«Pour la 1ère fois, les prix sont comparables avec l'étranger»

MédicamentsAlain Berset se défend d'avoir cédé aux pression de la pharma dans le nouveau système de fixation du prix des médicaments. Cela n'engendrera des baisses de prix qu'en 2016, malgré l'abolition du taux plancher.

Alain Berset estime avoir trouvé le juste chemin entre les intérêts de la pharma et celui du pays.

Alain Berset estime avoir trouvé le juste chemin entre les intérêts de la pharma et celui du pays. Image: Keystone

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Le conseiller fédéral Alain Berset a présenté mercredi 29 avril le nouveau système de fixation du prix des médicaments. Celui-ci s'appliquera dès le 1er juin 2015, alors qu'il était question de le lancer au début de l'année déjà suite à l'abolition du taux plancher du franc face à l'euro. Mais les réductions de tarifs n'interviendront pas avant 2016. La résistance de l'industrie pharmaceutique, qui contestait la réforme semble donc avoir payé. Interview avec le chef du Département fédéral de l'intérieur.

24 heures Le prix des médicaments est l’un des uniques leviers dont vous disposez pour diminuer les coûts de la santé. Aujourd’hui les mesures proposées permettent plus de stabiliser les prix que de réellement les faire baisser. Est-ce que ce levier est bloqué?

Alain Berset: Ah non. Je crois que nous avons vraiment fait baisser le prix des médicaments ces 3 dernières années pour un montant total de 600 millions de francs par an. On sait qu’il y a encore du travail, notamment dans le domaine des génériques. Nous viendrons d’ici la fin de l’année avec un projet qui fera baisser leur prix et les utiliser davantage. Et là, avec cette révision, nous apportons aussi beaucoup d’améliorations en termes de transparence et de clarté du système. C’est une étape de plus. Et nous nous attendons à de nouvelles baisses lorsqu’il y a aura la prochaine ronde de correction des prix des médicaments.

Dans l’immédiat, les Suisses vont continuer à payer le prix de leurs médicaments avec un taux de change de un peu plus de 1,20 franc pour 1 euro. La pilule est dure à avaler, non?

Tout d’abord, il faut dire que pour la première fois cette année, nous avons en Suisse des prix de médicaments qui sont comparables avec l’étranger. C’est un immense progrès. Maintenant, il est vrai que la situation a encore changé avec les décisions de la BNS d’abolir le taux plancher au début de l'année. Mais on en tiendra compte dans la prochaine modification des prix des médicaments. Car on ne peut pas modifier ces prix chaque semaine ou chaque mois. Ce qu’il faut dire aussi c’est que les prix des médicaments ne varient pas selon le taux de change. Lorsque celui-ci baisse, les prix baissent, mais une fois qu’ils ont baissé, si le taux de change remonte, les prix ne remontent pas eux, contrairement à une voiture par exemple. Avec les médicaments, les prix ne font que descendre.

Donc vous n’avez pas cédé aux pressions de la pharma?

Je crois que le Conseil fédéral travaille dans l’intérêt du pays et nous avons évidemment cherché l’équilibre entre la maîtrise des coûts et les prix des médicaments. Mais c’est vrai que nous avons aussi tenu compte de ce que l’industrie pharmaceutique apporte à la Suisse et trouvé un équilibre entre des intérêts fortement divergents qui se sont beaucoup exprimés. Et c’est le rôle du Conseil fédéral de montrer le chemin au milieu de ces intérêts très divergents.

Dans le panel de pays qui permettent la comparaison des prix avec l'étranger, vous avez ajouté la Belgique, la Suède et la Finlande. Des pays où les prix des médicaments sont chers. Est-ce que cela va vraiment permettre de faire baisser les coûts chez nous?

Cela va surtout stabiliser les comparaisons avec les pays qui nous entourent. Là où parfois un médicament n’est pas vendu, ou pourra se référer à d’autres pays pour faire des comparaisons. Surtout, et c’est nouveau pour l’établissement des tarifs en Suisse, nous prenons en compte des rabais qui existent dans d’autres pays. Ce n’était pas encore le cas jusqu'ici. C’est donc une forte amélioration. Et dans ce panel, nous avons pris des pays dont le niveau de vie est comparable avec la Suisse. On pourrait en choisir d’autres. Mais si ceux-ci n’ont pas les mêmes médicaments que nous, cela ne sert pas à grand-chose pour les comparaisons que nous souhaitons.

Créé: 29.04.2015, 16h58

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