Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Politique suisse
Comment le Parti Pirate combat l’identité électronique

Un homme en pull noir à manches longues et lunettes, les bras croisés, debout devant un bâtiment moderne. Photo prise en janvier 2025.
En bref:
  • Le Parti Pirate Suisse a lancé un référendum contre la loi sur l’e-ID.
  • Jonas Sulzer, chargé des signatures, critique la sécurité de l’e-ID.
  • Il estime que la loi ne respecte pas la dignité humaine comme affirmé.
  • Les Pirates critiquent aussi l’accès des GAFAM aux données protégées.

La carte d’identité électronique a été refusée par le peuple en 2021. Un an plus tard, le Conseil fédéral a présenté une nouvelle loi. Berne espère que les citoyens pourront télécharger dès 2026 la carte d’identité numérique sur leur téléphone portable.

Or cette loi a du plomb dans l’aile. Vendredi, le Parti Pirate a lancé le référendum. Il doit réunir 50’000 signatures d’ici au 19 avril. Membre du comité du Parti Pirate Suisse, le Bâlois Jonas Sulzer est responsable de la récolte de signatures.

Cet homme de 24 ans étudie la cybersécurité à l’EPFL. Il fait partie des meilleurs dans ce domaine. «La loi sur l’e-ID n’est pas solide», affirme Jonas Sulzer. Bien qu’améliorée par rapport à celle de 2021, la loi présente des lacunes criantes.

Comme d’autres informaticiens, Sulzer a rejoint le Parti Pirate car son programme lui parle: plus de transparence et de liberté sur internet, pour une protection accrue des données.

La question de la protection des données

L’étudiant mène désormais la lutte contre la loi sur l’e-ID. Sa tâche: démontrer au grand public que la numérisation de l’identité est dangereuse.

Dans les discours des Pirates, la «dignité» revient souvent. Jonas Sulzer s’en sert aussi. Au fond, si la loi respectait la dignité humaine, il ne s’y opposerait pas. Un des points faibles: les autorités pourront taxer les personnes dépourvues d’e-ID utilisant des services publics. «Dans les faits, l’e-ID n’est donc pas réellement facultative.» Pourtant, la loi précise qu’elle n’est pas obligatoire.

De plus, le texte n’exclut pas que des organisations coopèrent et relient entre elles des données privées afin d’affiner des profils personnels. Selon lui, il faudrait garantir que seules les données indispensables à un contrôle précis soient transmises. Lorsqu’une pièce d’identité est exigée pour contrôler l’âge par exemple, seul l’âge serait saisi, sans date de naissance ni commune d’origine, soit un minimum d’informations.

Actuellement, chaque citoyen laisse déjà une trace de ses données sur internet. Jonas Sulzer démontre que l’e-ID serait un saut quantique en matière de récupération des données («écrémage»). «L’un des gros problèmes, impossible à résoudre techniquement aujourd’hui, est la possibilité de relier les données e-ID via des identifiants uniques. Il s’agit de données auxiliaires aisément identifiables; elles sont transmises automatiquement à chaque connexion d’une e-ID. Grâce à ces données numériques, des sociétés peuvent associer toutes les données d’une personne. Le droit à la vie privée serait pulvérisé.»

Mobiliser les jeunes

Les Pirates visent un autre dossier lié à ce projet: la loi sur la protection de la jeunesse en matière de cinéma et de jeux vidéo. Elle prévoit de contrôler l’âge pour accéder à Facebook, X, TikTok, YouTube, etc. Son entrée en vigueur, prévue au 1er janvier 2025, a été repoussée jusqu’à l’introduction de l’e-ID.

Pour le Parti Pirate, cette loi permet aux GAFAM d’accéder à certaines données de leurs utilisateurs censées être protégées par les autorités. Toute la population devrait s’enregistrer avec son ID, pas juste les jeunes adultes. Les gens ne sont pas conscients de cela.

Le cyberspécialiste s’est retiré de plateformes comme X et Instagram, lorsqu’il a compris qu’elles sont conçues pour rendre leurs utilisateurs dépendants. Pour y parvenir, elles enregistrent le plus de données possible sur les usagers. «Nous devons informer les jeunes de ce qui se passe.»

S’ils veulent réussir, les Pirates devront rapidement trouver des alliés, car ils n’atteindront pas seuls le but.

Newsletter
«Santé & Bien-être»
Conseils, actualités et récits autour de la santé, de la nutrition, de la psychologie, de la forme et du bien-être. Chaque mardi dans votre boîte mail.

Autres newsletters