«C’est un combat essentiel, non pas pour le PS mais pour l’avenir de nos retraites!»

PrévoyanceLe Parti socialiste est, avec le PDC, le grand artisan de la Prévoyance vieillesse 2020. S’il l’emporte le 24 septembre, le parti aura réussi le grand chelem durant la législature, après la victoire contre la réforme fiscale des entreprises. Le président Christian Levrat nous répond.

Christian Levrat, Président du Parti socialiste suisse

Christian Levrat, Président du Parti socialiste suisse Image: Keystone

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La Prévoyance 2020 est-elle l’enjeu majeur de la législature pour le PS?
Ce n’est pas un combat essentiel pour le PS, c’est un combat essentiel pour les retraites. Cette votation doit permettre de consolider les finances de l’AVS. Pour la première fois depuis quarante ans, nous avons la possibilité d’augmenter les rentes et ainsi de défendre les intérêts des milieux populaires et des classes moyennes.

C’est un compromis concocté par le PS et défendu par Alain Berset. Un échec retomberait sur vous.
C’est clair que c’est un dossier important pour nous. Le PLR a essayé par deux fois de réformer les retraites, et il a échoué. Aujourd’hui, c’est la dernière qui sonne. Ne rien faire est inenvisageable. Le peuple a deux concepts devant lui. Celui de la droite dure qui veut une augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans et une compensation partielle des coupes effectuées dans le deuxième pilier; et de l’autre un compromis qui permet de maintenir le niveau des rentes et de consolider l’AVS.

Comment allez-vous gérer les voix discordantes à gauche?
Il y a des irresponsables dans les deux camps. D’un côté, la droite dure. Ce n’est pas une surprise. En 1947, l’Union patronale s’était déjà opposée à la création de l’AVS. Aujourd’hui, les milieux économiques les plus dogmatiques misent sur un effondrement du premier pilier pour favoriser des solutions individuelles. De l’autre, l’extrême gauche, qui se trompe de combat. En ce qui concerne le PS, je ne vois pas de divisions; 90% de nos membres ont accepté le projet lors de la consultation interne.

Faut-il laisser le «lead» au PDC durant la campagne pour montrer qu’il ne s’agit pas d’une réforme «de gauche»?
La coordination de la campagne est déjà dans les mains du PDC. J’attends de tous les élus – de gauche ou du centre – qu’ils s’engagent pour expliquer le contenu de cette réforme. Ce ne sera pas un match partisan. La question qui se pose, c’est si la Suisse soutient les grandes réformes modérées. Elle a déjà donné deux signes positifs. Le peuple a refusé la RIE III, car le paquet n’était pas équilibré. A l’inverse, il a accepté la Stratégie énergétique 2050, issue d’un large compromis.

Depuis le virage à droite du parlement, le PS enchaîne les victoires. Pourquoi?
La stratégie que nous avons définie – l’opposition constructive – fonctionne. Là où des majorités sont possibles, on cherche des alliances. C’était le cas avec le PLR sur la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration. C’est le cas aussi avec le PDC sur les retraites ou l’énergie. Si l’alliance est impossible, on mène une politique d’opposition très dure, quitte à être seul contre tous, comme pour la RIE III. Cette stratégie porte ses fruits. Cela dit, la nouvelle majorité de droite au National et au Conseil fédéral a des conséquences négatives sur plusieurs dossiers. On privilégie les investissements dans l’armée, l’agriculture ou les routes; au détriment de la formation, de l’aide au développement ou du social.

Pourtant, vous résistez bien!
On est dans un rapport de force très défavorable. Les moyens que nous avons à disposition pour éviter une casse trop importante sont limités. Il y a le Conseil des Etats et le peuple. D’ailleurs toutes les grandes réformes positives qui ont abouti ces deux dernières années sont issues d’un compromis aux Etats. Pour prendre une image: la droite dure avance comme un éléphant qui écrase les fleurs du jardin. Nous arrivons à remplacer certaines fleurs. Mais, pour sauver le jardin, il faut faire sortir l’éléphant.

Si vous gagnez sur la Prévoyance 2020, aurez-vous déjà réussi cette législature?
Si on gagne, on l’aura emporté sur les quatre grandes questions que sont l’Europe, l’énergie, l’AVS et la fiscalité. Mais ce scrutin n’a lieu qu’en milieu de législature. La suite s’annonce agitée. La majorité PLR-UDC peine à imposer son agenda, ce qui la rend extrêmement nerveuse et agressive. Il suffit de voir le comportement du PLR sur la Prévoyance 2020. Il en fait une question de prestige, alors que les gens de bon sens, à savoir les milieux économiques romands et ceux qui ont des responsabilités dans les caisses de pension, leur disent de soutenir la réforme. La droite fait de ce vote un match retour à la RIE III, une séance de rattrapage pour les échecs cumulés durant ce début de législature. (24 heures)

Créé: 01.06.2017, 22h04

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