La crèche romande qui séduit les Zurichois

Petite enfanceLe jardin d’enfants Little Green House, imaginé par Barbara Lax a inauguré sa première structure d’accueil outre-Sarine. Rencontre avec sa fondatrice.

Les éducateurs de Little Green House parlent français, allemand et anglais. De quoi familiariser les enfants avec le plurilinguisme.

Les éducateurs de Little Green House parlent français, allemand et anglais. De quoi familiariser les enfants avec le plurilinguisme. Image: LITTLE GREEN HOUSE

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Tout est parti d’une frustration. Ne trouvant pas de crèche correspondant à ses attentes, Barbara Lax a décidé de lancer la sienne. En 2012, elle inaugurait le premier jardin d’enfants privés – Little Green House – à Gland. Suivront deux autres sites à Morges et un quatrième à Versoix. Cet été, le cinquième a ouvert ses portes à Zurich. Une première incursion en terres alémaniques que la fondatrice attendait avec impatience. «Dépasser le Röstigraben», dit-elle, figure dans l’ADN de ses structures d’accueil.

Explication: que ce soit sur La Côte ou sur les bords de la Limmat, les éducateurs de Little Green House parlent français, allemand et anglais. Un encadrement plurilingue destiné à «faire tomber les blocages linguistiques dès la petite enfance», explique Barbara Lax.

Des repas bios

À Zurich, l’établissement occupe 650 m2 du rez-de-chaussée d’un immeuble de bureaux. Il a aussi son propre jardin, où les enfants pourront bientôt cultiver leur propre potager. Privilégier le contact avec la nature, c’est le deuxième pan fondateur de Little Green House (la «petite serre» en anglais). Cette volonté transparaît dans le contenu des assiettes: les repas et quatre heures sont bios ou de provenance locale. Mais aussi par des activités quotidiennes à l’extérieur.

Le réseau Little Green House compte aujourd’hui 350 places pour 700 familles. Il emploie 150 personnes et dégage un chiffre d’affaires de 8 millions de francs. Un succès remarqué dans un secteur risqué et peu profitable qui a permis à sa fondatrice de décrocher l’an dernier le titre de femmes d’affaires 2017, décerné par la marque Veuve Cliquot.

Tout cela ne s’est pas fait sans peine. Même pour cette ancienne concurrente de la course de triathlon Ironman. «C’était vraiment beaucoup plus éprouvant psychologiquement. Je n’avais aucune idée comment gérer, motiver, rassurer une équipe. J’ai tout appris sur le tas, à la dure.»

Bières contre crèches

Née en Allemagne, Barbara Lax s’est notamment formée à l’EPFL comme ingénieure en génie civil et en méthodes numériques. L’envie de se lancer dans l’accueil préscolaire remonte à 2010, après la naissance de sa fille. Elle travaille alors pour une multinationale américaine basée à Genève.

Si elle pouvait lancer sa propre société, que ferait-elle? Ce sujet de discussion entre amis sera le point de départ de sa carrière entrepreneuriale. Son concept de crèches écolos et plurilingues emballe son entourage, bien plus que sa première idée: ouvrir un Biergarten au parc des Bastions, à Genève.

«En Bavière, où j’ai grandi, les crèches privilégient le contact avec la nature. Alors qu’en Suisse romande ce n’est pas dans les mœurs, on est plus prudent avec les sorties.» Pour financer son réseau de crèches, Barbara obtient difficilement un emprunt: seule la Banque Alternative, grâce à un programme destiné à aider les femmes à lancer leur entreprise, accepte de lui accorder un crédit de 500'000 francs.

En contrepartie, elle doit mettre en gage sa maison, dans les environs de Nyon. Elle complète la somme avec ses propres économies et la contribution d’un investisseur. Par sécurité, elle ne quitte pas son emploi, empile les heures de travail sur son temps libre. Avant de se consacrer entièrement à Little Green House six mois plus tard.

Libéralisme zurichois

Aujourd’hui, Little Green House a trouvé son public entre Morges et Versoix. Le concept fera-t-il aussi recette de l’autre côté de la Sarine? Barbara Lax n’en doute pas, malgré un environnement plus compétitif.

«À Zurich, l’offre privée est plus importante car les parents peuvent utiliser les subsides pour envoyer leur enfant dans une crèche publique mais aussi privée. Ce n’est pas le cas dans les cantons de Vaud et de Genève.»

L’entrepreneur plaide pour que ce libéralisme zurichois soit adopté partout dans le pays afin de stimuler la création de garderies privées. «Rendre celles-ci plus accessibles permettra de soulager la pénurie de places dans les crèches publiques. Cela favoriserait aussi la mixité. Ici à Zurich, les enfants viennent de différents horizons. Alors qu’à Genève, à l’autre extrême, seuls les parents qui ont des moyens peuvent s’offrir une crèche privée. Ou ceux qui n’ont pas d’autre choix.»

(24 heures)

Créé: 04.01.2019, 12h07

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