Les 5 votations qui ont provoqué la migraine

Initiatives populaires fédéralesL’initiative «Monnaie pleine» est difficile à cerner. Par le passé, d’autres sujets se sont avérés ardus et ont été rejetés.

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Voulez-vous subventionner les cornes des vaches? Êtes-vous d’accord que l’armée achète de nouveaux avions de combat? L’immigration en Suisse est-elle trop massive? Autant de questions, et de sujets de votation, sur lesquels on peut dire oui ou non. Mais tous ces enjeux ont un point commun: ils sont immédiatement intelligibles pour la population.

En revanche, il y a des sujets abscons qui donnent la migraine. Nous en avons sélectionné cinq qui datent de ces dernières années. Et on peut dire qu’ils portent la poisse en votation.

1) Monnaie pleine et révolution bancaire

La votation prise de tête du moment, c’est incontestablement l’initiative «Monnaie pleine» soumise au vote le 10 juin. On comprend que les initiants veulent mettre le franc suisse à l’abri des crises monétaires. Mais comment exactement? C’est là que cela se corse méchamment. Il s’agit de confier à la Banque nationale suisse la haute main sur la production de monnaie aussi bien numérique qu’électronique. Pas évident, dans la mesure où on peine déjà à comprendre comment la BNS fait marcher la planche à billets (électroniques) pour acheter des centaines de millions d’euros afin d’affaiblir le franc suisse jugé surévalué. Les derniers sondages indiquent que l’initiative «Monnaie pleine», qui n’est appliquée dans aucun pays, n’a pas la moindre chance.

2) Réforme fiscale et intérêts fictifs

En 2017, la réforme fiscale du siècle (RIE III) a été soumise au peuple. Elle prévoyait la suppression de statuts fiscaux opaques pour les entreprises étrangères. Mais pour ne pas provoquer une hémorragie, on baissait la fiscalité de toutes les entreprises avec, de surcroît, des sucres de toutes les couleurs. Il y avait des rabais pour l’innovation ou la recherche avec des remises supérieures à 100%. Mais le plus compliqué a été de comprendre la NID, la déduction des intérêts notionnels. Un moyen de déduire des intérêts… fictifs pour ne pas désavantager les sociétés fortement capitalisées. La population s’est gratté la tête et a préféré la notion… de son propre intérêt. Elle a dit non à 59%.

3) Un revenu de base sans base de revenu

En 2016 a débarqué devant le grand public un ovni politique: le revenu inconditionnel de base. La première partie a été simple à comprendre. Il s’agissait de verser un revenu fixe à chacun, indépendamment du fait qu’il travaille ou non. La suite a été plus compliquée. Personne n’a compris d’où viendrait l’argent pour financer ces largesses. Mi-indignée, mi-rigolarde, la population a renvoyé les utopistes à leurs chères études par 77% de non. La Finlande, qui avait décidé d’effectuer un test pratique sur le revenu inconditionnel, vient d’annoncer qu’elle arrêtait les frais.

4) La TVA verte ou «Tout Va Arriver»

Ils étaient fiers comme Artaban, les Vert’libéraux. Pour la première fois de leur histoire, ils avaient réussi à récolter plus de 100 000 signatures en faveur de leur projet révolutionnaire: une TVA verte! Aux orties la TVA classique, place à une taxe sur l’énergie. Chaque source d’énergie non renouvelable allait être taxée selon des barèmes différents en tenant compte du développement durable. Une partie de l’argent pouvait être affectée à l’AVS, voire aux primes maladie. La TVA, pourtant première source de revenus de la Confédération, passait à l’as. La population n’a rien compris à cette usine… à gaz. Elle a fait du petit bois de l’initiative en ne lui accordant que 9% des voix en mars 2015.

5) Sauvez l’or, sauvez la Suisse

On l’a déjà oubliée. Mais l’initiative «Sauvez l’or de la Suisse» de l’UDC, c’était un peu la répétition générale de l’initiative «Monnaie pleine». Derrière les deux textes, la même crainte: que la production d’argent repose sur du sable. Il fallait donc dans ce cas du solide. Et qu’est-ce qui est le plus solide? L’or! L’initiative demandait que la Banque nationale suisse soit obligée de détenir une part importante de ses actifs en or. Cette part ne devait pas être inférieure à 20% et elle devait être stockée en Suisse. La pertinence ou l’imbécillité d’une telle mesure a été discutée d’un point de vue technique. Mais le débat est passé largement au-dessus de la tête des gens. Ces derniers ont préféré le statu quo à l’achat massif d’or. Ils ont dit non à 77% en 2014. (24 heures)

Créé: 07.05.2018, 19h31

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