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ConséquencesLe «non» au Gripen menace près de 200 emplois chez Ruag

Les Suisses ont rejeté dimanche à 53,4% l'achat de 22 avions de combat Gripen. L'entreprise lucernoise Ruag évoque déjà des conséquences négatives sur l'emploi.

La production de 60 dispositifs de suspension de charge pour les jets Gripen de l'armée suédoise est remise en question.
La production de 60 dispositifs de suspension de charge pour les jets Gripen de l'armée suédoise est remise en question.
Keystone

Le vote négatif des Suisses dimanche sur l'achat des Gripen aura des effets sur l'industrie suisse. La société Ruag d'Emmen (LU) estime que «les répercussions pourraient affecter jusqu'à 200 postes à moyen et long terme à défaut de contre-mesures appropriées».

Un certain flou règne autour des achats compensatoires un jour après le vote sur les Gripen. Du côté d'Armasuisse, le centre de compétences de la Confédération pour l'acquisition de matériel de défense, on se veut apaisant. «Les transactions, représentant 250 millions de francs à titre de compensations, restent d'actualité», a dit à l'ats François Furer, porte-parole d'Armasuisse.

Saab a passé plus de 600 contrats avec 125 entreprises suisses pour un montant qui dépasse les 400 millions de francs. Armasuisse va continuer à vérifier les contrats restants, a poursuivi son porte-parole.

Contrats maintenus, selon Saab

Chez Saab aussi, «les commandes vont être maintenues selon les conditions du contrat», a souligné Mike Helmy, porte-parole de Saab pour le Gripen en Suisse.

Chez Ruag, la déception est vive. Le contrat de RUAG Aerostructures - annoncé début mars pour le développement et la production de dispositifs de suspension de charge, utile pour le Gripen E - se limite désormais à la phase de développement et de prototypage pour un montant de 15,5 millions de francs, selon une note interne de Ruag parvenue à l'ats lundi.

En revanche, la production en série de 60 dispositifs de suspension est remise en question. SAAB a également la possibilité de confier la production en série à hauteur de 52,5 millions de francs en dehors de la Suisse, poursuit Ruag. Saab affirme pour sa part maintenir son contrat avec Ruag, selon les conditions établies.

Incertitudes

À court terme, ce vote négatif aura une incidence sur l'activité de maintenance de RUAG Aviation, étant donné l'abandon des Tiger F-5 en 2016, relève encore la société lucernoise. De son côté, Pilatus, l'autre société la plus impliquée en Suisse avec Ruag auprès de Saab, ne souhaite pas faire de commentaire.

Fin mars, l'avionneur helvétique annonçait avec Saab qu'ils essaieraient ensemble de vendre une vingtaine d'avions d'entraînement PC-21 à la Suède. La balle est dans le camp du gouvernement et du parlement de ce pays.

Des dizaines de PME - des sous-traitants - sont aussi concernées par le vote de dimanche. La société Creative electronicv system (CES) au Grand-Lancy (GE), par exemple, collabore avec Saab depuis quelques années. Mais elle espérait une augmentation de travail de 5 à 10%, impliquant des engagements de personnel, selon Hervé Garchette de CES.

Payerne en attente

En plus des PME, les aérodromes militaires comme celui de Payerne - qui a accepté à 60% l'acquisition des Gripen - sont aussi touchés de plein fouet par le vote de dimanche. Selon la syndique de Payerne, Christelle Luisier, sur la radio rts lundi, «il y avait la possibilité d'accueillir un centre de compétences Gripen, avec des emplois à la clé. Sans oublier le projet de faire tourner les avions 24h/24, et la centaine de postes promis à Payerne: on ne sait pas ce qui va advenir de ce projet».

Des inquiétudes renforcées dans la cité boyarde, qui a en plus lancé un projet d'aéropôle: «cette exploitation civile n'est possible qu'avec le soutien de l'armée qui est en place».

ats

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