Berne essaie de rendre le préservatif plus bandant

Lutte contre le sidaLes gens estiment que la capote protège mais qu’elle restreint le plaisir. La Confédération veut changer cette perception

Vidéo: Campagne Lovelife

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Le préservatif jouit d’une bonne image. C’est l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) qui le dit. Avec l’Aide suisse contre le sida et Santé sexuelle Suisse, il a commandé une étude qui montre que le condom est prioritairement perçu comme un instrument protecteur contre les risques de maladies sexuellement transmissibles.

Ça, c’est la bonne nouvelle pour les milieux de la prévention. La mauvaise, c’est que 58% des personnes interrogées estiment que le préservatif constitue une interruption malvenue de l’acte sexuel et rend le rapport moins intense. Une image négative qui a des conséquences. Une partie non négligeable des gens préfèrent, à l’insu de leur plein gré, ne pas mettre une capote lors de rapports occasionnels. Mauvais pour les risques d’infection et mauvais pour la propagation du sida, même si le nombre de morts est à la baisse.

Comment rendre le préservatif plus sexy? En le sortant de son rôle de gêneur à connotation médicale pour en faire un acteur de premier plan lors des ébats amoureux entre partenaires occasionnels. La campagne «Love Life» sort donc le grand jeu pour mettre la capote en vedette. Sur les affiches, elle apparaît au premier plan avec le slogan: «Et… action!» Pour rendre le geste plus ludique, l’emballage se déchire par le milieu. «Notre message est simple, résume Barbara Berger, directrice de Santé sexuelle Suisse. Le sexe protégé est aussi source de plaisir. Et plus on a l’habitude du condom, plus on y prend du plaisir.»


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La Confédération, qui a des intentions louables de diminuer encore le nombre d’infections dues au VIH, n’est-elle pas cependant en train de pratiquer la méthode Coué en portant le préservatif au septième ciel? N’est-il pas vain de tenter de nous faire croire que le préservatif, ce bout de plastique qui enserre le sexe et le prive du contact direct avec la peau du ou de la partenaire, est superfun? Pascal Strupler, directeur de l’OFSP, ne mollit pas. «Certes, nous ne pourrons pas éliminer facilement l’idée que le préservatif va de pair avec une réduction du plaisir. Mais certains psychologues estiment aussi que la notion de plaisir réside avant tout dans la tête des gens. Nous travaillons donc sur la notion du réflexe et sur la sensation de plaisir que l’on peut aussi ressentir à être mieux protégé.» Barbara Berger ajoute également que «mettre un préservatif à quatre mains» peut aussi être une source de plaisir.

Large public visé

Cette année, la campagne «Love Life» ne cible pas particulièrement les homosexuels. Les hétéros de tous âges et de tout poil figurent également au programme. Cela va de la jeune femme à la crinière incandescente à l’éphèbe au torse imberbe en passant par la quinquagénaire rigolarde. On s’adresse donc aussi bien aux grands ados qui vont connaître leurs premières aventures qu’aux divorcés-séparés de retour sur le «marché» du sexe occasionnel.

Tout un chacun peut aussi vérifier si ses pratiques sexuelles sont sûres. Comment? En passant son test de «Safer sex check» sur lovelive.ch. Un questionnaire vous pose des questions simples sur vos pratiques et vous donne des conseils pour éviter le sida ou d’autres infections sexuellement transmissibles (IST). Si vous préférez le contact humain pour avoir des réponses, une des 70 antennes de Santé sexuelle Suisse vous recevra et vous donnera des renseignements gratuits taillés sur mesure. On vous aide aussi à choisir le bon préservatif. Comme le dit un personnage de la campagne, «c’est comme choisir des chaussures: il ne faut pas qu’elles soient trop courtes ou trop grandes, trop serrées ou trop larges».

2 millions de francs

Cette campagne de prévention, qui démarre dans toute la Suisse, coûte près de 2 millions par année à la Confédération. Une somme que l’OFSP met en rapport avec le coût du traitement du VIH: 1 million de francs par personne en moyenne pour un traitement à vie.

Créé: 04.11.2019, 20h56

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