Après le débat sur l'héliski, voilà celui sur l'hélibike!

TourismeUne nouvelle offre est développée à Zermatt. Déjà opposés à l’héliski, les écologistes montent au créneau.

Trois excursions sont proposées à Zermatt, dont deux traversent un glacier. En Valais, un autre opérateur s'intéresse au concept.

Trois excursions sont proposées à Zermatt, dont deux traversent un glacier. En Valais, un autre opérateur s'intéresse au concept. Image: Pascal Gertschen

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Vous avez aimé le débat sur l’héliski? Alors vous allez adorer celui sur l’hélibike. Pour la première fois cette année, des touristes ont la possibilité de se faire déposer en hélicoptère sur une place d’atterrissage, puis de redescendre dans la vallée à vélo tout-terrain.

Comme l’a révélé la «NZZ am Sonntag», une telle offre est proposée par Zermatt Tourisme. Trois excursions sont possibles de juin à novembre, vers les zones d’atterrissage d’Unterrothorn, d’Aeschihorn et d’Alphubeljoch. Les prix varient de 80 à 370 francs par personne, deux des trois offres nécessitant de traverser un glacier en compagnie d’un guide.

La réaction ne s’est pas fait attendre. L’organisation de protection des Alpes Mountain Wilderness Suisse, qui se bat déjà contre l’héliski, qualifie cela d’«absurde». «De telles offres existent à l’étranger et nous n’avons pas été surpris de les voir apparaître en Suisse. Mais nous sommes déçus», commente sa directrice, Maren Kern. Pour elle, un VTT n’a rien à faire sur un glacier. Elle critique également le fait que, pour une des excursions, les sportifs sont déposés à quelques mètres d’un téléphérique.

Conflits «programmés»

Aux yeux de Mountain Wilderness Suisse, les problèmes sont les mêmes qu’en hiver: les émissions de CO2 et le bruit. Pour les animaux, les dérangements sont moindres en été. Mais alors que le ski nécessite de monter à une certaine altitude pour trouver les bonnes conditions, le VTT ne pose pas cette exigence. Le risque est donc que les conflits augmentent. «La hausse des réactions négatives des randonneurs contre les «cyclistes-kérosène» est programmée», prédit Maren Kern.

Porte-parole de l’Office du tourisme de Zermatt, Simona Altwegg relativise l’importance de cette nouvelle offre. «Pour l’instant, seuls trois ou quatre groupes en ont profité. Les vols d’hélibike représentent une fraction de tous les vols d’Air Zermatt. Seul un nombre limité de vététistes possèdent les compétences techniques nécessaires et souhaitent profiter de l’offre.»

La pollution? «Air Zermatt consomme la même quantité de kérosène en un an qu’un seul vol atlantique dans l’aviation civile. Si les vététistes doivent voyager à l’étranger pour poursuivre leur passion, c’est beaucoup moins respectueux de l’environnement.»

Simona Altwegg rappelle encore que la pratique est légale. En Suisse, les atterrissages d’hélicoptères sont autorisés au-dessus de 1100 mètres d’altitude sur des places prévues à cet effet. L’Office fédéral de l’aviation civile précise qu’une autorisation n’est pas nécessaire pour chaque vol. Mais cette pratique fait débat. En janvier, le Tribunal administratif fédéral a annulé une décision de la Confédération de supprimer deux places d’atterrissage en montagne. Un recours a été déposé.

Autre compagnie intéressée

L’hélibike a-t-il un avenir en Suisse? Il est trop tôt pour le dire, mais la compagnie Héli-Alpes, à Sion, s’y intéresse aussi. L’idée serait d’atterrir notamment à Arolla, au glacier de Tsanfleuron ou à la Croix-de-Cœur. «En hiver, l’héliski est une activité importante pour les compagnies. Nous cherchons un pendant pour l’été», explique Jean-Daniel Berthod. Le directeur opérationnel d’Héli-Alpes balaie les critiques en relevant que «cette pratique reste limitée à quatre ou cinq places sur la quarantaine de zones d’atterrissage que compte toute la Suisse» et que «nous évitons d’aller là où se baladent les piétons».

Aller toujours plus loin

Jean-Daniel Berthod défend un accès pour tous aux sommets. Il veut aussi faire travailler sa compagnie et les professionnels de la montagne. L’Association suisse des guides de montagne n’a toutefois pas encore pris position sur le sujet. À titre personnel, son président, Marco Mehli, est critique. «Il y a déjà suffisamment de débats autour de l’héliski», note le Grison, ajoutant que les Alpes sont parcourues par beaucoup de monde. «Ces offres existent depuis des années au Canada, où il y a de l’espace. Mais la Suisse est petite, de telles excursions dérangent beaucoup de gens.»

Mountain Wilderness Suisse redoute en tout cas que «l’hélicoptère soit toujours plus utilisé et la frontière poussée plus loin». De tels appareils ont déjà servi à des demandes en mariage, des cours de yoga, des apéros ou des fondues sur un glacier… Un hôtel du Haut-Valais propose même à ses clients de bénéficier d’un massage en altitude après un vol en hélico. (24 heures)

Créé: 24.07.2018, 18h06

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