À vingt jours de Brésil - Suisse, les enjeux du stage de Lugano

FootballAu Tessin, les Suisses font leurs gammes autour d’une idée commune. Comme en 2016. Avec ce petit truc en plus, Mondial oblige.

Retrouvailles chaleureuses au Tessin entre les ex-Servettiens Djourou (T-shirt rouge) et Zakaria, sous l’œil de Mvongo

Retrouvailles chaleureuses au Tessin entre les ex-Servettiens Djourou (T-shirt rouge) et Zakaria, sous l’œil de Mvongo Image: Keystone

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Si l’horizon d’un Mondial s’étend bien au-delà d’un premier match de groupe, il faut bien reconnaître que ce Brésil - Suisse du 17 juin occulte tout le reste. Dans un ciel constellé d’envies, ce choc dissimule des interrogations fuyantes. À vingt jours de l’affrontement, reste ce sentiment étrange, qui cristallise à la fois l’impatience et l’appréhension de l’équipe de Suisse: on parle d’esprit, de certitudes, de groupe, de nouvelles assurances, mais au fond, le stage de Lugano doit apporter plus de réponses que ça. Infiniment. Ce sont ces enjeux-là qui importent.

Vladimir Petkovic travaille dans la continuité. Pas de surprise dans les 26 appelés si ce n’est l’absence de Fabian Frei, pas plus ou presque pour la liste des 23 qui sera annoncée le 4 juin. Sauf blessures, Gregor Kobel, quatrième gardien, sera biffé; Widmer vraisemblablement aussi; Freuler ou Edimilson Fernandes, c’est le dernier choix à opérer pour le sélectionneur. Non, ce stage suppose d’autres élans. Lesquels?

1. L’union sacrée

La formule semble éculée, mais elle demeure essentielle et chère à «Petko». Il y a deux ans, ne retenant pas Inler et formant le pacte du jeu avec ses internationaux, c’est déjà à Lugano que le sélectionneur avait fédéré les siens autour du projet, juste avant l’Euro en France. Même ville, même hôtel: rien n’est anodin. Petkovic a vu le début d’une aventure au Tessin, il reproduit le schéma. Puisqu’il a toujours les mêmes joueurs, par souci de fidélité et d’équilibre aussi, il saura donner le même message. Avec l’écho de deux années supplémentaires pendant lesquels la Suisse n’a perdu qu’un match (Euro compris), ce Portugal - Suisse d’octobre 2017.

2. Des choix tactiques

Il y a la liste des 23, bien sûr, mais il y a surtout des choix de jeu à opérer. Il reste deux matches amicaux à Petkovic pour s’assurer des schémas qu’il entend utiliser en Russie, le premier dimanche à Villarreal contre l’Espagne, test grandeur nature avant le Brésil. Le second le 8 juin à Lugano contre le Japon. Fabian Frei n’ayant pas été retenu, est-ce à dire que les deux essais (en Grèce et contre le Panama) avec une défense à trois sont oubliés? Possible. Mais bien d’autres organisations ont été testées, du 4-1-2-2-1 modulable au traditionnel 4-2-3-1, en passant par un 4-1-4-1. Sur le plan du schéma de jeu, forte de son Euro 2016 et de ses qualifications pour le Mondial, la Suisse a grandi.

À Vladimir Petkovic de trouver les équilibres désormais, de les anticiper aussi. Bousculer ses propres articulations en cours de match est une nécessité, mais cela n’a pourtant pas toujours été le fort de la sélection helvétique que de s’adapter par le passé.

3. Des choix de joueurs

On sait les certitudes de Petkovic, qui conserve sa confiance à un groupe finalement assez restreint de cadres pour constituer son onze de base. Mais des questions clés et délicates se dessinent. En l’absence de Mehmedi, il faut trouver un animateur du flanc gauche: avec Zuber?; avec un Dzemaili décalé comme tenté à Athènes? En défense centrale, dilemme: Djourou a toujours été irréprochable avec la Suisse, formant une paire très efficace avec Schär. Mais l’émergence d’Akanji pourrait redistribuer les cartes. Enfin, devant, la question récurrente: que faire avec un Seferovic qui n’a disputé que 80 minutes avec Benfica depuis le mois de décembre? Le sélectionneur lui a toujours gardé sa confiance, mais rien ne remplace la compétition et le rythme des matches, tout ce qui lui fait donc cruellement défaut, là où Gavranovic brille et ou même Drmic retrouve des couleurs. Et puis en cas de choix décisif, il va aussi falloir expliquer le tout à ceux qui se retrouveront sur la touche. Jamais simple quand on veut préserver l’union sacrée.

4. Le Brésil, et après?

Brésil - Suisse, ça occupe l’esprit, Mais il y aura encore deux parties décisives, contre la Serbie et le Costa Rica. Ne pas y penser, ce serait retomber dans le tropisme du premier match du Mondial 2010: une Suisse construite pour défendre et spéculer, sans jouer, et qui parvient à ses fins en battant miraculeusement l’Espagne, future championne du monde. Mais la même Suisse alignée ensuite, pour le dernier match de groupe contre le Honduras, sans modifications tactiques et avec le misérable 0-0 que l’on sait, là où il fallait un succès par deux buts d’écart. À vouloir toujours spéculer, Hitzfeld était sans solutions de jeu.

C’est ce que Vladimir Petkovic a compris et corrigé. Il veillera à ce que le choc contre la Seleção auriverde ne tourne pas à l’obsession pour les siens.

Créé: 28.05.2018, 21h36

Djourou est prêt

Quelques jours en famille après une saison compliquée avec Antalya­spor, c’est tout ce qu’il fallait à Johan Djourou pour être gonflé à bloc. Prêt à faire face, même s’il n’était pas du barrage contre l’Irlande du Nord, où un certain Akanji a brillé à sa place.
Inquiet? «J’ai joué la plupart des matches de la qualification, sans problème, explique-t-il. Après, il faut voir: dans ce groupe, il y a de la concurrence. C’est peut-être la forme du moment qui peut s’avérer déterminante.» Ce qui est sûr, c’est que le grand test aura lieu dimanche en Espagne. «Ces matches contre de grandes équipes sont importants, lance Djourou. Cela nous prépare, c’est peut-être un peu ce qui nous a manqué à Lisbonne, lors des qualifications. Mais la Suisse progresse. Nous sommes mieux qu’il y a quatre ans, mieux qu’il y a deux ans aussi. Nous progressons
en groupe et individuellement.»
De bon augure. D.V.

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