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FootballStade-Lausanne est encore le petit. Mais pour combien de temps?

Les Lausannois ont tout fait comme le parfait outsider vendredi contre Grasshopper. Battus avec les honneurs, du mauvais côté des décisions arbitrales.

Roland Ndongo et Stade-Lausanne-Ouchy disposent encore de deux matches pour espérer prendre leur revanche contre Grasshopper cette saison.
Roland Ndongo et Stade-Lausanne-Ouchy disposent encore de deux matches pour espérer prendre leur revanche contre Grasshopper cette saison.
Keystone

Michaël Perrier n'avait pas envie de passer pour un mauvais perdant à deux sous, ni un complotiste de comptoir. Mais après avoir soigneusement énuméré tout ce qu'il a manqué à Stade-Lausanne-Ouchy pour repartir avec autre chose du Letzigrund qu'une défaite honorable, le très bon latéral a tout de même glissé que, quand même, quand t'es le petit SLO contre le grand GC, tu sais dans quel sens vont tourner les décisions arbitrales litigieuses. Il y en a eu deux vendredi soir et celles-ci collent étonnamment parfaitement avec le résultat final (Grasshopper vainqueur 2-0).

Au match aller, le camp stadiste s'était emporté plus par frustration que tout autre chose contre le trio arbitral. Cette fois, l'agacement était nettement plus légitime, mais les Lausannois sont intelligemment restés à leur place. Des reproches ont certes été formulés, mais cela n'a jamais dépassé les limites. La bonne réaction.

Un jaune pour Cvetkovic, un stop pour Gazzetta

Les deux décisions en question? Une chevauchée de Yanis Lahiouel, qui partait, certes de loin, mais seul en direction du but adverse. Aleksandar Cvetkovic l'a coupé sec dans son élan, le contact était indiscutable, M. Alessandro Dudic a opté pour le carton jaune. Un scandale absolu? On n'ira pas jusque-là. Mais évoquons en tout cas un choix étonnant. On vivait la 29e minute, le scénario de la rencontre aurait pour sûr été différent.

Deuxième situation, le coup de tête de la 81e minute de Karim Gazzetta tandis que le tableau d'affichage montrait encore 1-0. L'envoi est à bout portant, le gardien Mateo Matic se trouve sur sa ligne lorsqu'il plonge sur son côté gauche et vers l'arrière. Le ballon a-t-il franchi la ligne lorsque le dernier rempart zurichois le détourne? Aucune caméra ne le montre précisément et la VAR est de toute manière absente des pelouses de Challenge League. Les cinq Lausannois présents dans la surface lèvent les bras, les Zurichois font mine de rien (c'est de bonne guerre...) et M. Dudic laisse le jeu se poursuivre.

Pour une fois, une jeunesse un peu juste

Peut-on écrire que le SLO a été ouvertement lésé vendredi soir? Non. Il a simplement été considéré comme l'outsider, qui doit souvent en faire un peu plus que les autres pour l'emporter. Ce qu'il faut dire, c'est qu'il a aussi par moment démontré sur le terrain pourquoi il n'était «que» l'outsider lorsque l'adversaire se nomme Grasshopper. Et on insiste sur le «par moment», tant les Lausannois ont su rendre ce choc au sommet palpitant au profit d'une nouvelle performance d'ensemble de grande qualité.

On parle souvent de la jeunesse désinhibée et triomphante des Vaudois. La performance de Justin Hammel pour sa première titularisation devant les buts est un exemple de plus à ajouter à une longue liste. Mais vendredi soir, Lavdrim Hajrulahu s'est trop souvent troué derrière, Giovani Bamba a moins pesé qu'à son habitude à mi-terrain et Mergim Qarri s'est trompé lorsqu'il s'est retrouvé seul face à Mateo Matic. Par leurs qualités et/ou leur profil atypique, ces trois hommes-là font un bien fou à Stade-Lausanne. Mais à Zurich, ils ont rappelé que leur progression n'a rien d'innée et qu'elle peut aussi se retrouver temporairement bloquée devant une marche un peu plus haute que les autres.

Le bon mélange, un dosage à ajuster

L'avantage dans ces cas-là, c'est qu'on se rend un peu mieux compte de l'importance des tauliers de ce groupe. Christopher Routis était-il la recrue dont Stade avait besoin l'été dernier? On admet en avoir parfois douté. Des matches comme celui de vendredi, où la tension se veut plus palpable qu'à l'accoutumée, nous pousse à comprendre qu'on faisait fausse route. Pareil pour Rafidine Abdullah, tellement sobre et efficace qu'on en vient parfois à oublier son apport essentiel. Lorsque l'adversité monte d'un cran, son talent éclate nettement mieux au grand jour.

Il y a là quelque chose de rassurant. Le mélange stadiste est le bon. Reste simplement encore parfois à trouver le bon dosage. Et là, enfin, plus personne ne parlera du «petit» Stade-Lausanne-Ouchy.