperdotées mais sans âme. D’être associé aux plus grands concours qui possèdent une infrastructure hors pair et un public qui vibre avec ferveur dans les gradins était aussi très important.»

Le budget prend l’ascenseur

Avec un bonus d’un million offert au cavalier qui réussira à s’adjuger les trois Grand Prix en une année, le budget du CHI a forcément augmenté en franchissant les 6,5 millions. «Il a pris l’ascenseur, confirme Alban Poudret. Si en 2010 il était monté à 7,5 millions lors de la finale de la Coupe du monde, c’est parce qu’on n’avait pas partagé les infrastructures avec le Supercross. Quand j’ai commencé en 1992, le prize money était de 300 000 à 400 000 francs, maintenant il s’élève à 1,9 million alors que le Grand Prix du dimanche est passé de 200 000 à 900 000 francs. On n’est pas encore au niveau de Calgary et d’Aix-la-Chapelle, mais à terme, nous atteindrons la même dotation.» Et quid d’une quatrième étape? «Quand on a mis au point les règlements, on y a pensé, admet Poudret. On a d’ailleurs six à sept candidats sérieux mais on y a renoncé. Car encore plus qu’au tennis, il est difficile de remporter trois épreuves en une année. Si on veut faire entrer un cavalier dans l’histoire de notre sport, il faut que ce soit réalisable.» A ce jour, aucun champion n’est parvenu à remporter le million.

Le confort des cavaliers

Mais pourquoi Genève a-t-il autant la cote? «Au-delà d’une longue tradition, ce concours a toujours su se moderniser et se remettre en question, renchérit le Vaudois. En créant des épreuves inédites, variées, plus courtes et plus spectaculaires, on a rapproché davantage ce sport du public. Pour nous, un concours cinq étoiles, ce n’est pas seulement le prize money. On offre le confort tout autour pour les grooms, les chevaux et les cavaliers avec des écuries et un paddock plus vastes et l’hôtel juste à côté. Je pense qu’à la longue, ce milieu y est sensible et ça se traduit par une bonne humeur générale qui rejailli sur tout le monde. Les 700 bénévoles mettent tout leur cœur et leur âme pour accueillir tous ces champions de la meilleure des façons. C’est presque le petit Noël des concours hippiques…»

Dans les écuries, on piaffe d'impatience, le buste auguste et le port altier, prêt pour un nouveau saut dans l'excellence,

Créé: 11.12.2014, 10h06

Les moments forts du concours

AUJOURD’HUI. Le Grand Prix Credit Suisse (19 h) et le Prix Tribune de Genève (six barres, à la suite).
L’avis d’Alban Poudret:
«Pour la première fois cette année, il y a deux temps forts par jour. Pour le sport, le Grand Prix, qui est très bien doté, va qualifier dix-huit cavaliers, soit la moitié des candidats, pour le dimanche. Suivra, pour le grand public, l’épreuve très spectaculaire des six barres. Le Brésilien Carlos Mota Ribas, un showman, s’est lancé le défi de sauter à 2,15 m, soit de battre le record absolu de Genève de trois centimètres.»

DEMAIN . La finale du top 10 (dès 20 h 30) et la Grande Chasse (à la suite).
L’avis d’Alban Poudret:

«On va se régaler avec les dix meilleurs cavaliers du monde qu’on verra à l’œuvre à deux reprises. Si c’est un honneur pour eux d’être en finale,
ces dix cracks, qui veulent tous la victoire, peuvent tous devenir No 1. Cela promet donc du grand sport avec une belle mise en scène. On terminera cette soirée par la Chasse, une épreuve enlevée, rapide et spectaculaire avec le lac, la butte et cette grande piste de Palexpo.»

SAMEDI. Coupe de Genève (13 h 30), Geneva Classic (19 h 15) et cross indoor (22 h 15).
L’avis d’Alban Poudret
:
«Il y aura un gros enjeu lors des deux premières épreuves, qualificatives pour le dimanche. Et, après d’autres compétitions plus ludiques, le clou du spectacle en soirée avec le cross. C’est la nouveauté 2014 avec des obstacles fixes, ceux des Jeux mondiaux de cet été. Comme en pleine nature. Avec la présence des cinq médaillés mondiaux, on va se régaler. Mais on ne va pas les pousser à trop grande vitesse, on veut éviter les risques.»
DIMANCHE. Coupe du monde d’attelage (10 h 45) et Grand Prix Rolex (14 h).
L’avis d’Alban Poudret:
«L’attelage, très télégénique, plaît beaucoup à Palexpo et aux téléspectateurs. Avec la présence du phénomène Boyd Exell, quasi imbattable en Coupe du monde, on s’attend à du beau spectacle. Il aura face à lui Cyril Maret, maréchal-ferrant à Gingins et Jérôme Voutaz, garagiste à Sembrancher, 4e l’an passé avec ses Franches-Montagnes. J’espère qu’il y aura aussi un exploit romand dans le Grand Prix, pourquoi pas Steve Guerdat, vainqueur déjà à huit reprises à Genève.»

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